Le bandit flasheur
par Gasty
mardi 15 juillet 2008
Je suis en colère, je me suis fait flashé à 83 km/h (retenue 78). C’est un excès de vitesse évidemment, mais il y a des excès de vitesse qui vous restent en travers lorsque vous avez le sentiment d’avoir été pigeonné. Comment peut-on, dans ce cas, croire qu’il s’agit d’une ponction salutaire à votre budget familial et à des fins de préventions routières.
Où se situe l’infraction ? Eh bien je suis sur le périphérique de Nantes. Ce périphérique est limité à 90 km/h, pas d’embrouille, quatre voies, parfois six, saturé aux heures de pointes et truffé de radars fixes sur tout le parcours. Tout NON ! Car un morceau d’asphalte résiste à la pose d’un radar fixe, le PK/PR 1.400, voie C844.
Cet asphalte routier qui résiste est limité sur une distance de 1 500 mètres à 70 km/h au lieu de 90 km/h. Est-ce que cette zone a été reconnue particulièrement dangereuse ? A défaut d’aménagement de voirie, cette zone devrait par conséquent attirer la pose d’un radar fixe ! L’administration qui n’a pas lésiné sur leur nombre entourant la ville aurait dû, en ce lieu précis, fixer le pied d’un solide radar afin de prévenir tout accident potentiel.
Eh bien non ! Je roule peinard à 90 km/h lorsque soudain à la vue du panneau indicateur de vitesse ; entamant ma nonchalante décélération, je tombe sur l’embuscade. Comme un pigeon voyageur je me fais plomber le permis et laisse des plumes (45 €). S’il y a un Nantais dans le coin, il doit bien connaître l’endroit, en heure de pointe la vitesse tombe à 50 km/h cul à cul, mais à 11 heures c’est le jackpot touristique, le péage sans barrière, le conseil des Pays de la Loire vous remercie et vous souhaite un bon voyage. A bientôt !
Est-ce donc une concession réservée à la gendarmerie locale ? J’ose la question.
En ce qui concerne l’environnement de cette zone, hormis l’absence du radar fixe, il se trouve une station-service. Celle-ci ne date pas d’hier puisqu’elle était construite avant que le périphérique ne soit achevé. La longueur de la voie d’accès est à présent insuffisante en particulier pour en ressortir lors d’un fort trafic routier. Peuvent-elles être allongées, il me semble que l’espace ne manque pas. Mais ce problème d’accès à la station me paraît nettement moins dangereux que certaines voies de dégagement. Il n’est pas rare aux heures de pointe de voir les sorties encombrées jusque sur les voies de circulations à 90 km/h provoquant ainsi des bouchons et des ralentissements brutaux.
Je suis rouge de colère de constater avec quelle facilité on cartonne le passant lambda qui circule en bon père de famille.
Je me suis souvenu de cette fameuse culture du résultat et la prime au mérite élargie aux institutions de notre pays.
Ces objectifs de résultats ont très vite montré qu’il n’y avait qu’une seule direction comptable pour les agents de la gendarmerie. Le chiffre, le fric. Il ne s’agissait plus d’un service de sécurité au service du public, mais d’une pompe à fric récompensée. Réprobation de leur part ainsi d’ailleurs que chez les magistrats et autres.
Pendant que Ferrat me chantait Potemkine sur ma radio (chanson) je me disais :
Petit rappel du cuirassé Potemkine.
- A bord du cuirassé Potemkine, un marin est tué par un officier pour avoir eu l’audace de se plaindre. L’équipage se soulève et des officiers rejoignent les mutins.
Le drapeau rouge de la révolution est hissé et deux autres navires se joignent à la sédition.
La mutinerie s’inscrivit dans une série de troubles sociaux et politique du régime tsariste de l’époque.
Mon frère, mon ami, mon fils, mon camarade
Tu ne tireras pas sur qui souffre et se plaint
Mon frère, mon ami, je te fais notre alcade
Marin ne tire pas sur un autre marin
Ils tournèrent leurs carabines
Potemkine
M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Où l’on n’est pas toujours du côté du plus fort
De toutes ses conquêtes sociales qui disparaissent de la société française, la dégradation des services publics, les sous-effectifs dans les hôpitaux, la diminution des tribunaux ; je me disais qu’en ces temps troublés, de liquidation du Code du travail moribond, nous allons avoir besoin de tous pour rétablir et supprimer les lois et les décrets scélérats mettant en danger la démocratie. Je voudrais savoir, le moment venu, si vous maintiendrez l’ordre ou le pouvoir du désordre.
PS : le bandit manchot est une machine à sou munie d’un bras mobile, le bandit flasheur est une machine à sou munie d’un pied mobile détourné de son usage préventif.
M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis encore
Que je ne fais pas partie du côté du plus fort
Gasty (rouge de colère)