Le mouvement universitaire : entre info et intox

par actu
mardi 12 mai 2009

Le mouvement universitaire

 

Après plus de 3 mois de contestations dans les universités : Que retient-on ? 

Hélas ! Peu de choses !

Excepté les différentes polémiques sur les formes de contestation novatrices, le conflit entre les chercheurs et le journal « le monde », où la détermination du gouvernement à faire croire que des extrémistes de gauche contrôlent le mouvement et le radicalisent.

En sommes, l’opinion publique soutient ou conteste ces grèves, mais ne sait pas toujours pourquoi elles ont pris une telle ampleur. 

En effet, la rogne qui vient des universités n’est pas nouvelle. C’est en quelque sorte la prolongation du refus de la loi Liberté et Responsabilité des Universités (LRU), et également celle du processus de Bologne qui aura 10 ans cette année. 

Les principales contestations se portent sur la Masterisation, le nouveau mode d’évaluation, l’augmentation de la charge d’enseignement et l’accroissement de l’autonomie des universités.

D’abord pour l’évaluation. 

La plupart des enseignants-chercheurs ne refusent pas l’idée d’une évaluation, mais souhaitent s’accorder sur des critères bien définis pour savoir par qui et comment ils seront évalués. C’est pourquoi ils rejettent la façon dont le décret envisage l’évaluation.

En effet, celui-ci prévoit d’évaluer les universitaires tous les 4 ans par leurs pairs à travers une instance nationale indépendante (C.N.U). Projet en théorie tout à fait acceptable.

Mais le président de l’université qui évalue, n’est en aucun cas (dans les textes) tenu de suivre les recommandations du C.N.U. Il aura donc tous les pouvoirs pour décider de favoriser ou non la recherche d’un enseignant et de définir les critères et les orientations selon (osons le dire !) une logique rentable. 

Et ce même président pourra désormais moduler la charge d’enseignement des universitaires.

Effectivement, un enseignant, donne en plus de ses activités de recherche 192h de cours.

Mais le décret permet au président de l’université de moduler la charge d’enseignement de 64 à 384h de cours. Et les suppressions de postes prévues, rendent inévitable l’augmentation de ces heures d’enseignements. 

 Bien qu’il faille l’accord de l’enseignant à qui on augmenterait ses heures de cours, il est impensable que celui-ci refuse. Puisque le président de l’université a , si le décret passe, de nouvelles compétences concernant les promotions et aménagement de carrière de ces mêmes professeurs.

Enfin, la mastérisation vise à économiser des fonctionnaires au détriment (a priori) de la formation pédagogique. 

L’idée étant de recruter les enseignants à Bac +5 plutôt qu’à Bac+4. Mais cela signifie que le décret remplace l’année de stage qui suivait la réussite du concours par 6 mois de stage non rémunérés (ce qui supprimerait l’IUFM).

Cette présentation succinte de la contestation du monde universitaire n’est pas exhaustive.

Ce décret qui promeut la mise en concurrence des universités et des diplômes. Ainsi qu’un désengagement de l’Etat et une uniformisation sur le modèle Anglo-saxon (Frais d’inscriptions compris) aurait des conséquences sur l’ensemble de la société

Il apparaît donc important que face à cette contestation qui ne désamplifie pas, l’opinion s’informe et se renseigne sur le mouvement.

On peut être étudiant et penser que l’on nous prend en otage. On peut être ouvrier de continental et penser que ceux qui protestent ne sont que des fonctionnaires fainéants.

Mais exigeons de savoir pourquoi ce mouvement jamais vu auparavant, revendique la suppression des différents décrets. Pour enfin condamner ou défendre cette contestation en toute connaissance de cause. 

D.Perrotin

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