La Poste... « imprivatisable » ?

par Hugo Essique
mercredi 4 novembre 2009

Il y a peu de temps, je reçois un courrier de ma banque m’informant que j’étais détenteur de deux livrets A et m’invitant à en clôturer un (pas le leur bien sûr). Effectivement, après deux minutes de réflexion, le souvenir d’un livret A détenu à la Poste dans ma jeunesse refit surface. Aucun souci, je suis plutôt un habitué de ce type de démarche et je m’engage donc dans la clôture ce fameux livret A.
 
Premier réflexe, n’ayant plus aucune trace physique de ce livret, j’appelle les services financiers de la banque postale, je me présente avec mon état civil au complet, avec pour objectif premier de récupérer un numéro de compte voire le solde de ce compte. Ce que j’imaginais ce produisit, on me répondit gentiment que par soucis de confidentialité je ne pouvais obtenir ces informations par téléphone, et que je devais me présenter devant un guichet muni de ma pièce d’identité (bon point pour la banque postale question confidentialité).
 
Le lendemain, je quitte donc mon travail plus tôt, le bureau de poste le plus près fermant à 17h00 et, après quelques minutes d’attente, j’explique mon cas à la guichetière. Celle ci retrouve une trace de mon livret avec un solde dérisoire d’environ 15 euros. Je dois donc remplir un formulaire et là, une case imprévue vient bouleverser toute la procédure : restitution des moyens de paiement. Effectivement, je me souviens dix ans en arrière avoir utilisé une carte de retrait que j’avais bien pris soin de détruire à la date de son expiration. La préposée de la poste ne voulant pas prendre en compte ma demande de clôture pour motif de non-restitution de cette fameuse carte de retrait, me propose de remplir un autre document pour déclarer la perte de cette carte de retrait, déclaration qui de facto entrainera des frais selon ses dires, de l’ordre de huit euros. Autant dire que cela revient à payer huit euros pour en récupérer quinze. Je décline donc cette proposition et j’appelle à nouveau le service financier de la banque postale dans le but de trouver une solution alternative à mon problème.
 
 Après plusieurs tentatives vaines (cinq éjections successives de leur plate forme téléphonique), je réussis enfin à obtenir un interlocuteur à qui je répète tout l’historique de ma petite aventure, et là, autre son de cloche, je cite : « mais c’est n’importe quoi monsieur, on vous a mal conseillé, il n’est pas utile de restituer cette carte périmée…. envoyez nous un simple courrier et la clôture sera effectuée.. ».
 
Ni une ni deux, je rédige un courrier conforme à ce cas de figure en précisant bien que je souhaite récupérer le solde du compte par chèque car il m’est impossible d’aller au bureau de poste dans lequel ce compte a été ouvert il y a maintenant plus de quinze années. Une semaine plus tard, je reçois un appel téléphonique de l’agence postale dans laquelle mon compte a été ouvert et, mon interlocutrice m’annonce que mon livret est bien en cours de clôture et qu’il faut que je me présente au guichet ( guichet qui se trouve à 30 kms de ma résidence et de mon travail), pour récupérer en espèce le solde de mon livret ( 15 euros pour rappel). Tout en restant calme, je lui raconte ma petite histoire en essayant d‘être le plus clair possible et là on me dit « ah ! bah oui, c’est n’est pas comme cela qu’il aurait fallu faire », bref, je lui propose alors que mon amie munie de ma pièce d’identité vienne récupérer mon pécule et là « ah non monsieur, alors ça, ce n’est pas possible, il faut absolument que cela soit vous ». Après dix minutes d’intenses négociations, le problème est resté entier et mon livret loin d’être clôturé. Reste maintenant à tirer quelques enseignements de ces déconvenues :
Il est beaucoup plus facile d’ouvrir un livret que de le clôturer.
 
Les employés de la Poste sont loin d’afficher la solidarité entre collègues comme une valeur d’entreprise contrairement à leurs revendications syndicales.
 
La banque postale, pour devenir une vraie banque, va devoir parcourir un long chemin et commencer par ne plus croire que nous ne sommes que des usagers, mais que nous sommes bien des clients avec des contraintes horaires par exemple.
 
Pour moi, la Poste est « imprivatisable » en l’état et pourtant je suis certain que tout le monde serait gagnant, à commencer par les clients de la banque postale.
 

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