La bataille reste dure

par Françoise Beck
jeudi 7 mars 2019

Je précise toujours que les accents circonflexes manquent par les mystères de mon clavier italien.

Une femme est morte tous les trois jours en France, en Italie, ... assassinée par son compagnon, en 2018.

Entre le 1° janvier 2019 et le 12 février, on dénombrait déjà vingt femme tuées. Les chiffres augmentent.

Le nombre de plaintes pour viols et autres agressions sexuelles est en hausse, sachant qu'une majorité n'est pas dénoncée. Mais, en dix ans, le nombre de condamnations a diminué de 40%.

100% des femmes sont importunées dans les transports en commun.

Le sexisme est affaire courante sur les lieux de travail.

Selon les critères envisagés (équivalent temps plein, poste et expérience, compétences équivalents), les femmes touchent entre 8% et 24% en moins que les hommes. Il y a moins de femmes aux postes plus rémunérateurs et d'encadrement. L'expérience professionnelle des femmes est moins valorisée.

9,8% des Etats sont dirigés par une femme.

Les uns disent que les femmes doivent poursuivre leur lutte. Les autres prétendent que les hommes sont les premiers concernés. Personnellement, je dis que les femmes et les hommes sont appelés à se mobiliser de concert.

Le premier devoir des hommes, et nous sommes à leurs flancs pour le leur expliquer, tient en une prise de conscience. De nombreux comportements masculins traduisent un machisme qui, s'il ne démontre aucun caractère de dangerosité, exprime un état d'esprit qui pourrait, dans certains cas, prendre des formes plus excessives. Quelle est cette facilité de la plus large majorité des hommes à couper la parole aux femmes ou à feindre de ne pas avoir entendu ? Quel message souhaitent-ils transmettre avec les plaisanteries sexistes ? Pourquoi utilisent-ils un ton différent selon qu'ils s'adressent à une femme ou à un homme dans le cadre de leur profession ?

La base de tout progrès social et culturel passe d'abord par l'éducation et il est possible de veiller à sa propre éducation chaque jour. Quand on aura banni les interruptions verbales, l'humour graveleux, ..., on pourra s'interroger sur les motifs qui poussent certains hommes, mais aussi des femmes, à justifier des attitudes irrescpectueuses, voire des viols, en invoquant les jupes courtes, la violence en faisant appel à l'énervement ou la jalousie.

Nous, les femmes, devons nous astreindre à réagir, non pas avec aggressivité, mais avec détermination. Au moins l'attitude sexiste est violente, au plus il est facile de déconcerter et, pourquoi pas, d'inviter au dialogue. Un homme nous interrompt. La réaction peut arriver, immédiate et humoristique. L'humour déconcerte toujours. Je parle d'expériences. Il en va ainsi pour les regards qui déshabillent, les comportements déplacés, en somme, toute attitude qui peut se gérer par les paroles.

Aider les hommes à comprendre la lourdeur de certaines attitudes, leur faire prendre conscience d'une possibilité de rapports plus équilibrés constitue un premier pas vers une société moins soumise au pouvoir masculin.

 


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