Le PS sous une burqa de contradiction, de malhonnęteté et d’imposture
par Paul Villach
vendredi 8 janvier 2010
On reste stupéfait, les bras ballants. Les leurres agités par le Parti Socialiste pour refuser une loi interdisant la burqa, sont cousus de fil blanc. Le porte-parole du parti, M. Hamon, a résumé ainsi sa position sur RTL, le 6 janvier 2010.
1- « Le Parti socialiste a débattu, a-t-il dit, il a rappelé des principes : nous sommes totalement opposés à la burqa, la burqa est une prison pour les femmes. Dans la République, elle n’a pas sa place mais une loi de circonstance n’aurait pas les effets escomptés. »
2- « Dans cette affaire, on est confronté à une forme de dérive d’un certain islam », mais « il ne revient pas à un État d’apprécier ce qui est la bonne interprétation des écritures, sur ce qui serait dans le Coran ou pas dans le Coran, ce qui serait dans la Bible ou pas. »
3- « Nous pensons que plutôt que de faire une loi qui serait une loi de circonstance, il faut utiliser tous les instruments que nous propose le droit pour faire en sorte, aujourd’hui, que ces comportements soient condamnés quand ils sont encouragés. »
4- « Qu’on ne fasse pas une loi dont on ne voit pas très bien comment elle serait appliquée » « Si demain on ne pouvait pas dans l’espace public porter la burqa, de quelle manière les forces de l’ordre arriveraient-elles à amener une femme à abandonner cette burqa. La pousseraient-elles à enlever son voile ? »
On est d’abord choqué par une première contradiction. La burqa est qualifiée de « prison pour les femmes » : elle est donc attentatoire à la liberté de la personne ; mais le PS refuse d’user de l’instrument protecteur de la liberté qu’est la loi. On imagine ce qui serait advenu dans le passé si le même raisonnement avait été tenu sur l’esclavage, le travail des enfants, le travail des adultes sans limitation de durée, la non-séparation de l’Église et de l’État, l’absence de congés payés, de sécurité sociale, etc. Des recommandations, des patenôtres auraient-elles suffi pour interdire les uns et organiser les autres ?
Prétexter, d’autre part, pour s’y opposer, qu’une loi interdisant la burqa serait inapplicable, est cette fois un bobard malhonnête. Toute loi présente des difficultés d’application plus ou moins grandes. La plus insurmontable, comme il arrive souvent, est d’abord le refus de l’appliquer. Il existe, ensuite, des pondérations à l’appréciation du pouvoir exécutif et de l’autorité judiciaire.
La première application, cependant, n’est pas la répression, mais la seule publicité de cette loi en faisant connaître aux citoyens les règles de la République. Promulguer une loi d’interdiction aurait un effet dissuasif et serait un avertissement clair pour les islamistes sur la détermination de la République à faire respecter les droits de la Personne. S’ils s’en trouvaient, toutefois, pour oser transgresser la loi, ce serait aux pouvoirs publics de sanctionner les contrevenants.
Le PS qui a été au pouvoir, est-il si dénué d’imagination pour inventer les procédures appropriées ? En revanche, proclamer d’entrée son refus d’une loi est un aveu : les droits de la Personne, quand il s’agit de la femme, ne méritent pas la protection que seule la loi garantit. Les Islamistes ne sont pas fous, ils reçoivent le message 5 sur 5 ! Ils savent qu’ils ont alors le champ libre pour continuer à étendre sur le pays l’ombre de leur mythologie obscurantiste.
4- Une imposture
Le summum est enfin atteint quand le PS sombre dans l’imposture en prétendant qu’il n’appartient pas à « un État d’apprécier ce qui est la bonne interprétation des écritures, sur ce qui serait dans le Coran ou pas dans le Coran, ce qui serait dans la Bible ou pas. »
Mais qui demande à l’État de jouer les théologiens ? Il lui est seulement prescrit de jouer le Républicain, c’est-à-dire de faire son simple travail en imposant le respect de la Constitution et des droits et devoirs qu’elle garantit ou exige. Sur le territoire de la République, la liberté religieuse ne peut signifier la liberté de violation des droits de la personne. Que les pouvoirs publics y veillent ne signifient pas qu’ils s’immiscent dans des interprétations doctrinales. En revanche, aucune liberté religieuse ne peut autoriser quiconque à prendre des libertés avec les droits de la Personne. Si, comme le PS le soutient avec raison, la burqa et le voile en général est « une prison pour les femmes », le devoir de la République est de les en libérer et d’empêcher de nuire ceux qui veulent les y maintenir !
Le PS rejoue la comédie de « Tartuffe » à sa façon : le dévot légitime sa convoitise de la femme de son hôte sous prétexte d’ « d’admirer en (elle) l’auteur de la nature » et d’honorer « (le) plus beau portrait où (Dieu) lui-même s’est peint. » Le PS consent à la ruine des libertés républicaines sous couvert de respecter la liberté religieuse.
Contradiction, malhonnêteté et imposture, voilà qui fait beaucoup pour un parti qui souhaite revenir au pouvoir. Quand il y était, c’est vrai, on l’a vu moins précautionneux pour détruire la grande loi libérale d’accès aux documents administratifs nominatifs du 17 juillet 1978 : il a fait voter en catimini la loi du 12 avril 2000 qui a interdit toute communication à sa victime d’une lettre de dénonciation la concernant. La Gauche plurielle, emmenée par Lionel l’ancien trotskyste et Jospin le socialiste, avec la complicité du Président Chirac, a rétabli ainsi en France la protection du délateur en rejetant sans état d’âme le débat contradictoire et sans que ça gêne quiconque, à de rares exceptions près. Paul Villach