Les indignés, atout de Valls
par SO
mardi 6 mai 2014
Gauche incompétente, Valls omniprésent
Que ce soit en matière de justice, d’éducation, de politique intérieure ou de gestion, le bilan actuel est catastrophique, jamais un gouvernement de la V ème république n’aura paru à ce point incompétent.
Cette incompétence est soigneusement entretenue, affichée sans détour à travers des réformes au mieux inutiles, au pire scandaleuses et contre productives.
Cet amateurisme clairement affiché n’a pour seule fonction que de mettre Valls en valeur, sur tous les fronts il tente d’apparaître comme le seul capable de sauver le navire, ou du moins de lui donner un cap.
On peut considérer qu’il ne s’en sort pas trop mal à la vue de sa côte de popularité qui reste relativement stable, alors que celle du président et du reste du gouvernement est en chute libre. A ce jour, un Français sur trois lui fait confiance. L’objectif étant évidemment de gagner, d’ici 2017, la confiance des deux restants.
Nous pouvons parier que d’ici 2017, Valls fera de l’œil aux électeurs UMP et FN avec des réformes ou des actions coup de poing sur l’immigration et l’économie.
Parions également que le gouvernement fantoche actuel sera « remanié », pour ne pas dire dissout, puis remplacé par une équipe bien plus qualifiée et fidèle à toute épreuve à Manuel Valls.
François Hollande quant à lui sombrera dans l’oubli, et ne restera dans les mémoires que comme étant le plus médiocre, au grand bonheur de Valls.
Pour résumer, le mandat actuel n’est qu’une campagne géante destinée à propulser Valls en tête du PS.
L’insurrection est morte…
Cette incompétence du gouvernement, ne manque pas de révulser les citoyens.
A ce jour, une grande partie de l’opposition (populaire) s’est rassemblée derrière Dieudonné, son mouvement de la quenelle, et autres « jours de colère ».
Mais ceux-ci ne sont pas un danger pour Valls. Au contraire c’est une aubaine.
Une aubaine dans le sens ou tous les dissidents viennent d’horizons bien différents mais sont regroupés derrière une même bannière.
On y trouve évidemment beaucoup de partisans de l’antisionisme, fer de lance du mouvement, mais également des membres de la gauche travailliste, de la droite républicaine, des patriotes, des conservateurs, des étudiants, des nationalistes, liste non exhaustive..
C’est cette hétérogénéité dans le mouvement qui fera le bonheur de Valls car tous ces gens-là, malgré ce rassemblement, spontané et fortement opposé à sa politique, ne sont clairement pas destinés à s’entendre de manière définitive.
Car même s’ils sont aptes à s’insurger en cœur, et à appeler à la révolte, pas de programme commun, viable et concret, hormis les thèses complotistes nationales-socialistes d'Alain Soral qui ne regrouperont qu'une infime minorité des détracteurs du système politique.
Et lorsqu’ils se projettent dans un futur qui dépasse les 6 mois, tous regagnent leurs bords. Les républicains restent républicains, les travaillistes restent travaillistes, et les militants FN restent FN.
Tout ceci illustre finalement, la destinée qui attend la dissidence à moyen ou long terme, la dissolution par la mésentente.
De plus toute idée de révolte, aussi justifiée soit-elle, ne sera jamais concrétisée tant que le français moyen aura un reste de nourriture dans son frigo, des crédits à payer, des aides sociales et que les chars russes ne menaceront pas l'intégrité de son territoire.
Il n'ira pas risquer sa vie dans la rue pour dénoncer le parti pris de son gouvernement dans la politique d'Israel au Moyen-Orient. Même si le sort des palestiniens lui fait verser une larme de temps en temps dans le quart d'heure qui précède son sommeil, il a une famille à nourrir et à protéger et il a quand même le sens des priorités.
Certes ce n'est pas le seul point contre lequel il s'insurge, mais quand bien même, on ne risque pas sa vie tant qu'on a du pain. Peut-être une fois, pour essayer, mais sur le long terme l’émotivité ne paie pas, surtout si l’on n’a pas de programme concret.
Et Valls aura raison..
Ce qui ne manquera pas d’échapper à Valls, c’est que toute son opposition (populaire) est appelée à être étouffée dans le même œuf, malgré la grande diversité de celle-ci.
Ce qui lui épargne de faire l’effort de diversifier ses arguments pour les contrer, il resservira le sempiternel « Ce sont des antisémites, et il faut les combattre ».
Et malgré sa mauvaise foi, il aura raison. Il aura raison car deux options s’offrent à lui pour tuer ses adversaires.
La première est que le mouvement s’essouffle par lui-même à cause des dissensions internes.
L’autre option, serait que les plus ultras de ses détracteurs en viennent aux mains.
Car il ne faut pas le nier, dans cette masse de révoltés, on trouve quelques énergumènes dont le sionisme sert à couvrir une haine du juif bien plus profonde, certes ces personnes ne représentent qu’une ultra-minorité. Mais c’est sur ceux-là que Valls compte pour lui donner raison.
Imaginez deux minutes que sa politique à peine dissimulée qui consiste à diviser pour mieux régner, porte ses fruits et qu’un groupe de « dissidents » radicaux, décide de faire payer ses malheurs au pauvre juif de service qui passe par là.
Soit en le tabassant, soit, encore mieux en lui faisant la peau, à l’ancienne, alors là c’est le jackpot pour notre ami Valls, la cerise sur le gâteau, Noêl en Juillet.
Le discrédit sera jeté sur l’ensemble de la dissidence, sans distinction, et il nous ressortira un discours sur les heures les plus sombres de notre histoire. Personne ne voudra être affilié à ce genre d’acte, et la dissidence fondra comme neige au soleil.
Valls pourra compter sur la conversion de nombreux réactionnaires, qui se joindront à sa sainte parole et il deviendra incritiquable dans les hautes instances quant à son engagement contre l’antisémitisme.
Valls a d’ores et déjà gagné une carte, qu’il ne manquera pas de jouer en 2017 contre le Front National, qu’il assimilera sans vergogne à cette dissidence, morte à la naissance et/ou dont la haine aura souillé le drapeau de la république.
L’objectif étant que les électeurs FN, lassés d’être assimilés à des partisans du IIIè Reich depuis des années, reportent leur voix, sur une droite « modérée » ou mieux, mais plus rare, sur un gauche "décomplexée", ce qui en soit ne changera rien pour Valls, car quel que soit le résultat il aura acquis assez de "crédibilité" pour continuer à siéger dans les hautes instances de notre république.
Le meilleur scénario pour le FN reste celui de 2002, ou les électeurs de gauches ont préféré s'en remettre à la politique de leur opposant, plutôt que de laisser le FN investir l'Elysée.
En l’occurrence, le match UMPS n'est pas prêt de s'arrêter, et Israel continuera d'être bien gardé. Qu'on le veuille ou non.