Ce manque d'intérêt du FBI, on en a la preuve à contrario dans une incroyable brochure sortie en 1999 pour célébrer les "trois dernières décades de la lutte antiterroriste". Si sur place, se plaint Richard Clarke, les employés du FBI se fichent d'Al-Qaida, en haut, dans les bureaux de la direction cela semble être tout l'inverse en effet. Dans la brochure, on trouve certes quelques camemberts Excel, et un seul article en peau de chagrin sur Ressam, vite expédié avec ce chapitre : "L'enquête du FBI a révélé que Ressam était associé avec une cellule d'un groupe islamique armé terroriste à Montréal, au Canada, et peut-être un associé du réseau terroriste d'Oussama ben Laden. Le 30 Décembre le FBI et l'US Immigration and Naturalisation ont lancé des entretiens avec un certain nombre de personnes à travers les États-Unis qui sont susceptibles de posséder des renseignements utiles à l' enquête dans l'intrigue apparente du Millenium. En fin d'année, l'enquête en cours a conduit à la mise en accusation et à l'arrestation de plusieurs relations de Ressam directes et indirectes aux États-Unis et au Canada." Mais malgré l'expéditif chapitre (récent il est vrai au moment où c'est rédigé !), il y a une conclusion étonnante qui constitue aujourd'hui un véritable monument pour ceux qui clament que tout avait été prévu, manigancé, et organisé.... avant septembre 2001. En ce sens, ce rapport est lui aussi... une bombe médiatique !!!
Le très étonnant rapport désignant début 2000 Ben Laden comme danger principal
Les conclusions du rapport du trentenaire étaient en effet sans ambigüité : le plus dangereux à venir s'appelait bien Ben Laden, selon le FBI : "alors que Ramzi Yousef est actuellement emprisonné à vie aux États-Unis pour son rôle dans l'attentat du WTC et le complot déjoué à poser des bombes dans les avions de ligne américains, un encore extrémiste plus menaçant, Oussama ben Laden, continue de faire peser une grave menace pour les intérêts américains. Son organisation, Al-Qaïda (la "base" ou la "racine"),
est beaucoup plus importante et plus structurée que les groupes assemblés par Yousef et d'autres voyous extrémistes internationaux, il y a des indications selon lesquelles Al-Qaïda est présente dans des dizaines de pays, y compris aux États-Unis. La fortune personnelle de Ben Laden, ses liens avec des organisations terroristes existantes, et sa position de premier plan parmi les populations des moudjahidines et d'autres mécontents ont fait de lui de facto le type de commanditaire principal du terrorisme. Cependant, sa position à la tête d'un grand, mais vaguement affilié, réseau terroriste lui permet la flexibilité d'opérer plus librement que les commanditaires étatiques traditionnelles. Cela lui permet aussi d'opérer avec une relative impunité sous plupart des contre-mesures qui ont été appliquées par les Etats. Bin Laden a comme objectifs d'expulser les forces américaines et occidentales de la péninsule arabique, en supprimant du pouvoir la famille régnante d'Arabie Saoudite , de « libérer » la Palestine, et de renverser les les gouvernements "pro-occidentaux" dans les pays majoritairement musulmans, qui fontde lui une figure de proue parmi les extrémistes qui partagent la même orientation idéologique. Alors que Ben Laden est l'un des partisans les plus reconnus et un financeur essentiel de ce vaste mouvement, il ne contrôle pas ou ne dirige ce type d'extrémisme. Al-Qaïda va-t-il cesser ce mouvement international ou, selon toute vraisemblance, le continuer (...) A l'aube du 21ème siècle, la menace la plus directe pour les intérêts américains peuvent provenir d'Oussama ben Laden, son organisation Al-Qaida, et ses groupes de sympathisants. Ben Laden et 15 autres membres de son organisation sont inculpés pour leur rôle dans l'organisation Al-Qaïda et les attentats de l'ambassade américaine en Afrique de l'Est. À la fin de 1999, six de ces suspects inculpés étaient en détention américaine, en attente de jugement dans le district sud de New York".
Un rapport prophétique qui restera lettre morte
Cet étonnant rapport prophétique, exhumé aujourd'hui par mes soins allait plus loin (à ma connaissance il n'a jamais été cité à ce jour dans les rapports sur le 11 septembre et l'implication possible des autorités américaines), annonçait en conclusion ce à quoi l'Amérique devait s'attendre dans les années à venir : "la dernière décennie a également vu un changement général dans la tactique des terroristes internationaux s'éloigner des nombreuses attaques directes, mais limitées, comme de pirater bâtiments et les prises d'otages, pour aller vers des attaques attaques à fort impact, aveugles, comme des explosions à grande échelle de véhicules. La tendance à un grand nombre de victimes, les attaques aveugles servent à susciter l'inquiétude du public concernant le terrorisme alors même que le nombre global d'attentats terroristes a généralement diminué au cours de la décennie (il y a eu 392 attaques terroristes internationales à travers le monde en 1999, contre 565 en 1991). La préoccupation face à la potentialité d'usage à grande échelle d'armes de destruction massive attaque également alimente les préoccupations du public avec le potentiel qu'ont les groupes extrémistes pour déployer avec succès de telles armes, et qui semble croître de façon de plus en plus plausible dans la la décennie comme procédé.
Ces tendances pour le nouveau millénaire reste à vérifier. Il semble que les terroristes internationaux continueront à se concentrer sur les attaques qui produisent d'importantes destructions et des pertes élevées, maximisant ainsi dans les médias du monde entier l'attention et l'anxiété du public. Il semble également probable que les gouvernements s'apprêtant à « durcir » (ou à rendre plus sûr) leurs objectifs officiels, les terroristes chercheront de plus en plus des cibles vulnérables plus « faciles », comme les bureaux grande taille des firmes multinationales et les américains qui voyagent et travaillent à l'étranger . Un facteur semble certain à supporter : l'influence des États-Unis continuant à façonner les événements du monde, les intérêts US à la fois officiels et non officiels, continueront d'être la cible d'attaques terroristes " concluait ce sidérant rapport ou les attentats du 11 septembre apparaissaient très nettement en filigrane ! Incroyable phrase que celles comme " les terroristes chercheront de plus en plus des cibles vulnérables plus « faciles », comme les bureaux grande taille des firmes multinationales" ou cette autre affirmant que "les terroristes internationaux continueront à se concentrer sur les attaques qui produisent d'importantes destructions et des pertes élevées, maximisant ainsi dans les médias du monde entier l'attention et l'anxiété du public" :
vous mélangez les deux, vous obtenez les attaques du 11 septembre 2001 ! (si on y ajoute le texte prémonitoire du Project for the New American Century plus connu sous le nom de "New Pearl Harbor", signé par la clique autour de Wolfowitz, qui se juxtapose parfaitement dessus, on obtient en effet la recette miracle du 11 septembre !) !! Le FBI s'y attendait, donc, et l'avait décrit par le détail près de 20 mois avant que cela ne se produise ! Incroyable découverte !!! A mon humble avis, c'est bien la première fois que l'on retrouve noir sur blanc la préfiguration exacte de ce qui va se passer quelques mois plus tard !!! Monumentale découverte !!!
La base du travail de recherche : "Contre tous les ennemis"
L'histoire de l'attaque aux Tomahawks est décrite en détail dans le livre "Contre tous les ennemis" de Richard Clarke. Un homme de crédit, car il a traversé plusieurs administrations différentes en passant de Clinton à Bush notamment en y étant reconnu pour son savoir en contre-espionnage. Il a été en effet "coordinateur national pour la sécurité, la protection des infrastructures et le contre-terrorisme dans le Conseil de sécurité nationale des États-Unis de 1998 à 2003. Il a été nommé par le président Bill Clinton et maintenu à cette fonction par le président George W. Bush" indique Wikipédia, qui rappelle qu'il critiquera après l'équipe de Bush pour son inaction contre le terrorisme. Or dans son livre, dont je vais emprunter de larges extraits, il nous indique clairement pourquoi l'attaque des camps ne pouvait pas aboutir à son objectif premier, qui était d'éliminer Ben Laden. L'ouvrage fondamental de Clarke, laissé souvent de côté, hélas, contient pourtant des éléments vitaux pour expliquer pourquoi quelqu'un comme Ressam est passé à côté des services de police, et les raisons pour lesquelles le FBI n'avait aucune connaissance des réseaux islamistes dormants en 1999. Deux ans auparavant, une jeune recrue du FBI, Ted Humphries tente de tirer les vers du nez de notre algéro-canadien pris en flagrant délit de transport de bombe. Il n'a aucune difficulté pour ça à vrai dire : les deux parlent français... Humphries ayant fait ses études en collège au Canada !
Le témoignage édifiant de Richard Clarke
Personne n'y croyait au FBI, pourtant, à ces cellules terroristes dormantes (ou alors le FBI faisait semblant de ne pas s'y intéresser) sauf Richard Clarke, persuadé de leur présence sur le territoire : "Depuis cinq ans au moins, j'étais persuadé qu'Al-Qaida était présent sur notre territoire. Je n'avais pas pu convaincre le FBI de s'intéresser au problème. Officiellement, le FBI prétendait connaître une poignée de sympathisants mis sous surveillance. Il n'existait aucune cellule active, aucune menace implantée aux Etats-Unis, selon le Bureau. John O'Neill et moi étions sûrs du contraire, mais O'Neill avait été muté au bureau de New York. C'était le principal bureau du pays et il en avait fait le bras opérationnel du FBI pour traquer Al-Qaida à l'étranger. Néanmoins, la plupart des bureaux locaux et les trois quarts du quartier général se concentraient sur autre chose. Lorsqu'il s'agissait du terrorisme basé à l'étranger, Louis Freeh se préoccupait presque exclusivement de l'enquête sur l'attentat de Khobar (***) La Division de sécurité nationale travaillait alors sur l'espionnage russe et chinois, le cas Robert Hanssen, sur les agents américains travaillant pour les Russes, sur l'affaire Wen Ho Lee et la possibilité de fuites dans les laboratoires nucléaires". Tout, sauf... le danger islamiste.
La raison invoquée : des lois coercitives sur les opérations du FBI héritées des dérives du Watergate
Selon Clarke, tout serait venu des conséquences du Watergate (ou des abus d'Hoover en la matière) : afin de ne plus provoquer de scandales, l'action du FBI avait été restreint par des juges : bon Dieu, on ne peut pas aller dans une mosquée ou même une église sans raison spéciale" précisait un de ces agents. "Après cette réponse, on nous expliquait : « Ecoutez, ici, on travaille sur les arrestations et le procureur général ne s'intéresse pas à des infractions mineures de soutien au terrorisme. On n'a même pas de procureurs adjoints autorisés à consulter les documents top secret. Tous disaient que les directives du procureur général leur interdisaient d'agir sans avoir connaissance d'un crime probable. Sans piste préalable, ils ne pouvaient pas assister aux prières dans les mosquées ou assister aux réunions d'étudiants. Ils n'avaient pas le droit d'imprimer les pages web des organisations tant que celles-ci n'étaient pas soupçonnées de tramer un crime. Dans de nombreuses villes, les agents n'avaient pas même accès à internet. Les directives du procureur général avaient été adoptées au lendemain des scandales du Watergate, au début des années 70. A cette époque, il avait été révélé que le FBI avait ouvert un dossier sur des gens ou des groupes de personnes sans autre raison que le caprice de J. Edgar Hoover. Pour remédier à ces abus, le Département de la justice avait corseté le FBI dans une camisole de force dont il n'était toujours pas sorti." Bref, à l'intérieur même des USA, selon le conseiller de la Maison Blanche, et il était devenu beaucoup plus difficile d'enquêter, pour des raisons de fonctionnarisation du métier.
La délinquance, était traquée, mais pas l'islamisme radical
Seule la délinquance générale était suivie comme auparavant : "dans les cinquante-six bureaux locaux (sauf à New York), on s'intéressait avant tout à la drogue, au crime organisé et à d'autres problèmes qui entraînaient arrestations et poursuites. Les responsables de ces bureaux avaient peu de temps à consacrer à la surveillance et à l'infiltration des islamistes radicaux. Dans certaines villes, nous avions créé des "Forces d'intervention antiterroriste interarmes (JTTF)" rassemblant des représentants de toutes les forces de l'ordre fédérales et locales. Je supposais qu'elles recherchaient Al-Qaida. Pour m'en assurer, je fis le tour du pays pour visiter les bureaux du FBI et les JTTF. Je découvris une situation profondément troublante. Dans tous les cas, les agents spéciaux responsables et les directeurs des JTTF m'assurèrent qu'Al-Qaida n'était pas représenté dans leur région, mais ils n'avaient pratiquement pris aucune mesure pour débusquer le réseau. Ils préféraient suivre la piste des organisations terroristes les plus flagrantes : l'IRA dans certains cas, les sikhs dans d'autres, ou les milices locales. Quand je demandais : « Y a-t-il une présence d'Al-Qaida dans cette ville ? » on me répondait généralement : « C'est quoi, Alcaïd ? Le truc de Ben Laden ? Il n'est pas venu ici. »" Désarmante constatation ; en 1998 encore, personne ne fait d'effort pour allier traquer les islamistes, considérés comme quantité négligeable dans le pays. On peut parler d'aveuglement comme d'incompétence, à ce stade.
Ben Laden, une occasion manquée
Ce n'était pas faute d'avoir essayé, pourtant, nous raconte Clarke, dépité par son manque de réussite à convaincre les USA d'agir contre Ben Laden. Mais dans leur souci de ménager la susceptibilité pakistanaise, les américains vont commettre un énorme impair, celui de mettre au parfum l'ISI de leur projet de bombardement : "La CIA et les commandants interarmes ont désigné non seulement les bâtiments où doit se dérouler l'assemblée, mais également d'autres camps d'Al-Qaida en Afghanistan et des implantations au Soudan, financées par Ben Laden. L'attaque n'impliquera que des missiles de croisière ; l'emploi de marins ou d'avions pourrait faire des victimes ou des prisonniers dans les rangs américains.
L'adjoint du chef des armées, Joe Ralston, a accepté de se rendre au Pakistan, son avion fera escale sous prétexte de refaire le plein. Il a contacté le chef de l'armée pakistanaise et l'a invité à un dîner en tête à tête pour le 20 août, à l'aéroport, pour discuter des tensions entre leurs deux pays. Le général pakistanais, son ami personnel, a accepté. Les missiles de croisière traverseront le ciel pakistanais et seront détectés pendant ce dîner. Ralston expliquera que ce sont nos missiles et qu'il ne faut pas les abattre. Selon le plan, Ralston doit remonter dans son avion et partir avant le dessert. En somme les pakistanais ont été mis au courant des objectifs !!! Même si les américains s'assurent que les tomahawks ne craignent rien : J'appelle néanmoins mes amis à l'état major pour signaler que l'armée pakistanaise pourrait détecter une étrange activité de la marine américaine au large de leurs côtes bien avant que Joe Ralston ne goûte la soupe au curry.
On me répond que les missiles partiront de sous marins de combat (ps : c'est comme ça qu'à commencé l'attaque de la Libye). Un destroyer sera peut-être utilisé, mais les destroyers américains ne sont pas rares au large du Pakistan". Tout est déjà dit, là : les pakistanais ont été prévenus de l'envoi de la volée de missiles. Et leur protégé est logiquement leur cible. La conclusion est vite trouvée : Ben Laden va en réchapper. Au dernier moment, Ben Laden décalera un voyage prévu dans le camp bombardé. Difficile d'y voir un simple hasard.
Une affaire de mentalité ?
La comparaison que propose à une réunion antiterroriste à la Maison Blanche prend d'autant plus toute sa saveur, : « Le FBI est comme un avion, dit Dale Watson en me raccompagnant à ma voiture. Il lui faut du temps pour changer de direction et prendre un virage. Ces bureaux locaux font ce qu'ils veulent dans leur coin depuis des siècles. J'essaie de faire évoluer les choses. » Mais cette évolution prendrait des années de gestion cohérente avant de s'imposer. Depuis longtemps, le FBI recevait des millions de dollars pour lutter contre le terrorisme, mais n'avait pas même l'équipement informatique nécessaire pour partager ses données avec les JTTF". En somme on collecte, on trie, mais on ne rassemble pas ni n'échange les données collectées. En ce sens, le FBI a une lourde responsabilité dans le 11 septembre.
Tout le monde était au courant de l'attaque
Ceci pour les premières fuites possibles permettant à Ben Laden de se mettre à l'abri, via les confidences de l'ISI. La seconde méthode étant la fuite interne, aux USA même : "jusque-là, au sein du gouvernement, très peu de gens savent que des représailles sont imminentes, en dehors des membres du Comité des Principaux. Mais pour une telle opération militaire, la paperasserie est inévitable. Il faut une annonce présidentielle, des conférences de presse dans plusieurs services, une notification au Congrès, des explications pour les Nations unies, diffusées ensuite dans nos ambassades, une sécurité renforcée dans les implantations américaines au Pakistan et dans le reste du monde, et ainsi de suite. Les assurances que m'ont données mes amis de l'état-major ne valaient rien. Les destroyers s'accumulent dans la mer d'Oman, les missiles sont prêts ; il ne s'agit pas d'un navire unique. La marine pakistanaise les a forcément remarqués et a prévenu Islamabad. L'ISI est alerté" ajoute Clarke : Ben Laden avait avec tout cela largement le temps de se mettre à l'abri... les membres du Congrès et les Sénateurs US liés aux industries de guerre avaient eu vite fait d'activer leurs réseaux pour que leur champion échappe à l'attaque ciblée. Cela fait deux raisons pour lesquelles Ben Laden sera toujours déclaré vivant après l'attaque du 20 août. Notre envoyé du FBI étant alors bien loin de ses préoccupations géopolitiques. Pour l'instant, il s'échine surtout à trouver un téléphone qui fonctionne dans son bureau.
Dès 1998, on savait que l'ISI aidait et soutenait Ben Laden
L'attaque ne servira donc pas à grand'chose : on accusera après Clinton de l'avoir lancée pour détourner de l'affaire Lewinski, dans laquelle il doit comparaître devant un juge. "C'est alors que sont lancés les premiers des soixante-quinze missiles. Les uns tournent en attendant que les autres soient lancés, puis tous volent vers la côte pakistanaise à environ six cents kilomètres/heure. Dans deux heures, ils frapperont les camps d'AIQ aida en Aghanistan. D'autres Tomahawks sont tirés depuis la mer Rouge, vers Al-Shifa. Les rapports divergent sur un point : de combien avons nous manqué les leaders d'Al-Qaida ? Ce qui est sûr, c'est que Ben Laden ne fut pas tué. Apparemment, plusieurs officiers de l'ISI trouvèrent la mort. Selon les médias, les Pakistanais étaient présents dans le camp visé, ils formaient les terroristes du Cachemire. L'ISI avait plusieurs antennes en Afghanistan et aidait les talibans à prendre le contrôle des régions encore aux mains de l'Alliance du Nord. Je crois que si 1'ISI avait voulu capturer Ben Laden ou nous dire où il se trouvait, cela ne lui aurait demandé aucun effort. Les Pakistanais n'ont pas coopéré avec nous parce que, selon eux, Al-Qaida aiderait les talibans. Avec ses affiliés, le groupe terroriste pourrait aussi faire pression sur l'Inde, surtout au Cachemire. Certains, comme le général Hamid Gul, (ci-contre à droite) ancien responsable de l'ISI, partageaient apparemment l'idéologie anti-occidentale de Ben Laden". Clarke révèle donc qu'en 1998 ; à peine trois ans avant le 11 septembre, les américains savent parfaitement les liens entre Ben Laden et l'ISI !!!
Treize ans avant Abottabad
Le procédé utilisé pour tenter de supprimer Ben Laden n'était donc pas le bon : seul valait, selon les militaires, une attaque au sol rondement menée pour s'en débarrasser. Voilà qui sonne étrangement après ce qui a a été raconté sur comment paraît-il on se serait débarrassé de Ben Laden à Abottabad ! "Durant les jours qui suivirent, la réaction de l'opinion américaine face à ces représailles fut telle qu'on pouvait s'y attendre. D'après les médias et de nombreux membres du Congrès, Clinton avait lancé l'opération pour faire oublier le scandale Lewinsky ; Tenet, le directeur de la CIA, avait probablement inventé cette histoire d'assemblée d'Al-Qaida parce que Ben Laden était encore en vie ; les Soudanais étaient sincères quand ils affirmaient n'avoir jamais fabriqué de précurseurs chimiques à Al-Shifa, sinon pour produire du désherbant ; le Département de la Défense avait gaspillé de précieux missiles de croisière pour attaquer des huttes et des tentes ;
Clinton avait empêché les militaires de poser « leurs rangers au sol » en Afghanistan et avait exigé l'emploi de ces missiles inefficaces. On fait appel aux commandos quand on est un homme". Bref, ajoute le lucide Clarke, c'était raté sur toute la ligne : "après les deux attentats terroristes mortels, nous avons essayé d'anéantir les leaders d'Al-Qaida, mais nous n'avons fait que donner du grain à moudre à l'extrême droite. Cela a rendu notre combat plus difficile encore à poursuivre, comme lorsque j'ai tenté de persuader les Principaux de renoncer à trouver Ben Laden pour se limiter à bombarder les camps d'entraînement. Le plus frustrant était que, après la réunion dans la salle du Cabinet, Clinton nous avait pris à part, Hugh Shelton et moi, pour dire à l'ancien commandant des Forces spéciales : « Hugh, à mon avis, ce qui pourrait bien leur foutre la trouille, à tous ces types d'Al-Qaida, plutôt que les missiles de croisière, [...] ce serait de voir les commandos, les Ninjas en uniforme noir, sauter des hélicoptères sur leurs camps, mitraillette au poing. Même si on n'attrape pas les gros bonnets, ça pourrait faire de l'effet. » Shelton parut peiné. Il expliqua que les camps étaient loin de tout endroit d'où nous pouvions lancer un raid en hélicoptère. Le chef des armées accepta néanmoins « d'y réfléchir »". La réflexion aurait donc duré 13 ans, chez les militaires américains... pour revenir à la solution préconisée par Clinton !
Une première tentative d'intervention au Pakistan dès 1993 !
Intervenir directement au Pakistan sans demander l'avis de ses dirigeants, les USA avaient déjà été tentés de le faire, il y a 14 ans déjà... Cet épisode là aussi je vous l'avais déjà expliqué ici-même. "En 1997 pourtant, les Américains avaient tenté une intervention musclée au Pakistan. L’historique de l’intervention remontant à 1993, date à laquelle un pakistanais, Mir Aimal Kansi, avait ouvert le feu sur le quartier général de Langley aux Etats-Unis, tuant deux gardes (Lansing H. Bennett. et Frank Darling, deux employés de la CIA ) et en blessant trois. Sa traque allait prendre quatre années et conduire les hommes de la CIA à Islamabad, déjà. Pour leur enquête, note le site qui rappelle l’opération, la CIA avait recruté "des hommes des régions tribales qui avaient déjà travaillé avec eux lors du conflit contre l’URSS"… tiens tiens, voilà que l’on rappelle que la CIA y était depuis plus de 20 ans dans la région ! Apportant aux "recrutés", "4×4 Toyota, motos, moyens de communication cryptés et armes…" Ce sont ces hommes qui "logeront" Kansi, comme aurait été "logé" Ben Laden, la CIA débarquant par avion cette fois sur une "piste aérienne clandestine" près d’Islamabad : voilà qui rappelle les C-130 bourrés de drogue de la Mena ! Clinton signant le décret autorisant la "capture" de Kansi par les Forces Spéciales, comme Obama celle de Ben Laden, 14 ans avant" avais-je écrit. On possède quelques précisions supplémentaires, prouvant surtout que 4 ans avant le 11 septembre, l'ISI et la CIA travaillaient la main dans la main : "A 4 heures du matin du 15 Juin 1997, une équipe armée d'agents du FBI, en collaboration avec l'ISI pakistanaise, ont attaqué la chambre d'hôtel Kansi. Ses empreintes digitales ont été prises sur la scène, confirmant son identité. "Il ya un différend sur le lieu où a été pris Kanisi, les autorités américaies affirmant qu'il était un centre de détention géré par les autorités pakistanaises, tandis que les sources pakistanaises affirment qu'il était l'ambassade américaine à Islamabad - avant de s'envoler pour les Etats-Unis sur Juin 17 dans un C-141 de transport".
Pendant le vol, Kansi fait des aveux complets oral et écrit au FBI." Le procès expéditif de Kansi le verra condamner à mort en 1998 et exécuté par injection le 4 novembre 2002 en Virginie. Kansi avait déclaré ne rien avoir à voir avec Ben Laden. Lors de son procès, un de ses avocats révèlera une chose qui sera aperçue plus tard chez Zoubaïdah (mais lui après un combat) : enfant, Kansi avait subi des dommages irréversibles au cerveau... Son corps ramené au Pakistan, il sera l'objet de funérailles anti-américaines mises en scène, en présence d'officiels pakistanais.
Deux ans auparavant, une jeune recrue du FBI tente envoyée au Canada pour interroger un suspect est en train d'apprendre tout cela en accéléré. On vient de lui parler pour la première fois d'une menace terroriste sur le territoire américain. La menace prophétisée par Richard Clarke serait-elle déjà, fin 1999, en train de se réaliser ?
la brochure fondamentale du FBI est lisible ici :
http://www.fbi.gov/stats-services/p...