Languedoc, terre de larmes et de changement climatique

par hommelibre
mardi 29 octobre 2019

Ce nouvel épisode méditerranéen me permet de citer un document officiel que j’ai découvert récemment. Bien que le sud de la France, et particulièrement la Provence, soit réputé peu humide il subit de graves inondations de manière récurrente. Et cela n’a rien à voir avec le réchauffement. Ou si peu.

 

Torrents de larmes

L’observation de plus en plus précise des météores et leur forçage médiatique instillent l’idée d’une aggravation dramatique des catastrophes dans cette région.

Les larmes de personnes qui ont tout perdu reviennent sans fin sur les écrans de télévision. Elles reviennent avec une telle insistance que je comprends ceci : on ne me parle pas de leur malheur, mais de l’alibi politique qu’ils représentent.

J’ai déjà traité l’épisode extrême de 2018 et abordé plus généralement les inondations historiques régionales. En météo on sait que ces pluies d’automne de type mousson, extrêmes, sont historiquement assez bien documentées, explicables sans réchauffement, et habituelles dans le midi méditerranéen. La topographie accentue les collections massives d’eau tombées en amont. De plus l’urbanisation intensive a favorisé l’écoulement sans frein de l’eau de pluie dans des localités.

Une aggravation du phénomène devrait être visible dans les statistiques de pluviométrie et de nombre d’épisodes. Surprise : l’image 1 de Météo France montre qu’en 60 ans le nombre de jours annuels de précipitations diluvienne dans le sud-est méditerranéen a diminué. Le graphe est à peu près pareil pour le Var (image 2).

Le document que j’ai mentionné eau début est un rapport de la Préfecture de ce département. Selon ce rapport : « Depuis 1958 : pas de tendance d'évolution du nombre d’épisodes, qui reste marqué par une forte variabilité interannuelle ».

 

 

La mémoire des anciens

Pas d’évolution donc sur les 60 dernières années.

L’histoire de cette région est marquée par des extrêmes météorologiques. Au point où la notion de changement climatique est habituellement présente dans la population, depuis plusieurs siècles.

« D’emblée, il convient de souligner le caractère permanent du sentiment de « changement » météorologique au cours des cinq derniers siècles. Les bases de données établies pour différentes régions de France attestent toutes, statistiques à l’appui, la certitude de nos ancêtres d’avoir assisté, à un moment ou à un autre, à un dérèglement général du climat.

Les « dérèglements du temps », que nous appellerions aujourd’hui les événements extrêmes, alimentent un discours millénariste à l’image du petit notable de Toulouse Pierre Barthès qui prétend se faire l’écho du sentiment général en matière de météorologie au tournant des années 1760. Constatant la succession des sécheresses printanières et estivales et des inondations de la Garonne en raison de précipitations automnales et hivernales toujours plus soutenues, il dénonce avec véhémence les « saisons depuis longtemps confondues », ainsi que « les monstruosités (événements extrêmes, invasion d’insectes) de toute espèce multipliées à l’infini… ». Loin du principe qui voudrait que la mémoire des anciens soit plus fiable que celle de nos contemporains, les exemples archivistiques abondent pour témoigner de la relativité de la mémoire humaine en matière climatique. »

 

 

Et pendant ce temps…

Les épisodes méditerranéens, même répétés, sont donc la norme dans cette région. Les larmes des sinistrés n’y changeront rien. Comme partout dans le climat il y a des cycles. Certains sont plus marqués, d’autres moins. À nous de nous adapter.

Pendant ce temps des incendies sont de retour en Californie. Là non plus il n’y a pas de lien établi avec le réchauffement. Les causes locales naturelles et humaines sont connues. Et confirmées par cet extrait de la conclusion d’un rapport de la NOAA, l’agence météorologique officielle US paru en 2015 (page 29) :

« La sécheresse actuelle, bien qu’extrême, n’est pas en dehors de la plage de variabilité hydro-climatique de la Californie et des événements similaires se sont déjà produits. Bien qu’il y ait eu une tendance à l’assèchement en Californie depuis la fin des années 1970, quand on considère l’ensemble des données enregistrées depuis 1895, il n’y a pas de tendance notable à des hivers plus humides ou plus secs en Californie. » 

Ces phénomènes extrêmes sont d’abord la conséquence de conditions régionales.

La presse est très discrète sur ces points, qui jouent pourtant un rôle déterminant dans la réussite de nos stratégies futures.

 


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