Tout le début de son discours aux jeunes est empathique et engagé. Et comment ne pourrait il pas l’être ? Elle demande pour ce chômage des jeunes français qui est le plus élevé d’Europe que soit appliquée " une république du respect" pour ceux qui ont travaillé à l’école et qui trouvent devant eux les portes des entreprises fermées. Elle propose un pacte de confiance que cette lutte contre le chômage des jeunes devienne une grande cause nationale. "Pas un jeune ne doit rester désoeuvré. Chaque jeune doit être soit en formation, soit au travail, soit en service civique. L’état, les collectivités territoriales, les associations, les entreprises, tout le monde doit se mobiliser." Toutes les entreprises bénéficiant d’exonérations de charges sociales ou d’aide économiques, auront en échange l’obligation de rentrer dans ce pacte de confiance avec les jeunes. Elle propose aussi pour la transition entre les seniors et le relai des jeunes dans l’entreprise " un dispositif de tutorat", que les associations agrées soient soutenues pour recruter des jeunes sans activité en service civique. Elle défend la formation par alternance, si peu exploitée en France, ou l’apprentissage, quel que soit le niveau d’étude, qui donnent à "80% des jeunes du travail. " c’est la clé d’un travail bien rémunéré, d’un travail respecté et d’un travail durable. Elle propose " une mobilisation nationale pour ouvrir ce champ de la formation en alternance et tout le monde doit prendre ses responsabilités. parce qu’on n’a pas le droit de fermer la porte a des jeunes qui veulent travailler. qui veulent se former, faire leurs preuves". Elle propose aussi la création de "bourse tremplin" qui aident les jeunes à lancer leur activité et dont elle est très fière puisqu’elles ont déjà créé 6000 emplois dans sa région sans compter les créations d’emplois induites.
Elle s’adresse ensuite plus particulièrement aux jeunes des banlieues.
" après les émeutes de 2005, rien n’a été fait pour arrimer plus solidement les quartiers populaires", et elle propose de travailler très étroitement avec les maires, les associations pour mettre en place une véritable politique de civilisation de ces villes laissées à l’abandon.
Elle en vient ensuite à l’éducation rappelant que " le respect des jeunes, c’est l’emploi. mais c’est aussi bien évidemment l’éducation, toujours l’éducation, encore l’éducation". Elle dit qu’elle reviendra sur les 41000 emplois supprimés dans l’éducation nationale, qu’il faudra " aider les enfants qui en ont le plus besoin, mieux former les enseignants à la difficile réalité de leur métier, mieux éduquer les enfants au respect des adultes, développer une école qui favorise tous les talents et la diversité, aider les parents à remplir leurs rôles, renforcer la sécurité à l’école, apporter du soutien scolaire gratuit et individualisé aux enfants qui décrochent"...
" oui, tout cela, nous le ferons..." finit -elle...
jusqu’ici, beaucoup diront "banal discours de gauche" " promesses, promesses"...
mais là où, à mon sens, Ségolène Royal est bien différente dans le paysage de gauche, c’est qu’elle sait avoir une forme d’exigence, de bon sens, qui, hélas et à tort, est souvent l’apanage de la droite...
elle dit et c’est sans doute pour ces phrases qui vont suivre que ce qu’elle dit au dessus prend tout son sens... " oui, tout cela nous le ferons. Mais je veux vous dire aussi, à vous les jeunes, et même aux plus jeunes, sans démagogie, je veux vous dire aussi la responsabilité qui est la vôtre. Certes, je veux que vous soyez respectés, et accompagnés dans l’éducation et dans l’emploi, je veux que cesse toute discrimination, et que la république considère à égalité tous ses enfants, ceux d’ici et ceux venus d’ailleurs. Mais vous aussi, les jeunes, vous avez une responsabilité à prendre. Oui, je vous demande de prendre vos responsabilités, et vous aussi, de vous comporter avec respect. Car il n’y a pas de droits sans devoirs. Je ne veux pas seulement vous plaindre, c’est la facilité des discours politiques. Non, je veux vous motiver, vous dire que pour réussir, vous devez travailler, et travailler dur, et d’abord à l’école. Car quand on a la chance d’avoir une école publique, laïque, gratuite et obligatoire, oui, il faut travailler dur à l’école, faîtes- le et dites le à vos frères et soeurs : on n’a rien sans effort, vous le savez parfaitement. Je veux vous dire que ce travail et cette réussite ne sont pas seulement importants pour vous, pour vos parents, pour votre avenir - c’est déjà très important- mais cela va bien au delà, car ce que vous ferez de votre éducation décidera de l’avenir de notre pays. Oui, l’avenir de la France dépend en partie de vous. Tout le travail et tous les talents de la france métissée doivent nous faire avancer. Oui, la france a besoin de la jeunesse des quartiers, de son intelligence, de son énergie. Nous avons besoin que vous nous aidiez à relever les défis les plus difficiles. Si vous ne le faites pas, si vous ne faites pas vos devoirs, si vous séchez les cours, si vous ne respectez pas vos enseignants, vous devez savoir que vous n’abandonnez pas seulement l’école et le savoir, vous abandonnez votre pays et pire, vous vous abandonnez vous même.
Alors je sais qu’il y en a peut-être parmi vous qui n’ont pas d’adulte dans leur vie qui leur donne le soutien dont ils ont besoin. Peut-être sans doute, c’est évident, que dans votre famille il n’y a pas assez d’argent pour boucler correctement les fins de mois, peut-être sans doute vous vivez dans un quartier où vous ne vous sentez pas en sécurité, où vous avez des amis qui vous poussent à faire des choses que vous ne devriez pas faire. Mais à la fin, rien de tout cela n’est une excuse pour négliger vos devoirs, pour manquer de respect, ou pour être absent à l’école. Voilà ce que je veux vous dire plutôt que de supprimer les allocation familiales de vos parents."
Voilà bien qui donne une teneur, un coffre à des propos qu’aucun à gauche, par angélisme, par peur imbécile d’être assimilé à droite, n’ose tenir alors que c’est responsable, courageux et osons le dire "couillu". Quand ségolène Royal parle de " gagnant gagnant", c’est bien plus qu’une simple formule. En parlant ainsi aux jeunes, elle met en balance ses propres promesses. Ca signifie ni plus ni moins " OK, on va faire ce qu’il faut, mais vous aussi, vous devez jouer le jeu"...
Prendre ainsi à parti les jeunes sur la place qu’ils auront dans l’avenir de notre pays, c’est une attitude très saine. Car clairement, elle dit bien que si la gauche passe, elle fera tout pour les aider...la balle est dans leur camp...
On y trouvera aussi ce fameux "ordre juste" qu’elle défend depuis le début. Quand on voit que nombre de jeunes méritants des quartiers populaires, qui ont fait des études et se sont "accrochés" ne trouvent pas de travail, ni de place dans la société, on ne peut s’étonner que leurs jeunes frères et soeurs ne comprennent pas forcément l’intérêt de l’école. Tout se tient. Il n’ y a pas d’ordre sans justice...ni justice sans ordre....
Voici la totalité du discours, des retraites à la place de la France dans le monde.