Le racisme, faux prétexte !

par danielli
jeudi 1er mai 2008

Halte aux carnages, aux meurtres, aux massacres, nous valons bien plus que de repartir vers des horizons horribles et chaotiques qui nous tueraient.

Interrogeons-nous sur le racisme...

Pour avoir vécu la période d’après-guerre et avoir lu dans le regard de mes parents et grands-parents l’horreur de celle-ci, je ne peux que constater qu’elle est et reste la plus atroce des périodes qu’ils ont pu vivre.

Et pourtant, force est de constater chez les Européens un manque, une volonté latente de recommencer, de remettre au goût du jour cette violence trop longtemps réfrénée.

Alors, quoi de plus logique que de trouver dans l’immigration, ou tout simplement dans la différence de l’autre, les motivations que l’on ne peut trouver ailleurs. Quoi de plus simple que de rejeter sur les plus faibles, les moins nantis, les raisons d’un massacre programmé.

Aurions-nous peur de nous-mêmes, de notre culture, de nos connaissances ; aurions-nous perdu toute confiance en nos politiques, nos amis, nos parents voire nos enfants ? Ou encore craindrions-nous de perdre nos biens, notre argent, notre confort, nos habitudes, notre petit train-train quotidien qui nous maintient dans la guimauve des émissions de télé particulièrement avilissantes.

Les guerres ont pour motivation première l’ennui, l’absence de repères, l’absence de bonheur. Certes le bonheur nous le possédons, mais sommes-nous encore assez intelligents pour le comprendre, pour l’apprécier ? Je ne le crois pas, je ne le crois plus. Les signes d’une société malheureuse sont nombreux. La recherche du sensationnel, de la peur, de l’inconnu pour mieux apprécier ensuite le calme, le repos, la sécurité, n’est-ce pas là, actuellement, notre première recherche ?

Entrer dans une guerre c’est perdre la raison, c’est entrer dans l’absurde de devoir trouver des motivations à notre appétit sanguinaire. C’est enfin trouver la raison aux meurtres, aux crimes, aux massacres de gens contre lesquels nous n’avons simplement aucun reproche à formuler.

Les vrais ennemis résident en nous et c’est en nous que nous devons chercher les solutions à nos problèmes, à cet ennui qui nous paralyse et nous pousse à reporter sur l’autre les échecs de notre laxisme, de notre égoïsme.

Les guerres d’antan ont toujours été motivées par la peur de l’autre et le manque de confiance en soi. Les guerres de religions ont fait souffrir des millions de gens dans le monde et ça continue. Quand mettrons-nous un frein à cette belligérance religieuse, quand aurons-nous assez de force pour faire taire ces diseurs de bonne aventure religieuse, ces manipulateurs de textes sacrés, ces interprètes de la bonne parole ?

Il faut avoir le courage de refuser les diktats et/ou les omertas religieuses. Le courage de dire aux curés, aux pasteurs, aux rabbins, aux imams que ça suffit, qu’ils ont trop de sang sur les mains, qu’on doit cesser de tuer au nom de Dieu, que lui là-haut, Il n’en peu plus !

Les guerres racistes et xénophobes nous démontrent leur absurdité. Quand bien même l’autre est différent par sa culture, sa couleur, ses coutumes et ses mœurs, qu’est-ce qu’il est utile alors qu’il devient notre ami ! A ce moment tombent les différences, le voile se déchire, on en vient à prendre sa défense, on crée des comités de quartier et on crie haut et fort qu’il est inadmissible de le renvoyer dans son pays.

Lors de mon remariage, j’ai choisi comme témoin un pasteur haïtien noir de peau et vivant en Haïti, ma femme, d’origine européenne, est convertie depuis plus de vingt ans à la religion musulmane et je suis chrétien. Quel bonheur, quel amour est né de cet « assemblage » hétéroclite ! Le choc des religions ? Pas du tout. Un respect dans la franchise et dans l’acceptation de l’autre, des autres.

Lorsque je me suis trouvé seul, vraiment seul au sud d’Haïti, c’est ce petit bonhomme noir de peau qui m’a tendu la main, qui m’a donné à manger et à boire. Les Européens était confortablement installés devant la télé, alors que les balles sifflaient au-dessus de la chambre où j’étais « installé ».

Lorsque je me suis trouvé seul, c’est Elle, la musulmane qui, contre la volonté de ses pairs de religion, m’a tendu la main, m’a donné à manger et à boire.

Ne me parlez plus de différence, ceux qui m’ont aidé dans les moments « très » difficiles, ce sont ceux qui n’avaient aucune raison de le faire. Gardons-nous de rejeter les autres sous des prétextes futiles, demain nous en aurons besoin.


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