Les écologistes contre-nature
par Jean-Paul Foscarvel
lundi 9 février 2026
Comme les socialistes peuvent être qualifiés d’anti-sociaux, les écologistes peuvent l’être de contre-nature.
Comment ce paradoxe a-t-il pu se produire, et quelles en sont les modalités ?
À l’origine, Roger Dumont qui s’était présenté aux présidentielles, avait créé un choc, mettant en exergue le besoin de protéger la nature contre les excès de l’humanité. Une émission comme « La France défigurée » montrait les méfaits de l’industrialisation et l’urbanisation sans borne. Son souci était vraiment la protection de la nature, les gaspillages des ressources, l’extension sans fin de la pollution, la menace sur le paysage et l’extinction des espèces.
Depuis, le vocabulaire a changé. Il ne s’agit plus d’être attentif à la nature, mais de protéger l’environnement. Ce n’est plus la nature en soi qu’il s’agit de protéger, mais notre environnement, ce qui n’est plus la même chose.
Avec le Giec, il ne s’agit même plus de protéger l’environnement, mais de « décarboner », ce qui est encore autre chose. Le réchauffement climatique, et quasiment lui seul, est désormais au centre de l’agenda écologiste. Il n’est plus question de sauver la nature, mais de restreindre les émissions carbone.
Supposons que cela soit vrai, il faut alors questionner la méthode, et en analyser les conséquences.
La méthode a été celle du marché. Un marché du carbone, en bonne société capitaliste, est apparu. Et en Europe, des restrictions se sont imposées aux populations. Une idéologie est née, qui ne condamne pas le système capitaliste, porteur de la nécessité de croissance par celle des profits, mais les usagers du système qui ne peuvent faire autrement pour vivre que de se chauffer, se transporter, se vêtir, s’instruire, travailler, se soigner.
Il ne s’agit pas de transformer le système afin qu’il soit résiliant, mais de poursuivre sans fin la croissance des profits au bénéfice d’une oligarchie dont les dossiers Epstein montre à quel point son hybris n’a pas de limite.
Car elle-ci avait trouvé la parade par l’immatériel, basé sur les Gafas, l’industrie pharmaceutique et la haute finance. Il s’agit de faire disparaître le matériel. Il y a donc une alliance objective entre l’oligarchie et les écologistes.
Le but n’est alors plus de défendre l’environnement, mais de restreindre les libertés des populations afin qu’elles ne dépensent plus pour le matériel, mais pour l’immatériel, c’est-à-dire les services, notamment numériques. Il s’agit de dématérialiser l’économie.
Remplacer les véhicules automobiles thermiques par des voitures électriques va dans ce sens, les coût des fabrication étant minimisés par rapport aux coûts de conception.
Mais l’immatériel demande des ressources énergétiques de plus en plus importants, c’est le revers de la médaille que le système capitaliste est en train de découvrir, jusqu’à la possible mise en cause des profits mirobolants.
Comme les écologistes ne supportent pas le nucléaire et ont assez d’influence pour que la France perde ses avantages en ce domaine, et que le thorium apparaisse de plus en plus comme une alternative plus sûre et pérenne, il faut des éoliennes et des panneaux solaires en masse. Ce qui implique la destruction des paysages, des terres agricoles, des forêts, et la continuité de la défiguration de la France. De plus, ils sont favorables à la guerre contre la Russie avec le boycott des énergies bon marché venant de ce pays.
Par conséquent, leur agenda prévoit l’économie d’énergie à tout prix. Donc l’isolation de l’habitat. En soi, c’est une bonne idée, mais l’étendre à tout le pays par des lois liberticides est une autre chose. Le petit pavillon est désormais honni. Il faut entasser les gens dans des grands immeubles afin de densifier. Toujours plus haut, toujours plus dense.
La destruction du patrimoine architectural populaire est désormais le moyen d’aboutir au résultat attendu, la densification à outrance. Et ceci de deux façons.
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La première est la destruction pure et simple de ces pavillons, avec leur flore et leur faune, abritant souvent des moineaux, des mésanges, des chats, des arbrisseaux, des herbes, des papillons, bref une part de nature qui égayait les villes en leurs abords. Tout cela est rasé pour être remplace par des « écoquartiers » sans flore ni faune en dehors de parfois au mieux un carré vert d’un mètre sur deux pour un immeuble de sept étages.
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La seconde est l’isolation par l’extérieur pour des immeubles plus hauts et plus chers à démolir. Des immeubles en pierre, en briques, voire en torchis, construits aux siècles passés avec le savoir faire de l’époque, sont recouverts de polyuréthane ou de fibres de verres, qui peuvent s’avérer être toxiques ou inflammables, sur lesquels on installe des plaques industrielles en matériaux bon marché, et la plupart du temps très laids. Il s’agit bel et bien de la destruction d’un patrimoine centenaire. De plus, ils empêchent les oiseaux de nicher.
Ce sont bien les écologistes qui portent en eux cette idéologie destructionniste via leurs dogmes.
Idéologie qui va à l’encontre des populations et non du système. Il suffit de rouler sur une autoroute en semaine pour constater que les trains de camions ne cessent de parcourir la pays, avec leur lot de pollution de bruit et d’accidents. Mais ce sont les particuliers que l’on accuse.
Au lieu de favoriser le ferro-routage, on brime le citoyen au point de finir par lui empêcher de se déplacer. Au lieu de favoriser la nature dans les villes, par des immeubles réellement verts (voir exemple) on la chasse au contraire, avec elle ceux qui avaient mis leur vie à construire un havre de paix qui est désormais menacé.
Dans tous les cas, ce sont les profits capitalistes qui sont soignés, non les citoyens, et encore moins la nature. Pour l’énergie, c’est la privatisation des moyens d’en avoir, pour les automobiles, c’est le passage à l’immatériel, et pour l’habitat, ce sont les profits des promoteurs immobiliers par l’augmentation de la surface vendue en rapport à celle achetée.
Les écologistes sont-ils, désormais, non plus les amis des animaux ou de la nature, mais les amis de l’oligarchie ?