Le service minimum : vivement le premier janvier 2008 ?
par Statis
jeudi 18 octobre 2007
Une des priorités du président Sarkozy était de mettre en place un service minimum dans les transports en commun. Ce qui a été effectué cet été, mais en faisant beaucoup de mécontents : les salariés qui trouvaient leur droit de grève réduit et les usagers qui trouvaient que cela n’allait pas assez loin. La grève massive de jeudi 18 octobre pour préserver les régimes spéciaux semble confirmer que le droit à chacun de se déplacer n’est pas respecté. L’application stricte de la loi votée, qui commence seulement au 1er janvier 2008, évitera-t-elle ce genre de situation ?
Les priorités du président Sarkozy fraîchement élu étaient de mettre en place un service minimum pour préserver le droit de chacun de pouvoir se déplacer, de débloquer l’Union européenne coincée depuis le non français à la Constitution européenne, de réformer les universités pour qu’elles puissent égaler les universités étrangères, de mettre en place un bouclier fiscal pour éviter les départs des Français les plus fortunés, et de défiscaliser les heures supplémentaires pour que chacun puisse gagner plus en travaillant plus. Il faut avouer que tout ceci a été "fait" cet été. Cependant beaucoup se demandent encore si cette agitation n’était que politique avec autour beaucoup de bruit pour rien.
Concernant le service minimum, la réforme a fait de nombreux mécontents : les salariés des transports en commun qui trouvent leur droit de grève réduit et les usagers qui trouvent que cela ne va pas assez loin. Le droit de grève devient plus encadré qu’avant, mais les usagers ne pensent pas avoir la garantie de trouver un mode de transport en commun pour rentrer chez eux le soir après une journée de travail.
Toutefois l’application stricte de la loi votée commence seulement au 1er janvier 2008. Nous ne pourrons donc pas savoir tous les effets qu’elles comportent avec la grève de jeudi. En revanche une chose est sûre d’après les premières informations : le service minimum sera loin d’être assuré ce jeudi.
En effet, la grève pour les régimes spéciaux de retraite promet d’être massive notamment à la SNCF et à la RATP. La SNCF ne prévoit que 50 TGV sur 700 en circulation sur le réseau national et des régions privées totalement de trains. La RATP prévoit un trafic proche de zéro sur les lignes A et B du RER, quelques métro seulement et 15 % de bus. Les provinciaux semblent aussi mal lotis avec leurs transports en commun locaux.
Ces prévisions sont difficilement conciliables avec un droit à se déplacer : pour aller travailler, pour faire garder ses enfants, pour s’occuper d’un parent malade... Elles vont pénaliser davantage les ménages sans voiture que les autres : pas très sociale ni très environnementale, cette grève ? Pas vraiment plébiscitée d’ailleurs : d’après les sondages, plus de la moitié des Français sont contre la grève de jeudi.
Alors, vivement le premier janvier 2008 ?
Statis