La peur du peuple qui ronge Nicolas Sarkozy
par morice
mardi 17 avril 2012
Ce lundi matin, c'est Mélenchon qui s'y colle, en déclarant que c'est plié pour Sarkozy. Mais c'est un autre fait que je retiendrai. Celui d'un escamotage vite fait de la part du président candidat, lors de sa séance de bain de foule lors de son dernier meeting. Celui... de sa montre, dont des petits malins ont retrouvé le modèle et la valeur. Un cadeau de sa femme, qui se déclarait il n'y a pas si longtemps faire partie des gens "simples" et "modestes". Un seul geste, et le propos présidentiel est ruiné : Sarkozy ne fait aucune confiance à son propre peuple, on ne voit pas pourquoi cela devrait donc être réciproque. Mélenchon le dit, mais c'est Sarkozy qui le fait : il se sera plié tout seul, par des faits, par des gestes, qui démontrent qu'il aura désacralisé l'image présidentielle pendant cinq années, pour en faire celle d'un VRP vendeur de montres, habitué des palaces, des yachts de luxe et des jets privés. Son costume neuf d'employé des pompes funèbres ou de témoin de Jéhovah, nouvelle image d'une toute récente sobriété n'y fera rien. Pliée, la campagne du Jean-Claude Romand de la politique, celle de l'homme qui mentait à perpète (*), est belle et bien pliée.
En meeting ce week-end, le président qui ne fait pas confiance à son peuple a eu en effet un geste furtif qu'une caméra adroite a réussi à saisir ; celui de retiter subrepticement sa montre et de la fourguer vite fait dans sa poche gauche de veste avant d'aller serrer des paluches. Moment irréel, celui du réflexe d'un VRP besogneux tenant davantage à l'apparence de sa réussite sociale selon Seguéla qu'à une vraie et sincère communion avec son peuple. Cet admirateur de G.W.Bush a dû visionner tellement de films de campagne de son idole qu'il a dû se souvenir de cet épisode croquignolet où le président américain avait subi les mêmes déboires. On a pensé en effet qu'il s'était fait réellement piquer la sienne de montre lors d'un bain de foule en Albanie. L’« International Herald Tribune » parlera à propos de l'événement sobrement de "perte". Pour certains, dont la RTBF c'était un garde du corps qui lui aurait enlevé "au vol" si l'on peut dire... ce qui reste aujourd'hui encore à prouver.
Ils affichent en fait un mépris sans nom pour les petites gens : je vous expliquerai bientôt les étranges protections françaises dont a bénéficié un proche de Kadhafi dont la femme avait exploité pendant des années des domestiques. Hier, on apprenait que c'était un ministre du gouvernement de Sarkozy qui faisait de même : Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur, embarqué semble-t-il dans une sombre histoire d'emploi de sans-papier mauricienne comme employée de maison. Les dénégations actuelles de Lellouche et ses menaces d'attaquer en diffamation cachent difficilement une fébrilité évidente qui lui ont fait signer une embauche à la personne concernée le lendemain même de la diffusion d'un reportage télé dénonçant les faits. Weston, Patek et mentalité d'exploiteur rhodésien... cela fait un tout, à tout bien regarder.
C'est dire tout le niveau de la fine équipe qui aura dirigé la France pendant cinq longues années, et dont la défaite annoncée, déjà pliée, ne pourra être que salutaire au pays.
(*) extrait de mon texte du 16 mai 2008 : "Et qu’on ne nous dise pas que cette fois nous n’avons pas été prévenus. Personne n’avait vu voir venir Romand. Nous, heureusement on a François Léotard, qui nous a averti que "tout cela allait mal finir." Sa conduite actuelle ressemble en effet à un véritable suicide politique, chaque jour annonçant soit un couac de sa majorité, soit une bourde d’un des ministres, soit un sondage encore pire que les précédents. Il a déjà tué en quelques mois la fonction présidentielle en en faisant seulement une sorte de saltimbanque ou de VRP à avions, en armements ou en centrale nucléaire. La cavalerie, il l’a faite avec les promesses de pouvoir d’achat, renouvelées encore et encore alors que l’économie ou la vitalité des entreprises ne s’y prêtent pas, et les cadeaux aux plus riches pour déshabiller les plus pauvres. Comme Romand, qui venait régulièrement dans sa famille pour ponctionner les fonds dont ils avait besoin, il vient voir un jour des pêcheurs pour leur dire qu’il pensera à eux pour qu’ils puissent quand même pêcher en janvier pour ne pas s’en rappeler en mars. Bref, notre président ressemble comme deux gouttes d’eau au héros du film L’Adversaire : le matin on croit qu’il part au travail, et en fait il emprunte un Falcon pour passer tout le week-end auprès de sa nouvelle compagne. On l’imagine partant avec des dossiers sous le bras, en fait, il part avec sa montre et ses habits neufs. Il promet de s’occuper de tous les Français, mais en réalité laisse d’autres se charger du sort des ouvriers de Mittal, trop occupéà sélectionner le meilleur titre du prochain album de Madame. La seule différence, en fait, pour l’instant c’est que Roman avait une maîtresse, à qui il venait raconter tous ses malheurs, ce mythomane complet. Qui s’en est pris pour perpète, lui."