Le (petit) salaire de labeur
par patrick Barbier
mercredi 26 octobre 2022
La France est vraiment un pays de feignasses. Enfin c’est comme ça qu’on nous le présente car parallèlement aux coups de boutoir contre l’assurance chômage du gouvernement et à la stigmatisation des branleurs, pardon des chômeurs, les médias ont trouvé un nouveau marronnier (sans doute murmuré à leurs oreilles par certains ministres et/ou communicants de la LREM) : les emplois non pourvus.
Sous-entendu, du boulot y’en a en pagaille mais plus personne ne veut bosser. Trop facile de se la couler douce avec les mirifiques 450 euros du RSA ou les allocations chômages versées à rien foutre (là, on oublie deux choses : Un, c’est que le chômage est une assurance donc versée en contrepartie de cotisations et deux, malgré la méthode Coué des macronistes, le marché du travail est sinistré vu qu’on supprime par paquets de cent mille les postes de fonctionnaires et qu’on a délocalisé nos industries dans les pays émergents où on peut faire bosser des gamins pour rien et des adultes pour… ben pour rien aussi.
Et c’est donc là qu’on nous ressort ces fameux emplois non pourvus. Exemple ô combien représentatif : la restauration… Il y a des dizaines de milliers d’emploi à prendre dans les restos, les bars, les hôtels mais personne n’en veut. C’est bien la preuve que les Français sont des cossards, non ?
Quelques études viennent un peu relativiser cette accusation, en général balancée par le patronat, les retraités réacs (pléonasme), les libéraux et les éditorialistes à écharpe rouge. Et quoi t’est-ce qu’elles disent ces études ? mmmmhhh ? En gros elles disent ce que dit l’appel à témoignages lancé par le journal Ouest France auprès des salariés de la restauration :
- Horaires élastiques (50 heures par semaine payées 1200 euros net sans heures sup payées ni récupérées).
- Vie sociale confinant au néant quand vous attaquez à 9h pour finir à 14h30 et reprenez à 18h30 pour fermer vers minuit. Ne comptez pas sur les week-ends pour vous rattraper vu qu’il est rare que vous ne soyez pas au charbon.
- Des vacances décalées par rapport à votre famille (si vous avez eu le temps d’en créer une) car c’est l’été en général que vous bossez le plus.-
- Quand vous êtes dans la restauration, il faut souvent compter les brimades et les humeurs du chef pour qui vous valez autant de respect qu’un étron négligemment lâché sur le trottoir.
- Quand le chef est sympa c’est souvent la clientèle chez qui est durablement implantée la certitude que vous êtes un larbin avec lequel on peut être grossier et agressif sans que cela porte à conséquence.
Toutes ces raisons font que faire ce métier, dur, exigeant, éreintant pour un SMIC à peine amélioré ressort du masochisme le plus pur. Autant gagner ce même SMIC même pas amélioré mais avec des WE, des jours fériés, des 35 heures et des horaires qui vous permettent d’avoir aussi une vie sociale dans n’importe quel autre boulot, y compris celui en usine.
J’ai bien une solution pour pourvoir ces emplois dont personne ne veut mais là on est carrément dans le bolchevisme anarchogauchiste cher à Elisabeth Borne qui les dépasse allègrement (les bornes pas les emplois... suivez, merde !) : c’est augmenter le salaire de base de ces métiers. En mettant un minimum de 2000 euros net mensuels en bas du contrat de travail. En CDI avec un treizième mois et rétrocession systématique des pourboires.
Pour débuter...