Les excuses
par Dancharr
mercredi 29 octobre 2025
"Je suis navré", "Je m'excuse", Je vous demande pardon" sont les formules universelles pour exprimer le regret après une faute, une erreur, un mensonge. Mais si la forme est commune , le fond varie selon les cultures, le pays.
Chez nous, l'excuse est une simple formule de politesse employée dans les occasions les plus banales. On demande pardon de demander quelle heure il est, où se trouve cette rue. Elles deviendront une litanie si vous avez marché par inadvertance sur un pied, bousculé un quidam dans la cohue, passé devant la dame sans faire attention. Par contre, jamais un ministre ne s'excusera d'avoir été un mauvais ministre, un président d'avoir conduit son pays à la faillite, un général d'avoir été un mauvais stratège, un directeur d'avoir dirigé la société dans un mur. Ils ne s'excusent pas car ils ne se sentent pas responsables. La faute revient aux circonstances et à ceux qui les ont placés à un poste trop grand pour eux. Il n'y a pas que les politiciens qui refusent : les enseignants ne le font pas quand leurs élèves sortent de l'école sans savoir lire, écrire et compter, les juges quand ils mettent en prison un innocent, le banquier qui vole un client, etc..
On voit que l'excuse est une valeur à étages. On a l'excuse à la japonaise qui a une grandeur, une dignité qui allège et fait pardonner ; On remercierait presque le coupable de nous avoir fait l'honneur de nous la présenter. La version américaine est son antithèse ; vulgaire, insincère, répétitive. Elle exprime les valeurs d'une société bâtie sur l'argent, l'apparence, le mensonge, l'arrogance. La française est tout autant médiocre . Elle se veut l'expression d'une politesse digne d'un aristocrate. Ce n'est qu'un singerie de plus dans la comédie humaine. S'excuser pour des choses qui le méritent nous est impossible car c'est un aveu de faiblesse qui dépasse les forces même de ceux qui en ont.