La course à la productivité conduit à la déshumanisation des salariés : l’exemple de Lidl et celui de Free...
par rosemar
vendredi 29 septembre 2017
L'émission Cash Investigation diffusée sur France 2, ce mardi 26 septembre, nous révélait les difficiles conditions de travail des employés de Lidl et de Free : tout le monde connaît ces enseignes qui prospèrent, dans notre pays.
Lidl, marque allemande qui est récemment sorti du hard discount pèse 8 milliards d'euros de chiffre d'affaires : un beau succès ! Mais à quel prix ?
Les caissières qui officient dans ces magasins travaillent debout ... elles sont polyvalentes, elles peuvent être amenées à faire le ménage ou de la mise en rayons...
Et bien sûr, les pauses leur sont interdites : au nom de la performance, impossible pour elles d'aller boire, de discuter.
C'est l'enseigne Lidl qui a inventé le triple scannage : la caissière passe, ainsi, les produits plus rapidement... rentabilité oblige...
Les préparateurs de commande travaillent, eux, dans de grands entrepôts.
Ils sont guidés par une commande vocale et dialoguent avec un ordinateur grâce à un casque.
Un journaliste de Cash investigation a réussi à se faire embaucher dans un de ces entrepôts : 7 heures par jour, guidé par une machine, soumis à ses ordres, il va de rayon en rayon pour récupérer des produits, 250 colis par heure !
Devenu un robot, obéissant à une machine, le salarié est soumis à un taux de rentabilité.
Dans ces conditions, les salariés voient leur santé se dégrader : fréquence cardiaque trop élevée, usure des articulations, accidents du travail à répétition.
La peur du licenciement devient une méthode de management... Certains salariés à bout en viennent à se suicider.
L'entreprise Free est aussi un fleuron de notre économie : Xavier Niel, neuvième fortune de France, est un des patrons préférés des Français.
Mais quand on voit l'envers du décor, on est, pour le moins, désabusé...
Des employés sont mis à la porte du jour au lendemain pour des motifs anodins : retards, absences pourtant justifiées.
Au moindre débrayage, les sanctions tombent : menaces, licenciements.
Dans un centre d'appel au Maroc, des employés de Total-Call se sont mis en grève en 2016 : ils dénonçaient leur condition de travail... Aussitôt, Angélique Gérard, directrice des centres d'appel, se rend sur place.
Afin de juguler la grève, elle annonce une fermeture possible du centre... finalement, les employés qui ont fait grève ont été licenciés.
On le voit : que ce soit chez Free, ou chez Lidl, les méthodes employées pour gérer le personnel sont indignes, elles bafouent les droits les plus élémentaires des travailleurs : droit de grève, dignité, conditions de travail...
Ces exemples sont révélateurs d'une dégradation de la situation des salariés dans ces entreprises, mais il ne sont certainement pas isolés.
Le libéralisme fait des ravages dans nos sociétés et la nouvelle loi travail va aggraver encore les difficultés des salariés.
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L'émission de France 2 :