La résistance par l’abstention

par Zercam
jeudi 1er avril 2010

Comment réformer des institutions politiques qui semblent l’exclusivité d’une nouvelle aristocratie inamovible, dont chaque membre passe plusieurs décennies de sa vie dans ce système et est incapable de résoudre le moindre problème de société ?

Le seul choix qui se présente à nous à chaque élection concerne des candidats qui ont déjà été sélectionnés par leurs pairs, non pour leur compétence mais pour leur machiavélisme politique. Ces élus, avocats souvent, sont interchangeables et peuvent passer d’un ministère à un autre.

Le pouvoir politique en France (ainsi que dans d’autres démocraties) renvoie l’impression d’être aux mains d’une population de privilégiés qui le gardent jalousement. Dans un tel contexte, parler de parité, qu’elle soit homme-femme, français de souche-français d’origine étrangère, etc. n’a aucun sens car nos élus sont rarement issus du vulgum pecus. Ceux qui détiennent les clefs des portes du pouvoir recrutent apparemment par népotisme et cooptation. Voter pour ces partis, c’est cautionner cette situation et la perpétuer éternellement.

L’opposition à ce système est censée être représentée par des parties extrêmes, à droite comme à gauche. Ils jouent un rôle d’épouvantails et permettent aux partis auto-décrétés comme respectables de dire : « voyez, l’opposition à nous, hommes raisonnables, ce sont ces individus aux idées totalitaires ». Ces mouvements ne servent qu’à caricaturer toute opposition au système. Ils n’ont d’ailleurs pas vocation à gouverner : leurs programmes sont en partie fantaisistes et les idées qu’ils soutiennent n’obtiendraient jamais un nombre suffisant de voix. Voter pour ces partis extrêmes, c’est donner un coup d’épée dans l’eau, cette opposition stérile n’aboutissant à rien.

Certains pays rendent le vote obligatoire. Cela apparaît comme un cautionnement forcé du système. Obtenir un taux de participation de 99,9% fait étrangement penser aux dictateurs recevant de tels suffrages. En imposant le vote, le système électoral devient totalitaire et n’admet plus d’opposition dans son principe. Il se fait cautionner par la force. Les votes blancs ont le même rôle : voter blanc, c’est être en désaccord avec les candidats mais pas avec le système politique. De plus, la non prise en compte des votes blancs a le même effet que le vote obligatoire, fabriquant des taux erronés d’adhésion aux candidats.

Dans ces conditions, l’abstention, sorte de résistance passive, paraît la seule décision possible pour exprimer son rejet de la situation politique actuelle. Une solution permettant de sortir de l’impasse pourrait être la création de partis politiques « parallèles », dont le segmentage idéologique se superposerait de manière asymétrique à celui des partis classiques, dont le fonctionnement interne serait novateur, et dont les membres seraient sélectionnés pour leurs compétences… et leur abnégation.
 

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