La tenaille FNPS
par jlhuss
lundi 21 mars 2011
Un tour de force pour les commentateurs d’arriver à tenir le “crachoir” des heures sur FR3, avec un sujet comme celui du résultat du premier tour des cantonales.
Quand on a constaté l’immense victoire des abstentionnistes, il ne reste effectivement plus grand-chose à dire tant il devient compliqué de commenter un non vote. Il est vrai que les sondages sont souvent amplement discutés et que ce premier tour donne des indications sur un échantillonnage autrement plus significatif que le panel habituel des 1000 interrogés.
Il n’y avait pas de plateau télévisé regroupant les principaux leaders nationaux, cette précaution évite les petites phrases malencontreuses proclamées dans la flamme d’un débat houleux. Pour autant chacune et chacun se réfugie dans son QG pour y faire sa petite déclaration bien « cadrée » C’est beaucoup moins drôle et très « convenu.
Alors commentons …
On s’aperçoit d’emblée que tous ceux qui glosaient sur l’hérétique sondage enregistrant la poussée du FN de Marine Le Pen en sont pour leurs frais. C’est bien d’une poussée importante de la « Vague bleu Marine » dont il s’agit. D’autant plus notable que ces élections locales ne furent jamais des scrutins favorables à cette formation et que le FN ne présentait pas des candidats dans tous les cantons. Il est donc maintenant illusoire de vouloir balayer d’un revers de main les indications répétitives sur la montée de ce nouveau poujadisme. En 1954 Poujade avait effectivement fait un malheur avec un slogan simple « sortez les sortants » assez proche finalement que celui de l’UMPS !
Le grand perdant du scrutin, comme tout le monde s’en doutait, est bien sûr l’UMP, le parti au pouvoir. Quand il y a mécontentement, désillusion, le réflexe est bien entendu de voter contre ceux qui incarnent l’exécutif. L’UMP est donc pris en tenaille entre deux oppositions, celle du FN et celle du PS et plus largement de la gauche. Pour reprendre la formule vedette de Marine Le Pen, nous pourrions dire que l’UMP est au prise avec le FNPS … Coagulation disparate des « contres »
Le plus grand danger des analyses issues d’un tel sondage en grandeur comme celui de ce premier tour serait d’oublier l’essentiel : apporter des réponses réalistes, crédibles aux inquiétudes exprimées. Cette formulation ne veut pas dire aller pêcher des slogans et des valeurs aux opposants de toute nature, mais au contraire affirmer une ligne claire, des objectifs bien désignés et ne pas céder sur ses valeurs s’il est encore possible de les cerner…
Pour le PS, la soirée ne fut pas mauvaise et pour Martine Aubry en particulier. Elle est une fois de plus confortée par un scrutin local dans sa gestion de la principale formation de gauche. Il faudra maintenant attendre les conclusions qu’elle en tirera pour elle-même et son éventuelle candidature à la présidentielle. Il serait crédible d’imaginer que ces cantonales ne seront pas de nature à modérer ses ambitions pour 2012.
Un constat semble intéressant, en particulier en milieu rural : la bonne tenue dans ce scrutin, au milieu de la déroute, des candidats non étiquetés UMP mais cependant à droite. Ces fameux divers droite toujours nombreux dans ces élections locales et qui ont parfois fait et défait les présidents de conseil généraux. Ils n’ont pas eu à subir la même « indignité » que les candidats directement assimilés au gouvernement.
Enfin, les fameux appels à “faire barrage” etc. auront sans doute comme première conséquence, de renforcer une fois de plus la « vague Marine » dans un scrutin que nos concitoyens jugent, à juste titre, « sans risques »