La sauce aux ordonnances

par Léon et Paulette
vendredi 15 mars 2013

C'est une histoire de tour de main. Il faut touiller. La sauce qu'on nous prépare prend de l'épaisseur.

Quelle soudaine frénésie que cette envie de gouverner par ordonnances sous Hollande !

On a bien le droit de changer d'idées au fil des ans, non, quand c'est pour la bonne cause ?

 

Bien sûr, il y a toujours des oppositions.

Ainsi, Guy Mollet s'il était là, ne serait pas content. Déjà, le 20 mai 1967, il s'étonnait qu'on puisse y avoir recours. Georges Pompidou s'en expliquera, indiquant qu'il fallait rattraper du «  retard » et qu'il fallait « travailler vite ». En 2013, le pouvoir actuel n'exprime pas autre chose...

 

Si Lionel Jospin était-là, il dirait peut-être dit que « ... nous n'acceptons pas que le gouvernement procède par ordonnances... et dessaisisse le parlement de ses droits... » comme il le fit en décembre 1995.

 

A l'inverse, s'il était là, Dominique de Villepin serait d'accord avec le François Hollande d'aujourd'hui, lequel n'a plus rien à voir avec le Hollande d'hier. En effet, pour justifier son recours aux ordonnances en 2005, Villepin déclara qu'il avait « ... fait ce choix pour une raison simple l'urgence, nous ne pouvons plus attendre face aux 10% de chomage que connait notre pays depuis tant d'années  ». François Hollande en était offusqué !

A l'époque, le pouvoir en place justifiait sa décision par le fait que c'était pour aller vite et donner confiance aux français... Aujourd'hui Vidalies (ministre) et Le Roux (député PS), disent la même chose et préparent le terrain pour le Président Hollande qui aurait pris conscience « de blocages importants  ».

 

En définitive, ces spécialistes du petit monde de l'alternance nous disent chacun leur tour que si tout va mal par les temps qui courent, c'est que des forces se liguent pour empêcher que rien ne bouge, qu'elles freinent l'application des « bonnes décisions » prises par eux au dessus des épaules de ceux qui ne savent pas pour n'y rien changer et que dure le système qui les fait rois. Le débat parlementaire ralentit tout et empêche la sauce de prendre.

L'heure est aux pouvoirs forts. Il faut faire vite. La démocratie est un frein. En attendant que le Parlement accepte de se dessaisir de ce qui le regarde, il s'attaquent au plus urgent.

 

Ainsi, Manuel Valls veille. Il envoie des renforts de CRS et gendarmes à Marseille pour « reconquérir les territoires ». Il faut de l'ordre, Messieurs Dames.

Il s'agit aussi de démanteler les camps de Roms, « il en va du respect de la loi et de la sécurité de leurs résidents  ».

Le député PS Jean Marie Le Guen était bien d'accord avec ces deux points ce matin à la Matinale de Canal+ (à partir de 30'44 dans la vidéo). C'est la faute des autres, à l'Europe, à la Hongrie.

 

Si on se laissait aller au pessimisme et à des visions courtes de l'actualité, on se laisserait presque aller à convenir que c'est la délinquance urbaine et les autres, ceux venus de l'étranger qui seraient l'objet principal de la « crise ». Jean Marie Le Guen, médecin « spécialiste de santé publique » nous livra en ce sens le dernier ingrédient de la sauce à laquelle la communication du pouvoir s'attelle pour nous manger. Manquait le liant : ces salauds de gauchistes.

Le Guen s'y attela, mettant en avant ce « problème » de « la gauche et le mouvement social » (à partir de 32'17) : « … des tentations sectaires... qui vont à l'inverse d'une démocratie apaisée et du progrès... il y a une tentation anarcho-syndicaliste... surenchère... esprit totalement négatif... le sectarisme idéologique politique d'une partie de la gauche doit disparaître » car il fait de l'ombre au «  camp du progrès  ».

Le camp du progrès, c'est le sien. Celui qui nous endort et qui va, comme ses prédécesseurs gouverner par ordonnances.

 

Léon

léonetpaulette.fr
http://leonetpaulette.blogspot.fr/


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