La guerre comme idiotie (4) : le char jet-ski, autre gouffre sans fond

par morice
lundi 7 avril 2014

L'histoire du Bradley rejoint les gabegies de l'Air Force que sont le V-22 et le F-35, sans oublier bien sûr le F-22, le tellement merveilleux chasseur qu'on n'ose le sortir en conflit. Le verra-t-on survoler la Crimée ? Pas sûr ! Saura-t-il s'y rendre, déjà, sans se perdre en route ? L'Armée de Terre, l'Air Force sont en effet capables de dépenser des milliards dans des projets inaboutis ou dont on masque les insuffisances criantes. Mais la Navy n'est pas en reste : après le navire furtif caché au fond du hangard de Howard Hughes, jeté depuis aux oubliettes, ou le destroyer lui aussi "furtif" à 7 milliards de dollars l'exemplaire, le Zumwait, à l'avant de cuirassé Dreadnought du XIXeme, la troisième composante militaire US a prouvé qu'elle était capable de faire aussi bien que les deux armes en dépensant des millions de dollars dans une danseuse dont le seul intitulé prête déjà à sourire ("Expeditionary Fighting Vehicle", faisant penser à Indiana Jones ou à Star Wars). Retour sur le tank jet-ski, véritable serpent de mer de l'US Navy, un bidule aussi idiot qu'un Bradley, mais marin, auquel sa genèse chaotique ressemble beaucoup, sinon pire encore. Le syndrome de Pentagon's War s'applique parfaitement à cet engin.. surréaliste.

Cela fait des années que ça dure. Emoustillée par les exploits des fameux Landing Vehicle Tracked (LVT) Alligator (appelés aussi Water Buffalo en Angleterre) de la seconde guerre mondiale, apparus dès 1942, la Navy cherche depuis des lustres l'engin flottant capable d'être un char et transporteur à la fois, les Alligators étant comme l'histoire des M113 l'a montré des engins de transport chenillés que l'on a progressivement armé. Imaginés au départ dans le Bayou de Louisiane et les marais de Floride, capables de se déplacer dans l'eau, ils devinrent vite des engins d'assaut de plages, car étant totalement amphibies. L'idée était apparue dès 1932 sous le crayon de l'ingénieur Donald Roebling, présentée comme un engin civil de sauvetage et non sous forme d'un tank amphibie (lire son historique ici). Etrangement, c'est aussi la Food Machinery Corporation (FMC) qui avait construit les Allligators pour United Defense, devenu ensuite BAE : la même filière que pour le M113 déjà décrit ici (*). L'engin évoluera réguièrement et deviendra ensuite le "Crocodile". Les derniers modèles appelés "Bushmaster" ressembleront assez à des M-113 munis de chenilles plus hautes : c'étaient avant tout des transporteurs de troupes, eux aussi. Comme pour le M113, les premiers engins se révéleront pas assez protégés, l'adjonction d'une tourelle (et d'un blindage léger) les faisant devenir des "Amtanks", LVT A-1 (le A pour "Armored"). Une tourelle empruntée au char léger ("Light Tank") M3 de la série des Stuart. Devenant ainsi un des premiers chars réellement amphibie, aperçu ici dans un reportage du magazine Life. Dans le Pacifique, confronté à des japonais terrés dans leurs bunkers, il fallu changer d'armement, en délaissant le canon de 37 mm de la tourelle du Light Tank M3 pour celle du M8 Howitzer Motor Carriage doté d'un canon de 75 mm. Les français en utliseront aussi en Indochine, non équipés de tourelles, les rizières noyées par principe même nécessitant ce genre d'engin. Ils fy urent utilisés pour la première fois en novembre 1953.

La lignée des LTV ne s'arrêta pas avec la seconde guerre mondiale. Avec le LVTP-5 Amtrak de BorgWarner Inc. (pour Landing Vehicle, Tracked, Personnel), on franchit un pas en taille, tout en restant toujours amphibie.. mais avec un engin flottant nettement moins maniable que ses prédécesseurs : il pèse désormais 39,8 tonnes et peut emporter jusqu'à 34 soldats, plus trois hommes d'équipage. L'engin massif fera une carrière discrète au Vietnam. Il était accompagné d'une version avec canon appelé LVTH-6... qui prêtera à confusion avec le modèle suivant, le LTVP 6. A voir les clichés de l'époque, il ne semblait pas plus rassurant que le M113, ses occupants préférant nettement voyager sur le dessus de sa carapace qu'à l'intérieur ! Il sera produit de 1953 à 1957, laissant place à une simple amélioration du M113, le LVTP 6, intermédiaire jamais produit en masse, puis à un autre engin, le LVTP-7, de tout autre allure, dessiné dans les années 60 et apparu en 1970 seulement. Plus "léger" que le modèle 5, (26 tonnes quand même), fait d'aluminium (comme le M113 !), il pouvait emporter 25 Marines, mais surtout sur une plus grande distance : à 25 mph d'allure terrestre (40 km/h), il pouvait maintenant effectuer 300 miles (482 km). Sur l'eau en revanche il se traînait littéralement : 7 mph (11 km/h). En portée en mer, il ne dépassait pas non plus les 25 miles nautiques (46 km). Cela restait deséspérement un char.. et non une vedette rapide. Ce que les amiraux ne supportaient pas, à les voir porter au nues ce projet fou de char surfeur. Quant aux autres projets d'amphibie proposés par des civils ; il faut bien avouer qu'ils prétaient surtout à rire, comme avec cet "Albee Rolligon" fabriqué à partir d'un camion Chevrolet... seul le prototype laissé sans suite de l'Alvis Stalwart anglais (sur chassis Saracen 6x6) apparu en 1966 semblant pouvoir ressembler à un engin utilisable (il nageait lentement, mais plongeait superbement !).

Car bien entendu, cette lignée d'engins pratiques, quoique dévoreurs d'essence et assez limités en usage terrestre ne pouvait satisfaire une Navy désireuse d'être aussi dépensière que ses deux collègues de l'Armée de Terre et de l'Air. C'est ainsi qu'est apparu le programme "d'Advanced Assault Amphibious Vehicle" (AAAV), dont l'ambition était passablement démesurée. Au seuil de 2015, si ce programme avait abouti, les Marines auraient dû en effet toucher un engin capable d'amener une escouade complète de soldats en armes sur la côte, à grande vitesse sur l'eau, tout en demeurant fort agile une fois sur le sol, et en présentant un armement conséquent (sur une tourelle, comme sur le Bradley, on y revient encore !). Les Marines voulaient en somme un char Abrams de transport, capable de flotter et de sauter dans les dunes comme un cabri après avoir joué les Ferrari de la mer. Vaste programme ! Qu'est-ce qui a pu germer dans le cerveau des responsables militaires pour faire à tout prix d'un engin de près de 40 tonnes l'équivalent en vitesse sur l'eau d'un jet-ski ? Drôle d'idée, en effet ! L'engin irréalisable allait s'avèrer un gouffre financier, tant les demandes successives des diverses autorités compétentes sur le programme allaient conduire à des remaniements sans fin et de coûteux essais à la clé.

Les premiers traits de crayons seront lancés dès 1974. Déjà, des divergences sur son futur usage feront que l'on préférera faire durer le LVTP-7... jusqu'au seuil des années 2000. Ce n'est en effet qu'en juin 1996 que General Dynamics et sa division Land Systems héritera du contrat pour construire un prototype... 22 ans après que les négociations sur son usage futur aient commencé. Sans trop de surprise, le design du bidule flottant ressemblait comme deux gouttes d'eau à un M113 allongé, que l'on aurait percé de deux canalisations pour y mettre des hydro-jets et tout un système de suspension complexe permettant aux chenilles de se rétracter et de remonter pour mieux "surfer" sur les eaux (avec pour faciliter la chose un avant inclinable). Ne manquait plus que les Beach Boys avec Surfin USA, le jour de sa présentation officielle, en quelque sorte pour satisfaire une Navy en transes, devant la réalisation de ses vœux les plus fous !

Le véhicule à créer doit faire alors partie de la ronflante de "l'Operational Maneuver From The Sea" (OMFTS), "une nouvelle conception des opérations amphibies" pouvait-on lire dans un rapport tentant de vendre au Pentagone une arme plus que discutable (des avions, des hélicoptères ou des hovercrafts peuvent faire en effet ce qu'il devrait faire, à savoir avant tout déposer des troupes sur le rivage), dont les spécifications laissent plus que songeuses :

- Il offre une mobilité égale au réservoir du tank M1A1 sur terre en faisant 45 mph (72 km/h) sur une surface dure ou 30 mph ((48 km/h) en "cross-country" dans un rayon de 300 miles à 25 mph (c'est la même chose que son prédécesseur pour les deux derniers critères). 
- Il offre une vitesse dans l'eau de 20 noeuds avec un état de la mer en vagues de niveau 3 - (un panneau avant déployable le fait "surfer") sur une portée maximale de 65 miles nautiques (120 km, une distance destinée à lui faire éviter les missiles lancés du rivage). 
- Il protège des armes légères (c'est le moins qu'il puisse faire !)
- Il protège l'équipage contre des obus de 155 mm à fragmentation et les effets 
des attaques au gaz (ou NBC : appareil étanche, ça aussi cela semble logique !).
- Il fournit par tous temps, de jour et de nuit une navigation de précision et une localisation de position (c'est ce qui va faire emballer ses coûts).
- Il transporte dix-sept Marines en tenue de combat . 
Avec ces désidératas, l'engin change de nom et devient l'Expeditionary Fighting Vehicle (EFV), à la place de l'Amphibious Assault Vehicle (AAV) : en somme, ce n'est plus le transport qui est privilégié, ni sa résistance, mais ses facultés d'attaque... Le syndrome du Bradley déjà décrit ici est de retour.
 
En 1996, la Navy prévoit donc un budget de 40,1 millions de dollars pour l'appareil amphibiee rêve. Un prévisionnel qui ne compte pas ce qui a déjà été dépensé et surtout qui n'inclut pas les frais des multiples modifications qui seront demandées, notamment de transmission satellitaire alors en plein essor. Ces évolutions seront coûteuses et leur mise au point délicate. En 2006, après dix ans de développement, lors d'essais en mer, patatras, l'EFV casse après à peine 4 heures de demi d'usage intensif seulement. Il faudra quatre années de travail pour présenter un engin qui tienne plus longtemps, après avoir absorbé une rallonge de 150 millions de dollars à un programme déjà devenu exorbitant, à force de vouloir intégrer de nouvelles considérations sur son usage. Lors des essais, même si dedans l'air conditionné avait été installé (la guerre dans un fauteuil, du coca et des glaçons ?), dans les creux à pleine vitesse, les pilotes sortaient la colonne vertébrale en bouillie. Les Marines octroyant aussitôt un contrat de 69 827 dollars à la firme Active Shock Inc pour dégotter des amortisseurs de siège ! Pas question de repenser la forme de l'engin, qui ne pouvait que rebondir avec son fond désespérément plat. Car l'engin s'est alourdi, drôlement alourdi : il pèse désormais 38 tonnes, malgré une protection de blindage en composite (en céramique, matériau résistant et léger mais extrêmement coûteux), réputé moins lourd que la protection de l'acier. On s'aperçoit surtout fort tardivement qu'il possède un fond plat en aluminium et que la moindre mine déposée sur le rivage (ou dans les terres dans lesquelles il est censé aussi aller) le transformera en grille-pains pour ses occupants, comme pour le Bradley. Cela n'empêche le commandant Commandant General James Conway de dire que "l'Expeditionary Fighting Vehicle" (son nouveau nom ronfflant) "is as tough as an MRAP" (aussi solide que les engins en coque en V résistants au IEDs, alors que son fond est deséspérément plat ! Ce qui ressemble à de la méthode Coué ! Et ce n'est pas son seul handicap A l'arrière, une porte bien trop étroite permet aux Marines de sortir : ils devront s'élancer à l'assaut des plages à la queue leu-leu : représentant ainsi une cible parfaite pour des snipers ! Impossible de larguer rapidement d'un coup ses 17 occupants avec cet étroit portillon ! A moins d'instaurer une politesse forcée aux Marines partant au combat bien éloignée de leur préoccupation du moment : "après vous, non, je vous en prie, etc..." Bref, l'engin que la Navy présente avec force vidéos en train de bondir sur les vagues, est tout simplement... ridicule. Aussi ridicule que le Bradley, pourrait-on ajouter ! Les deux programmes ayant dévoré autant d'argent l'un que l'autre !
 
Car c'est le budget qu'il dévore depuis des années qui devient la cible principale de ses opposants. Les Marines avaient prévu à l'origine d'acheter 1025 véhicules pour un coût total estimé à 8,5 milliards de dollars, mais l'augmentation des coûts partie en flèche les a déjà contraint en 2010 à réduire leurs achats de 573 véhicules seulement (ouf, les contribuables respirent !). Chaque EFV est alors estimé en effet à 24 millions de dollars pièce, ce qui fait que le seul programme EFV pourrait consommer jusqu'à 90% du budget de l'équipement au sol des Marines. Un rapport du Congrès du 14 mars tire la sonnette d'alarme. L'engin y est fortement décrié, par des arguments forts, comme celui du missile C-802 lancé par le Hezbollah contre une corvette israélienne en 2006, alors qu'il était à 10 miles du rivage, et que le deuxième avait atteint un un navire égyptien situé à 36 miles du même rivage. Avec ce genre d'attaque, l'EFV voit ses capacités sérieusement mises en doute : il serait envoyé par le fond bien avant d'atteindre le rivage... et sa vitesse n'a plus aucun intérêt face à un missile supersonique qui en ferait un escargot de mer !
 
Le rapport dressant un tableau plutôt de la technologie trop pointue employée pour fabriquer le tank jet-ski, ses retards qu'il a accumulés et ses changements incessants de fonction ou d'usage : "en raison de ces difficultés et d'autres, le programme EFV a été " redéfini " le 10 novembre 2002 avec l'ajout d'une année supplémentaire à la grille de développement, puis redéfini à nouveau en mars 2003, en ajoutant une autre année de plus. En Décembre 2004, des prototypes EFV ont connu d'importantes défaillances de l'unité électronique (UHE ) et de l'ordinateur principal du véhicule. Ces échecs ont provoqué un arrêt de la circulation de l'eau en mode déplacement rapide, rendant le véhicule non conforme. L' EFV a également connu des problèmes importants en septembre et octobre 2004, avec le rabat - un panneau tendu vers l'avant pour générer une portance hydrodynamique supplémentaire pour que l' EFV se déplace plus rapidement sur l'eau. L' EFV a connu une myriade de défaillances du système hydraulique, de fuites et de problèmes de pression pendant les essais qui ont contribué à sa faible fiabilité. En raison de problèmes de fiabilité, l' engin a vu le taux habituel de 70 heures de temps moyen seulement entre deux pannes de mission opérationnelle (MTBOMF) réduit à 43,5 heures seulement . En raison de ces échecs, et des préoccupations liées au manque de gestion et la surveillance du programme, l'ensemble a été redéfni pour une troisième fois en mars 2005, en ajoutant cette fois deux années supplémentaires aux deux années déjà ajoutées au cours des remises en cause précédentes". Bref, le résumé d'un Bradley bis !
 
Parmi les choses modifiées, tout le réseau électronique de bord avait dû être refait, car trop sensible à l'eau et à la corrosion, une nouvelle tourelle avait été installée pour améliorer la cadence de tir, les munitions mettant trop de temps à parvenir au canon, et le changement l plus signifcatif portait sur l'ajout de "barbettes" dépliables de chaque côté de l'engin pour améliorer une stabilité en mer fort peu efficiente (avec un fond plat, que voulez-vous avoir d'autre qu'une savonnette indirigeable comme engin marin ?). Avec ces changements incessants, les coûts se sont envolés de façon stratosphérique : on en était déjà à 866,7 millions de dollars dépensés en recherche cette seule année-là, pour 10,226 milliards de développement pur au total et 11,163 milliards à investir si l'on voulait réellement parvenir aux 573 exemplaires dûment finis. Très très loin des petits 40 millions seulement prévus en 1996... Tellement loin que Congressistes s'en sont alarmés en se réveillant tout à coup avec la facture sous le nez. En leur nom, un audit de la "Sustainable Defense Task Force" pubie en juin 2010, un rapport intitulé sobrement "Debt, Deficits, & Defense : A Way Forward", qui n'y va pas par quatre chemins et demande d'arrêter carrément les frais et de renoncer tout de suite à l'EFV, qui a suffisamment dévoré d'argent comme ça. Cela économiserait à la Marine entre 8 et 9 milliards de dollars entre 2011et 2020, conclut-il. La Navy elle-même ne semblant plus y croire, lassée par les déboires des multiple essais ratés : lors d'une réunion d'octobre 2010 de l'Expeditionary Warfare Conference, des chefs de la Marine émettent l'idée que si les essais de l'année suivante se révèlent aussi désastreux que les précédents, le programme pourrait être définitivement arrêté, idée qui a déjà fait son chemin chez Robert Gates, fort peu chaud pour le mener à son terme.
 
Adroit politique, ce dernier fait donc tirer la salve de mise à mort par un sous-fifre, mais en laissant une porte de sortie à l'idée d'un (autre) véhicule amphibie. On ne sait jamais : il ne faut pas se mettre un amiral à dos (G.W. Bush en sait quelque chose avec l'épisode Fallon...). "Le 16 février 2011 Ashton Carter, sous-secrétaire de la Défense (AT & L) a ordonné que le programme EFV devait être annulé et qu'il ne serait pas financé dans le budget de l'exercice 2012. L'EFV a été considéré comme trop coûteux. Nous avions signalé dans notre rapport de juillet 2010, que les coûts de l'EFV pourraient augmenter en raison de l'inflation, de son re-design, et la quantité de l'approvisionnement final. M. Carter a ordonné que le Secrétaire de la Marine prépare un "arrêt" dans les règles et un plan d'annulation pour examen et approbation. Le besoin d'une capacité d'assaut amphibie navire-terre, cependant, n'a pas été annulée. Par conséquent une analyse alternative (AOA) a été lancée qui permettra d'évaluer l'efficacité opérationnelle, le coût et les risques d'un projet de plates-formes de véhicules de combat amphibies qui répondent aux exigences opérationnelles des Marine Corps. l'AOA permettra d'identifier non seulement la solution la plus rentable, mais aussi de faire une déclaration convaincante sur l'utilité militaire de l'acquérir". Robert Gates en personne signant l'arrêt de mort du projet le 6 janvier 2011 en termes fort pesés et choisis pour dénoncer sa trop grande ambition : 
 
"La liste des fortes exigences requises pour l'EFV entraînait un véhicule blindé pesant 80 000 livres qui effleure la surface de l'océan sur de longues distances à des vitesses élevées avant de passer à des opérations de combat sur ​​terre. Le respect de ces exigences a, au fil des ans, conduit à des problèmes technologiques importants, des retards de développement et des augmentations de coûts. L' EFV, conçu à l'origine sous l'administration Reagan, a déjà consommé plus de 3 milliards de dollars en développement et coûtera encore 12 milliards de dollars pour être construit, le tout pour une flotte ayant la capacité d'apporter 4 000 hommes de troupes à terre. Pour fabriquer pleinement l' EFV, qui coûte beaucoup plus cher à exploiter et à entretenir que son prédécesseur, on devrait essentiellement consacrer la totalité du budget des véhicules marins, et la plupart du budget total des achats pour l'avenir. Evidemment, si l'EFV était poursuivi jusqu'à la fin sans égard en temps et en coût, ce serait parce qu'étant un véhicule extrêmement capable. Toutefois, une analyse récente de la Marine et du Corps des Marines suggère que les scénarios les plus plausibles nécessitant la projection des forces de la Marine pourraient être traités grâce à une combinaison de systèmes aériens et maritimes existants, ou en employant de nouveaux moyens et des nouveaux véhicules, des scénarios qui ne nécessitent pas les caractéristiques requis pour l'EFV. Comme plusieurs autres programmes haut de gamme annulés au cours de ces dernières années, les coûts de montage de l'acquisition de cette capacité spécialisée doivent être jugés par rapport à d'autres priorités et d'autres besoins". Gates ajoutant qu'en attendant une autre proposition, il conviendrait de maintenir les engins existants en modernisant leur électronique, notamment.
 
Le vieux LVTP-7 (ici photographié en Irak) pouvait respirer ; ce n'est pas demain qu'on annoncerait sa mort définitive. Et pas demain non plus que les Marines feraient du jet-ski sur un bazar pesant ses 40 tonnes ! Les deux autres pistes étant de pousser encore le High Mobility, Multi-Wheeled Vehicle (HMMWV, en fait le bon vieil Humvee  !) dans les cinq ans à venir et d'accorder en attendant 400 millions de dollars pour développer le Marine Personnel Carrier (MPC, une sorte de gros M113 à 8 pneus, capable de flotter et d'avancer mollement dans l'eau à l'aide de deux petites hélices)...  comme l'engin amphibie de 24 tonnes appelé Terrex (d'une firme Irlandaise, Timoney fabriqué par Singapore Technologies Kinetics) qui a été évalué par le Science Applications International Corporation (SAIC). Abandonnée, l'idée du surf ! Mais ce n'est qu'un répit pour les dépenses : la DARPA fait déjà signer des contrats pour un futur engin amphibie... qui ressemble déjà beaucoup au défunt EFV, malgré les recommandations et le sermon de Robert Gates ! Qui a dit que les militaires US n'en faisaient qu'à leur tête, avec leur char nageur en forme de serpent de mer qui réapparaît régulièrement dans leurs projets ?
 
sources :
https://www.fas.org/sgp/crs/weapons/RS22947.pdf
http://www2.ocregister.com/multimedia/EFV/
http://www.defenseindustrydaily.com/the-usmcs-expeditionary-fighting-vehicle-sdd-phase-updated-02302/
http://www.ibiblio.org/hyperwar/USMC/ref/Gators/Gators-9.html extrait de 
http://www.ibiblio.org/hyperwar/USMC/ref/Gators/index.html#contents
(dommage que les illustrations soient si mauvaises).
http://www.combatreform.org/ARMYSAPPERSFORWARD/amphigavins.htm
http://survincity.com/2010/01/expeditionary-fighting-machine-efv-unborn-apc-for/
 
vidéos :
https://www.youtube.com/watch?v=iIdPz3zoplM
https://www.youtube.com/watch?v=5qcqz2x1rgQ
https://www.youtube.com/watch?v=KQnYQXGHO90
 
(*) un M-113 de ce type avait été fabriqué comme prototype : le LVTP (X), construit par FMC ; doté d'un canon de 90mm... emportant 2+13 occupants, pesant 30 000 livres pour 38 MPH sur terre et 7 MPH avec ses deux hydrojets.

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