La pensée unique dans la presse

par Kookaburra
jeudi 26 juin 2014

Dans la presse et à la télé prévaut, sur les sujets comme la sécurité, l’immigration, la justice, les mœurs, une pensée unique bien-pensante, protégée par un contrôle juridique intimidant, qui constitue une restriction inédite de la liberté d’expression dépassant largement la loi de 1881 sur la presse et qui s’apparente aux procédures de l’inquisition ou des régimes totalitaires. La pensée qui n’est pas conforme à la norme, aux convictions dominantes, fait l’objet, non pas d’une opposition intellectuelle d’un débat, mais d’une condamnation morale. Toute pensée divergente, fût-elle celle de millions de gens, se trouve déconsidérée et exclue d’emblée.

On s’habitue au conformisme des médias et à la place accordée aux faits divers plutôt qu’aux événements majeurs. A la télé, au lieu de discussion ou différenciation, on favorise les sujets à sensation, les meurtres, les viols, ou les « dérapages » d’un ministre. Au lieu de l’information, enquête, analyse, c‘est l’émotion et le moralisme qui prévalent. C’est la transformation de l’information en produit marchand. Ceux qui cherchent à s’informer s’en lassent et peu à peu renoncent à lire ou à regarder le journal quotidien, et le processus de régression civilisationnelle progresse. Les médias exploitent l’indignation du lecteur ou téléspectateur, les journalistes sont toujours à l’affût d’une petite phrase incorrecte qu’on peut qualifier de « dérapage », ou de deux mots de travers qui permettent d’identifier un personnage au F.N., et après, quand il faut admettre les erreurs, on ne revient jamais sur les manipulations, les mensonges, les trucages et inventions qui ont accompagné leurs dénonciations unanimes.

Le suivisme des médias est étayé par l’émotion et la morale, qui, s’appuyant sur la compassion et la culpabilité, établissent deux camps - le bien et le mal. Avec leur riche vocabulaire de mots accusateurs - discrimination, réac, racisme, islamophobe, homophobe - ils coupent court à tout autre forme d’argument. Ils se dispensent ainsi de toute discussion ou analyse approfondie, et avec leur intégrisme moral ils empêchent le commentateur de développer le moindre contre-argument, au risque de se voir renvoyé dans le camp du mal ou dénoncé comme « réac ».

Réac, c’est la condamnation sans procès de ceux qui n’acceptent pas les changements sociétaux considérés comme avances. C’est la disqualification de ceux qui critiquent les jugements acceptés par la pensée unique. La pensée qui n’est pas conforme à la norme, aux convictions dominantes, fait l’objet, non pas d’une opposition intellectuelle d’un débat, mais d’une condamnation morale, formulé dans le seul mot réac. C’est le superlatif de conservateur, le contraire de progressiste, et donc moisi, rétrograde, misanthrope et, dans un mot, nauséabond.

Membre du Haut Conseil à l’Intégration et auteur de « Immigration, intégration : le langage de vérité », Malika Sorel confirme : “Il existe à l’heure actuelle un réel intégrisme moral qui empêche de poser sereinement les sujets. C’est ainsi que, dans le débat sur les énergies, les énergies fossiles sont érigées en mal absolu, tout comme l’agriculture intensive dans celui sur l’écologie. Et bien sûr, dès que l’on veut traiter le sujet de la laïcité, on est accusé de discrimination, de phobie de l’étranger, d’islamophobie… Le filtre moral et les grilles de lecture que cela crée fournissent des solutions de facilité : ils empêchent de développer le moindre argument “contre”.” Au point que celui qui voudrait s’y risquer se verrait immédiatement renvoyé dans le camp du mal et ainsi, discrédité. “Par exemple, on entend partout cette phrase : “l’immigration est une chance pour la France” et on est sommé d’y souscrire sans que celle-ci soit étayée du moindre argument factuel. Du moindre chiffre. Et le simple fait de demander “en quoi est-elle une chance  ?” suffirait à vous assimiler FN.”

En France comme en Allemagne, la domination de la pensée unique dans le monde médiatique étouffe le débat public, les contre-arguments et, finalement, la liberté d’expression.

 


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