Le boulet Sarko plombe la droite
par Grégoire Duhamel
mardi 7 octobre 2014
Pourquoi faut-il que le revenant reparte fissa ?
A / Bygmalion se rapproche dangereusement de Nicolas Sarkozy. Le système de financement occulte de la campagne de 2012 au moyen de fausses factures est imputé pour l’instant au seul UMP. Mais le parquet évoque à présent un « financement illégal de campagne électorale », délit bien plus grave pour le battu Sarko. Selon le code électoral, c’est le candidat lui-même qui est puni s’il s’avère qu’il a « fait état, dans le compte de campagne ou dans ses annexes, d’éléments comptables sciemment minorés ». En outre le parquet de Paris a ouvert le 6 octobre une information judiciaire pour « abus de confiance », « complicité » et « recel » dans l'affaire de l'amende de 363 615 euros infligée par le conseil constitutionnel à Nicolas Sarkozy (que l'UMP a réglée en lieu et place du candidat). La défense présentée encore hier dimanche par le mari de Carla devant une foule transie consiste à se présenter en victime de juges méchants, sans jamais opposer le moindre argument factuel. Cette stratégie sera-t-elle tenable à moyen terme ?
B / Son retour médiatique a été raté, selon la plupart des observateurs. Agité, égotique, nerveux, il est revenu sur le devant de la scène tel Hibernatus, sans avoir changé d’un iota son comportement de matamore, qui lui avait été tant reproché.
C / Contrairement à ce qu’on pouvait craindre, et qu’il avait lui même prédit, les concurrents de Sarkozy ne se sont pas dégonflés dès la résurrection proclamée. Fillon (qui n’a probablement plus guère de chance) et surtout Juppé tiennent bon et, mauvaise nouvelle, le maire de Bordeaux a carrément le vent en poupe, après une émission sur France 2 très réussie, joint à un calme olympien qui tranche avec les gesticulations saccadées de son concurrent. Du coup, la droite peut techniquement se déchirer, ce dont elle n'a nul besoin.
D / Si le scénario actuellement retenu par les experts politiques tient jusqu’à 2017, la gauche sera éliminée au premier tour – pas une surprise vu le désastre du quinquennat actuel – et Marine le Pen figurera au deuxième tour. Le candidat le mieux à même de battre la redoutable candidate Marine, dans une France ravagée par un désastre financier et social, est Juppé ; le moins bon Sarkozy.
On le voit, Sarkozy compromet les chances de son propre camp, tout comme son alter ego Hollande, pour d’autres raisons, s'y est employé activement depuis deux ans.