https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/https://hormon-osteoporosezentrum.de/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/https://akperstg.ac.id/
zonawin777zonawin777
Le possible des mondes

Le possible des mondes

par lephénix
mardi 21 avril 2026

La planète sera-t-elle un jour débarrassée du "capitalisme" qui menace son habitabilité ? L’existence humaine sera-t-elle délivrée du joug du productivisme, du totalitarisme marchand et des prétendues lois de la « raison économique » ? Une équipe de chercheurs invite à une expérience de pensée postcapitaliste : comment passer à une « civilisation » alternative, après le démantèlement de l’actuel « système productif-destructif » ? Ce grand basculement du quantitatif d’un économisme forcené vers la qualité de vie et le bien-être de tous n’ira pas « sans histoire » selon d’aléatoires « trajectoires de transition »...

 

L’espèce mutante homo digitalus, assignée devant ses écrans chronométriques sous une « dictature de l’urgence » permanente et de la connectivité généralisée, dispose-t-elle encore de l’énergie nécessaire pour rompre avec sa compulsion productiviste/consumériste comme avec son asservissement à la Norme accélérationniste et au Chiffre d’un capitalisme globalisé et spoliateur ?

Pourrait-elle encore activer des horizons vraiment désirables, bien au-delà des écrans de fumée de ce capitalisme extractiviste qui peine à « se perpétuer sur ses propres bases » (Anselm Jappe) ?

A-t-elle conscience des multiples expérimentations et alternatives au « vaste suicide social administré » (Josep Raffanelli i Orra) en cours ?

Qu’elles s’appellent « utopies réelles, espaces libérés, brèches ou stratégies interstitielles », elles lui permettraient « d’éprouver concrètement des manières de vivre qui ne répondent pas aux logiques du capitalisme ». L’historien médiéviste et contemporanéiste Jérôme Baschet les expérimente depuis 1997 à l’Universidad Autonoma de Chiapas, à San Cristobal de Las Casas (Mexique) où il enseigne. Dans l’ouvrage collectif qu’il codirige avec Laurent Jeanpierre, il rappelle que deux des principales conditions de « possibilité de la production capitaliste tendent à s’épuiser : le faible coût de la force de travail et le coût plus faible encore des ressources naturelles, celles-ci étant initialement réputées illimitées et gratuites, tandis que prévalait l’externalisation des conséquences écologiques de la production  ».

Lorsque la ruée vers les profits financiers n’est plus soutenue par une « production » réelle, la dilapidation d’une énergie monétaire tirée sur un avenir résiduel, désormais décrété « tout électrique », s’exacerbe avec de gigantesques empilements de dettes et de personnes morales fictives ainsi que sur l’ultime subterfuge d’un « capitalisme de la transition énergétique » arc-que-bouté plus que jamais sur « le maintien de l’impératif de croissance, à une numérisation généralisée et à une pression accentuée sur les minerais ». C’est là le nouveau « champ de l’accumulation capitaliste » avec « l’option privilégiée » de la guerre dont les destructions massives pavent la voie de « faramineux marchés de la reconstruction »…

 

En finir avec l’asservissement monétaire ?

 

Anitra Nelson (Université de Melbourne, Australie) rappelle que « la monnaie est intrinsèquement liée au concept de capital ». Elle joue un rôle déterminant dans l’accaparation du monde et sa dévastation. L’universitaire et militante définit le capitalisme comme un « ensemble de relations et de pratiques métaboliques et sociales, structuré autour d’une valeur politico-économique centrale : la monnaie ». Ainsi, les capitalistes utilisent la monnaie pour en générer davantage par effet de levier et divers montages : « En réinvestissant sans cesse la monnaie pour en générer davantage, les capitalistes privatisent toujours plus de biens, transformant en propriété privée des ressources qui étaient autrefois d’usage commun et accaparent ainsi la nature « plus qu’humaine » (…) Ainsi, les dynamiques monétaires entre les individus et une Terre privatisée se substituent-elles à l’auto-organisation et à la mise en commun  ».

Alors que la monnaie n’est pas rare et ne constitue en rien la richesse, elle accapare un temps et une énergie vitale qui pourraient être utilisés pour répondre à de vrais problèmes du monde réel. Dont le premier devrait être : quelles sont les vrais besoins des populations asservies à l’artificialisation comme à la privatisation de leur monde - et comment y répondre ?

John Holloway proclamait : « Abolissons la monnaie avant qu’elle ne nous abolisse ». Pour l’heure, « tant par notre travail productif que par notre consommation, nous servons l’accumulation du capital, que nous le voulions ou non » rappellent Foucauld Giulani & Anne Waeles pour qui « la destruction apparaît comme le résultat effectif du capitalisme qui nous configure en acteurs et en relais de cette destruction ».

En attendant que se dissipe l’envoûtement du récit dominant d’un individualisme férocement compétitif pour l’accaparation des véritables richesses du monde, « nous ne pouvons éviter une guerre de classes (…) contre ceux qui, par la magie de l’argent, possèdent et contrôlent notre Terre fragmentée et nos vies fracturées » (Anitra Nelson)…

Alors, sauver le vivant et la planète ou « sauver les banques » ? Sauver les vivants ou « sauver les riches » ? En somme, « être ou avoir » ? En théorie, l’un n’empêche pas l’autre… Ni de partager ou de mettre en commun ce qui permettrait à tous de subsister.

Au nom de quoi « l’argent investi » devrait-il se transformer sans répit ni fin en « davantage d’argent » si cela ne contribue pas à l’amélioration de la condition humaine ?

Foucauld Giulani et Anne Waeles en appellent à un « combat spirituel » entre « la domination et l’amour qu’il faut mener contre toutes les structures d’oppression, mais en nous-mêmes également ». L’amour inconditionnel contre la peur de manquer ou de « n’en avoir jamais assez » qui pousse les uns à s’enrichir envers et contre tous ? En somme, à quoi croyons-nous ?

 

Démanteler : vers un retrait organisé ?

 

Alexandre Monnin (Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne) invite à penser « l’épreuve démocratique » du démantèlement d’un système devenu insoutenable et d’une Technosphère se reproduisant « selon une logique autophysique et néanmoins décorrelée du vivant, bien qu’ayant prise sur ce dernier et le menaçant pour cette raison même  ». C’est bien là « le problème contemporain », celui de « l’inorganique devenu organisant » - l’ « effet zombie » d’un principe organisateur « détaché des principes caractéristiques des milieux soutenables, opérant une coupure dans l’histoire du système Terre vis-à-vis du vivant comme des grands cycles biogéochimiques ».

Le démantèlement est envisagé comme une « modalité légitime et omniprésente de l’action publique, réorientée vers la soutenabilité forte  » et inclut toutes « formes collectives de décision, de soin et d’orientation » autres qu’étatiques. Il peut se concevoir comme une « transformation d’usage, une désactivation partielle, un détournement infra-politique des dispositifs hérités  ».

Déjà faudrait-il « reconnaître l’impossibilité de maintenir certains régimes de la Technosphère, tout en organisant leur retrait de manière responsable ». Et mettre en place une « infrastructure soustractive » (Yves Citton), « à rebours de celle qui organise la croissance des flux, des sollicitations et des mises en tension » afin d’orchestrer une pause nécessaire, une atténuation, une désactivation en douceur.

Démanteler, « c’est prendre acte de la saturation du monde par des infrastructures devenues intenables, tout en refusant l’illusion de la table rase  », c’est une « politique du désenchevêtrement, qui n’évacue pas le conflit mais le déplace : du front de l’innovation à celui du discernement, de celui de l’investissement à celui du retrait  ». Ce qui appelle de « nouveaux dispositifs de solidarité, de mémoire, et de redistribution  » comme une « reformulation lente, conflictuelle et située  » du politique.

Le démantèlement ne « promet pas l’ouverture d’un autre monde mais la possibilité de se désengager partiellement de celui-ci – pour que d’autres manières d’habiter puissent émerger, et pas seulement dans les interstices  ».

 

L’ouverture des possibles

 

Ainsi, le « monde d’après » peut faire l’économie du scénario fatal de l’effondrement total. Alors que se préciserait la faillite hydrique d’un système Terre asséché par les chimériques exigences de valorisation d’un capitalisme prédateur, il s’agit bien « d’amplifier l’ouverture des possibles », une fois admise l’évidence que « la seule limite vraiment absolue du capitalisme, c’est l’extinction de l’humanité à laquelle, en effet, il pourrait bien conduire » (Jérôme Baschet)... L’urgence bien comprise, c’est la désactivation de la « matrice productiviste d’un type de société organisé autour de et pour la production marchande  » – et guerrière.

Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre ne s’interdisent pas d’en appeler à l’hypothèse de « subjectivités postcapitalistes caractérisées par une moindre tendance à la conflictualité ». Pour eux, « les tensions liées à l’usage des ressources naturelles devraient diminuer une fois éliminés les mécanismes productivistes et extractivistes du capitalisme et adoptés des principes de sobriété matérielle et de respect des milieux de vie »…Ils envisagent, « plutôt qu’une paix artificielle au prix de la soumission », une « harmonie conflictuelle » c’est-à-dire un « état social où le conflit devient moteur de créativité collective et non facteur de destruction  ».

La créativité non entravée d’hommes et de femmes interagissant avec la matière du monde pour déployer de l’habitable et du bien-vivre constituerait le scénario rêvé du « dépassement le plus heureux du capitalisme ». En somme, rien moins qu’une fraternelle conflictualité en une « pluralité féconde » vers une « déséconomisation » voire une « désurbanisation » de l’existence...

Cela suppose l’existence, même résiduelle, d’un « peuple » non soluble dans ce qui fut de la « gouvernance globale » ainsi qu’une non moins heureuse convergence entre capacité coopérative, art de prendre soin du collectif, accomplissement de potentialités individuelles et aptitude à prendre collégialement les décisions non plus comme « économiques » mais à les vivre en conscience comme de véritables choix de vie qui engagent une « civilisation ». Pour François Jarrige, «  imaginer un monde postcapitaliste implique nécessairement de poser la question des techniques, c’est-à-dire du type d’objets, d’infrastructures et d’équipements qui accompagneront les rapports sociaux et façonneront les systèmes productifs, et donc les relations que les êtres vivants entretiendront entre eux et avec leurs milieux  ». Ainsi, un monde postcapitaliste « devra commencer par se libérer de l’économie des promesses technologiques hors-sol actuelles, de la fascination pour l’innovation portée par les acteurs économiques dominants, en rouvrant le champ des possibles  ». Ce qui passe par le refus des « trajectoires délétères actuelles », la défense des « arts du bricolage pour réinventer un autre rapport à la technique faite de soin et de débrouille, source de créativité et d’un rapport vivant à la matérialité du monde ».

Pour l’heure, les aspirations à cette vie désirable s’affirment en poussées saxifrages dans « les interstices de la domination économique » et de la compulsive dévastation d’un monde sursaturé par des artefacts technologiques conçus en instruments de puissance, selon une conscience aigüe de devoir vivre désormais « au niveau de nos moyens ». C’est-à-dire dans le respect des « cycles et des échanges métaboliques de toutes les formes de vie (biosphère) entre pédosphère, hydrosphère et atmosphère » souligne Sébastien Marot pour qui « les mondes postcapitalistes sont nécessairement posturbains ».

Ces temps de haine et de destruction planétaire s’achèveront en désescalade irréversible vers un tout autre « ici et maintenant », certes non point édénique mais libéré des flux de modes de vie bientôt révolus et de systèmes techniques insoutenables. Un atterrissage en douceur vers cet « après » ne va pas « l’émergence d’une masse critique de personnes et de mouvements disposés à s’attaquer aux macroforces de la destruction et de l’exploitation  » (Ashish Kothari).

En somme, un retour du « politique » en champ de transmutation d’une gouvernance sans peuple et une gestion du vide vers une symbiocène, c’est-à-dire une ère de coopération véritable avec le règne du vivant ?

Ainsi, la Terre redeviendra un lieu habitable non soluble, comme ses populations, dans l’illusion hystérisée de fluidité universelle, de gouvernance globalisée et de puissance illimitée.

Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre (sous la direction de), Mondes postcapitalistes, La Découverte, Cahiers libres, 900 pages, 34 euros


Lire l'article complet, et les commentaires





https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://simseam.ft.uns.ac.id/https://sipil.ft.uns.ac.id/slot gacorhttps://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/slot gacorhttps://akperstg.ac.id/https://fisip.uisu.ac.id/https://web.pn-sidrap.go.id/
https://hormon-osteoporosezentrum.de/judi bolahttps://saopaulodeolivenca.am.gov.br/slot gacor