Le point de fuite et autres défaillances de perspective…
par Michel Koutouzis
jeudi 1er août 2013
Cette révolte permanente à la recherche d’un point de vue radicalement différent, d’une vision dynamitant la paresse du regard et la fatalité de la perpétuation d’un monde figé par les certitudes du dogme, a accouché du monde moderne. Libérant l’individu, pour faire simple, de l’administration politico – cléricale, il s’agissait à réussir de penser que, même si le point de fuite restait imparfait, il indiquait clairement que le dogme n’était pas infaillible et que d’autres regards et interprétations étaient possibles.
Un demi millénaire plus tard, la quête d’une perspective échappant aux clercs du nouveau dogme c’est-à-dire la contestation d’une voie se disant unique et couvrant l’entendement d’une chape de plomb, exige un point de fuite différent. Aux dogmatismes politico-économiques qui, s’appuyant sur des données mathématiques et des calculs binaires pour justifier leur vision totalitaire du monde et imposer leur point de vue érodée, les nouveaux contestataires pensent que la vérité réside dans les limites, et croient que l’aventure, encore balbutiante est possible par ce que, sans nouvelle approche, le monde se meurt de par ses certitudes.
A l’époque comme aujourd’hui, l’exigence de points du vue multiples, se situant désormais dans les limes du regard ne sont possibles que par ce que le dogme a lamentablement échoué, s’est perverti et surtout ne propose qu’une reconduction d’une esthétique qui oublie l’essentiel : son objet. Les chiffres des clercs ayant abandonné les hommes, ces derniers ne voient pas pour quelle raison cette perspective acculée devrait les enchaîner perpétuellement.
Une église se meurt quand les hommes n’y croient plus. Qui croit encore que ces nouveaux clercs Bruxellois, du FMI, de l’OCDE, leurs gouvernants ont une quelconque perspective autre que celle de se perpétuer ? Qui croit encore qu’ils sont infaillibles ? D’autant plus que, comme l’Eglise d’antan, ils ne savent plus qu’utiliser la peur, tiennent un discours mécanique et messianique loin de l’entendement, et, pour préserver leur point de vue, utilisent une palette infinie des violences, de chantages et des nouvelles indulgences ?