La meute..
par rosemar
mardi 20 août 2013
La meute est là, bien présente... elle agit de concert, elle est solidaire. La meute peut s'accroître au fil des jours, elle hurle, elle vocifère, vilipende, déchire, détruit : la meute s'attaque, de préférence, aux plus faibles, les femmes, les enfants, les plus pauvres, les plus solitaires...
La meute cherche des boucs émissaires, "haro sur le baudet" ! comme le disait La Fontaine dans la célèbre fable que tout le monde connaît.
Le phénomène de groupe et de meute est bien connu de tous : c'est là une façon de se sentir fort, une façon de se laisser aller à une pente facile : en s'attaquant au plus faible, la meute ne risque rien.
La foule, dans les stades, agit souvent comme une meute : elle s'excite contre un joueur ou une équipe, elle se met à siffler de manière immodérée, elle peut agresser les sportifs, l'arbitre.
Elle ne réfléchit pas... La foule est une masse compacte d'individus prêts à tout pour s'imposer, pour humilier parfois l'autre, le rabaisser...
En rabaissant autrui, elle a sans doute l'impression de se hisser, de se grandir mais c'est bien l'inverse qui se produit... La foule ne peut que s'avilir elle-même, se diminuer.
La foule imagine des sarcasmes, des moqueries, des insultes, on peut constater d'ailleurs, parfois, une surenchère dans la violence des mots, dans l'injure...
Au fond, les jeux du cirque, dans l'antiquité, faisaient appel à ce même instinct grégaire et primaire des individus : il fallait du sang pour satisfaire les spectateurs, de la haine pour les libérer de leur poids et de leur fardeau de misère.
Il leur fallait trouver des boucs émissaires, des victimes expiatoires pour combler leurs propres souffrances, leurs propres manques, leur rancoeur...
Ce phénomène de foule existe toujours, hélas ! et on peut constater que l'homme n'a guère évolué, toujours prêt à se jeter sur la première proie venue.
Sur internet, l'instinct grégaire est même accentué par l'anonymat dont se couvrent la plupart des intervenants.
L'effet de meute est parfaitement décrit dans un texte ancien que l'on doit à Saint Augustin : celui-ci évoque l'engouement dans lequel est pris un de ses amis nommé Alypius, alors qu'il assiste pour la première fois à un combat de gladiateurs : il se laisse emporter par les cris de la foule et ne peut détacher ses yeux du spectacle.
Les combats de gladiateurs n'existent plus mais les meutes sont tout aussi féroces qu'autrefois...
Photo de loup auteur : Dave Pape (en haut de l'article)