Le méchant Mélenchon rassemble 3 pelés et 1 tondu
par Bloom Ulrich
mardi 7 mai 2013
Le 5 mai 2013, on a chanté le blues.
Nous partîmes à trois de ma commune, traînant les pieds, malheureux déjà à l’idée du flop annoncé. Tous les indicateurs dans le rouge. On avait tellement le cafard qu’on a laissé nos drapeaux et notre ténacité à la maison, c’est dire. Et je vous raconte pas quand, changeant de métro à République, nous découvrîmes une rame désespérément vide ! L’horreur. On entendait les mouches voler. Arrivés à la Bastille, nous étions douze. Douze ! A regarder la pointe de nos chaussures sans trop savoir que faire…
Les discours furent longs, ennuyeux et sans propositions concrètes, comme d’hab’. A 15 heures enfin, sous un ciel lourd et noir hanté par les railleries des corbeaux, nos chefs décidèrent de nous ébranler. Nous étions maintenant dix-huit, renforcés par un seul monospace venu de province. Par un subtil système de miroirs destiné à tromper les médias, on pouvait vaguement imaginer que nous étions trente-deux, trente-trois. D’autant qu’arrivés à Nation, un bus nous ramenait illico à la Bastille, afin que nous défilions à nouveau. Pour faire illusion. Ingénieux, mais crevant.
Notre petite troupe sinistre, essentiellement constituée de personnes du quatrième âge et de péquenots qui n’avaient plus toute leur tête, était donc fort fatiguée à l’heure du thé. Sur le rond-point de la Nation, une vieille dame désespérée arrachait lentement de petites touffes d’herbe. A 16h30, la circulation était rouverte, et nous regagnâmes nos logis, dépités.
Mais ça, c’était avant que M. Valls, dans sa grande mansuétude, ne décide de nous remonter le moral. Par pure gentillesse. Il annonça à la télé que nous étions 30000 ! Oui, 30000. Oh, je savais bien, moi, que nous étions dix-huit grand maximum, mais l’intention me réchauffa le cœur. M. Valls avait même demandé à la préfecture de police, qui habituellement met un point d’honneur à ne pas chiffrer les défilés politiques, de nous compter très très large. Ils ont dit que nous étions plus nombreux que les anti-mariage gay ! Il est adorable, ce M. Valls. D’ailleurs, la prochaine fois, je crois que je voterai PS. Je verrais bien M. Valls président. Marre du Front de Gauche et de nos errances dominicales sur des boulevards vides !
Vive la 5ème République !
Bonus vidéo : Le blues du 5 mai.