Le Défroqué socialiste et la Com à 2 Balles
par Christian
samedi 13 avril 2013
Toujours aussi mesuré dans son expression, Jean Luc MELENCHON, vient de qualifier les réponses de François Hollande à l’affaire Cahuzac de « Com à 2 balles ». Surpris moi ? Non ! Je sais que quoique fasse Le Président de La République, Mélenchon vitupérera dessus. Mais pourquoi au fait ?
Monsieur Mélenchon, ce défroqué socialiste, qui s’autorisait il y a peu encore à couvrir de noms d’oiseaux les transfuges PS ayant rejoint le camp Sarkozy, ne vaut guère mieux que ceux là. Certes, il n’a pas complètement déserté la Gauche lui, mais pour autant, n’est-il pas devenu l’ennemi intime du Parti auquel il doit tout.
- Y a pas si longtemps
- Lequel diable a-t-il trahi l’autre ?
Parce qu’il est loin d’être sot, il a choisi pour nouvelle cible François Hollande et son gouvernement. J’ai bien écrit « Nouvelle cible ». En effet, durant la campagne Présidentielle, sa « jument de bataille » était Marine Le Pen, qu’il allait réduire à peau de chagrin dans la besace des urnes. On a vu le piteux résultat de cette pathétique croisade. Le dédain avec lequel la Fille Le Pen le considère, ou plutôt le déconsidère, est insupportable à sa mégalomanie galopante. Pour sauver la face et préserver son aura il lui faut donc désigner à ses troupes un nouvel adversaire histoire de les galvaniser. Ce sera Hollande et son gouvernement.
Le voilà redevenu chevalier blanc à la faveur d’un contexte économique désastreux, propice à l’éveil des sourdes colères, à défaut de celui des consciences. Toujours prompt à se justifier, ce personnage aux contours sinueux nous explique qu’il a voté et surtout fait voter pour François Hollande, que sans le Front de Gauche celui-ci n’aurait pas été élu, qu’en conséquence il exige d’être entendu du gouvernement. Dommage pour lui, le tintamarre qu’il traîne dans son sillage jusqu’aux portes du pouvoir le rend inaudible. Et paradoxe, moins on l’entend plus il s’époumone au lieu de chercher le couloir d’un écho favorable.
Que vaut alors la sienne de Com ?
Elle est doublement désastreuse. Ses incessantes attaques contre le pouvoir pour lequel il dit avoir fait voter n’ont pour seule et triste vertu que de radicaliser une partie du corps électoral populaire de gauche, qui, par trop crédule, se voit déjà auréolée d’une chimérique cocarde citoyenne. Cet appel au peuple de gauche amuse la droite qui, à son tour, l’instrumentalise, de bonne guerre, jusqu'aux confins de la caricature, contre la majorité Présidentielle.
Mais il y a bien plus grave. Celui que d’aucuns considèrent comme le Tribun, devient le Fossoyeur de l’unité Républicaine. Avec ses discours vénéneux il divise le petit peuple en deux camps radicalement opposés. La gauche, celle qu’il croit bon de qualifier de "Vraie", et l’extrême droite, dans laquelle se réfugient bon nombre de petites gens qui n’ont rien à y faire, sauf à y noyer leur désespérance, accrue par le triste spectacle de la division consommée de la gauche.
Je sais la politique d’austérité à laquelle nous astreint Hollande, pas étrangère à cette désertion des plus modestes. Mais à quoi bon exacerber cette désespérance quand on se dit de gauche. La radicalisation gagne toujours plus d’espace sur le terrain social comme sociétal. Certains qui me liront affirmeront que Mélenchon me fait peur. Pas du tout. Tout au plus il m’inquiète, car s’il continue sur la voie de l’incantation insurrectionnelle, il prend le risque de paver son chemin d’exactions brutales, bien que vaines, menées par de braves gens aveuglés par l'exaltation mise en leur coeur, et qui devront, eux, en assumer les conséquences.
Je ne sais pas, ou plutôt ne sais plus que penser de .Mélenchon. Cet homme est habillé de paradoxes savamment orchestrés, mais dans quel but. Le sien ou celui de la collectivité ? A contre cœur, je pencherais plutôt pour le sien. Sans doute s’est-il senti trop à l’étroit au sein du PS, dans l’ombre de Jospin, pour exprimer pleinement ce qu’il considère être son talent. Le piteux congrès de Reims en 2008 lui donnera l’occasion d’aller voguer en d’autres cieux.
Mais reste une question. Qu’il le veuille ou non, pour beaucoup, y compris certains apparatchiks communistes, il reste « Un socialiste défroqué ». Or, à l’en croire lui-même, et répété en chœur par ses militants « On ne pourrait pas faire confiance à un socialiste »
Avez-vous la réponse ?
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