Le capitalisme n’est pas une invention. C’est un symptôme
par ddacoudre
samedi 25 avril 2026
Depuis le début des années 1990, je mène un travail de recherche indépendant consacré à l’étude des conditions de transformation des systèmes d’organisation humaine, dans un contexte où les capacités techniques de l’humanité atteignent un niveau sans précédent. L’effondrement de l'URSS à laissé un vide, et la nature à horreur du vide. Cette année là encore adhérent au PS, lors d'une rencontre j’interrogeai JOX ; par quoi allions nous combler ce vide ? La social démocratie fut la réponse et en 1995 je quittais le PS qui n'était plus en phase avec mon travail entrepris. je rejoignais Le Parti de Gauche qui dissous notre section en 2021 locale. Je rejoignais l'écosocialisme dont la direction de la section m'invita à prendre la porte à la suite d'un article sur les excès du féminisme. il a été d'ailleurs publié sur Ago. Depuis je suis orphelin d'un parti et je soutiens la LFI qui ne semble pas aimer particulièrement mes écrits.
La démarche de mon travail de recherche n'a procédé d’aucune intention de jugement à l’égard des systèmes politiques, économiques ou sociaux qui ont accompagné les sociétés humaines au cours de leur histoire. S'il a commencé par la critique du capitalisme j'en suis revenu pour prendre actes qu'il n'est pas l'ennemie que l'on croit, pas plus que le socialisme. En fait il n'y a pas pas d'autres ennemie que ce que nous nous fabriquons en voulant changer l'Humain. L'on ne peut pas changer l'Humain, mais l'on peut changer son environnement ? C'est là l'aboutissement de mon essai La République de l'énergie humaine.
Depuis les premières formes d’organisation apparues avec l’agriculture jusqu’aux structures étatiques contemporaines les plus élaborées, ces systèmes ont constitué des réponses cohérentes aux contraintes matérielles, biologiques et cognitives propres à chaque époque.
L’hypothèse de travail consiste à considérer que ces formes d’organisation, loin d’être des constructions arbitraires, expriment des régularités liées à la structure même de l’espèce humaine confrontée à la rareté, à la coopération et à la nécessité de survivre.
Cependant, les conditions actuelles introduisent une rupture de contexte. Le développement des sciences du vivant, l’interdépendance des systèmes à l’échelle mondiale, ainsi que l’augmentation des capacités de transformation, voire de destruction, de l’environnement par l’activité humaine, posent la question de l’adéquation entre ces structures héritées et les exigences contemporaines.
Au regard de vos travaux, je vous résume ci-dessous la contexture de l’essai que je vous soumets.
L’organisation économique contemporaine est souvent présentée comme le produit d’inventions humaines successives. Pourtant, une autre lecture est possible.
L’humanité n’a peut-être pas tant « inventé » ses systèmes qu’elle n’a progressivement projeté, à travers ses récits, ses institutions et ses modèles économiques, la structure même de son fonctionnement cognitif et biologique.
Doté d’un cerveau dont l’architecture fondamentale n’a que peu évolué depuis la préhistoire, l’être humain a développé, au fil des siècles, des formes d’organisation de plus en plus sophistiquées pour répondre à une contrainte centrale : la rareté.
Cette contrainte a constitué un puissant moteur d’innovation, conduisant à une accumulation de connaissances et à une capacité technique croissante, jusqu’à l’exploration de l’infiniment petit et à la transformation profonde de son environnement.
Cependant, cette progression technique s’est opérée sans transformation équivalente des structures comportementales profondes. Les relations humaines restent largement organisées autour de logiques de compétition, de domination et de sécurisation des ressources, héritées de contextes de survie.
Ainsi, les systèmes économiques modernes peuvent être interprétés non comme des constructions entièrement rationnelles, mais comme des prolongements institutionnalisés de ces mécanismes fondamentaux.
Dans cette perspective, ce que l’on désigne comme « capitalisme » ne constitue pas une invention au sens strict, mais la formalisation historique d’un ensemble de comportements adaptatifs liés à la gestion de la rareté.
La monnaie, en particulier, peut être comprise comme un instrument de médiation de ces rapports, permettant l’expression différée et abstraite de dynamiques de pouvoir, de hiérarchisation et d’accès aux ressources.
Depuis la seconde moitié du XXe siècle, cette organisation est toutefois confrontée à une remise en question d’une nature inédite. Le développement des sciences du vivant met en évidence les limites de ces logiques dans un contexte où l’activité humaine affecte directement les équilibres biologiques dont elle dépend.
Les atteintes à la biodiversité, les impacts sur la santé humaine, ainsi que l’existence de capacités de destruction globale, notamment nucléaires, introduisent un niveau de risque qui dépasse les cadres historiques d’adaptation.
Ce basculement ne relève pas d’un simple progrès de l’intelligence humaine, mais d’une situation géohistorique singulière : celle d’une espèce devenue capable de compromettre ses propres conditions d’existence.
Dans ce contexte, les cadres économiques hérités apparaissent de plus en plus comme inadaptés à la réalité qu’ils contribuent à produire.
L’analyse proposée dans cet essai s’inscrit dans cette interrogation. Elle vise à explorer la possibilité d’un déplacement de paradigme, fondé non plus sur la rareté comme principe organisateur central, mais sur une compréhension plus explicite des conditions réelles, énergétiques, biologiques et collectives, de l’existence humaine.
Ainsi, l’essai repose sur une lecture énergétique de l’économie, afin de sortir d’un modèle séculaire hérité, et ouvrir un nouvel horizon pour l'humanité dans son temps long.
1. Ce que nous appelons « économie » n’est peut-être pas une invention
L’organisation économique contemporaine est généralement présentée comme le produit d’inventions humaines successives : monnaie, marché, capital, institutions.
Mais une autre lecture est possible.
L’humanité n’a peut-être pas inventé ses systèmes.
Elle les a formulés.
Autrement dit, elle a progressivement projeté, à travers ses récits, ses institutions et ses modèles économiques, la structure même de son fonctionnement biologique et cognitif.
Avec un cerveau dont l’architecture fondamentale est restée stable depuis la préhistoire, l’être humain a affronté une contrainte constante : survivre dans un environnement marqué par la rareté.
C’est cette contrainte qui a façonné ses comportements essentiels : économiser son énergie, sécuriser ses ressources, entrer en compétition lorsque celles-ci manquent.
Ce que nous appelons aujourd’hui « économie » pourrait ainsi être compris comme la formalisation progressive de ces mécanismes.
2. La rareté comme moteur… et comme enfermement
La rareté n’a pas seulement contraint l’humanité.
Elle l’a rendue inventive.
Face à elle, l’homme a accumulé des savoirs, perfectionné ses techniques, transformé son environnement, jusqu’à atteindre une capacité inédite : comprendre et manipuler la matière à des niveaux de plus en plus fins.
Mais cette sophistication technique ne s’est pas accompagnée d’une transformation équivalente de ses structures comportementales profondes.
Le cerveau qui conçoit des accélérateurs de particules est le même que celui qui organisait la survie dans des groupes restreints.
Les relations humaines restent largement structurées par : la compétition, la domination, la sécurisation des ressources.
Dans ce cadre, les systèmes économiques modernes apparaissent comme des prolongements institutionnalisés de ces logiques.
3. Le capitalisme : non pas une invention, mais une expression
Dans cette perspective, le capitalisme ne constitue pas une invention au sens strict.
Il est le nom donné à une forme historiquement stabilisée de comportements adaptatifs : accumulation, hiérarchisation, contrôle des ressources, recherche de sécurité dans un monde perçu comme limité.
La monnaie en est l’instrument central.
Elle ne crée pas ces comportements.
Elle les rend mesurables, échangeables, transmissibles.
Elle permet l’expression abstraite de rapports de pouvoir qui, à l’origine, relevaient de la survie biologique.
Le « dominant » n’a pas disparu.
Il a changé de forme.
4. Une rupture historique : la fin du cadre implicite
Depuis la seconde moitié du XXe siècle, une rupture silencieuse s’est produite.
Pour la première fois, l’humanité dispose :
– d’une capacité de destruction globale (nucléaire, technologique),
– d’une influence directe sur les équilibres biologiques de la planète,
– d’une connaissance scientifique des systèmes vivants dont elle dépend.
Les sciences du vivant ont mis en évidence une réalité simple :
l’espèce humaine fait partie d’un système dont elle peut désormais altérer les conditions de stabilité.
Les atteintes à la biodiversité, les impacts sanitaires et les risques systémiques globaux ne sont pas des externalités.
Ils sont les effets directs de la manière dont l’activité humaine est organisée.
Ce basculement n’est pas le fruit d’un « génie » particulier.
Il correspond à une position géohistorique inédite : celle d’une espèce devenue capable de provoquer sa propre disparition.
5. L’inadaptation des modèles hérités
Les systèmes économiques actuels ont été construits dans un monde de rareté locale, d’information limitée et de capacités techniques restreintes.
Ils sont aujourd’hui appliqués à un monde : globalisé, interconnecté, technologiquement démultiplié, biologiquement fragile.
Ce décalage produit des tensions croissantes :
– sur les ressources,
– sur les équilibres sociaux,
– sur les systèmes de santé,
– sur les écosystèmes.
Ce que nous appelons « crises » pourrait être l’expression de cette inadéquation.
6. Une hypothèse : réancrer l’économie dans le réel physique
Face à cette situation, une question simple peut être posée :
et si la difficulté ne venait pas seulement des règles du système… mais de la manière dont nous représentons la valeur elle-même ?
Toute activité économique repose sur une réalité physique : la mobilisation d’énergie.
Avant d’être monétaire, la production est :
énergétique, biologique, matérielle.
Dans ce cadre, une hypothèse de travail peut être formulée :
la valeur d’un bien ou d’un service peut être rapportée à l’énergie nécessaire à sa production.
Cela implique :
– considérer l’énergie humaine comme capital primaire ;
– comprendre la machine comme une extension de cette énergie (énergie humaine accumulée dans le temps) ;
– repositionner la monnaie comme instrument de circulation, et non comme source autonome de valeur.
7. Ce que cette approche permet d’explorer
Une telle lecture ouvre plusieurs perspectives :
dissocier le financement de la survie des mécanismes de prix ;
rendre visibles des coûts aujourd’hui fragmentés (cotisations, fiscalité, marges de risque) ;
réinterroger la formation des prix dans une économie à forte productivité ;
repenser la place du travail, de l’apprentissage et du temps libéré.
8. Objet de cette démarche
Cette proposition ne constitue pas un modèle achevé, j'évite l’écueil de tous les partis qui proposent un modèle clé en main tel le modèle capitaliste qui cache une tout autre réalité inné.
Elle vise à ouvrir un cadre d’analyse.
Son objectif est double : 1/ rendre visible ce qui, dans les systèmes économiques actuels, relève de constructions héritées ;
2/ explorer les conditions d’une évolution compatible avec les connaissances contemporaines sur le vivant, l’énergie et les systèmes complexes.
Conclusion
L’économie n’est peut-être pas ce que nous croyons qu’elle est.
Elle pourrait être, en grande partie, le reflet organisé de ce que nous sommes.
Si cela est le cas, alors la question n’est plus seulement économique.
Elle devient anthropologique.
Et c’est peut-être à ce niveau que se situe aujourd’hui le prochain déplacement nécessaire vers une étape lointaine de l’évolution culturelle de l’humanité, ce fut le glissement vers lequel je fut conduit par la pluralité des sciences en partant de l'anti capitaliste que je suis toujours tant que ce modèle dirigera le monde.
Je mets le lien ou cet essai peut être lu par tout le monde et en priorité les Agoravoxiens.