Les leçons de Nelson Mandela : Il voyait plus haut et plus juste

par MUSAVULI
vendredi 6 décembre 2013

Au moment où les hommages sont rendus à Nelson Mandela, décédé ce jeudi 05 décembre, et que l’homme est parti pour faire parler de lui aux quatre coins de la planète, il y a au moins une leçon qu’on peut retenir de sa vie et de son parcours : il avait la capacité de percevoir, au-delà des horizons immédiats, ce qu’il y avait de plus « haut » et de plus important. Et cela s’est décliné dans plusieurs domaines.

La nation sud-africaine au-delà des Noirs

Il se sera battu toute sa vie contre le système d’apartheid et l’oppression que subissaient les Noirs. Mais une fois la victoire sur le système ségrégationniste acquise, Mandela sera l’homme de la réconciliation nationale. Il aurait pu s’en prendre à la minorité blanche et la contraindre à l’exil. Il sera le Président et l’icône de tous les Sud-Africains.

Il aurait aussi pu se servir de la machine judiciaire pour juger devant la face du monde les responsables du régime d’apartheid. Il fit le choix d’une commission, pas d’un tribunal. La Commission vérité et réconciliation. Car, à ses yeux, la vérité et la réconciliation représentaient quelque chose de plus important que des condamnations pénales, tenant compte du changement de contexte.

La démocratie au-delà du pouvoir

En matière d’exercice du pouvoir, Nelson Mandela sera, ici aussi un cas exceptionnel. A priori, un homme qui se sera battu pendant autant d’années pour libérer son peuple, est supposé rester au pouvoir le plus longtemps possible.

Elu Président en avril 1994, lors des premières élections multiraciale du pays, Nelson Mandela n’aura effectivement exercé le pouvoir que pendant trois ans. A partir de 1996, il laisse à Thabo Mbeki la gestion quotidienne du pays et, en décembre 1997, Mandela quitte le pouvoir avant la fin de son seul mandat à la tête du pays.

Il y a quelque chose de plus important dans la vie d’un homme politique, voire d’un homme tout court. Il aura une plus grande influence sur le Pays et le Continent, en dehors du pouvoir. Un choix qui contribua à préserver la stabilité politique et à garantir une démocratisation soutenue de l’Afrique du Sud. Il parvint ainsi à démentir les pronostics qui faisaient craindre un effondrement du pays si les Noirs en prenaient le contrôle.

L’intérêt général au-delà du confort personnel

Nelson Mandela ne s’était pas engagé dans la lutte par désespoir. Il était avocat et était promis pour avoir une brillante carrière le mettant à l’abri du besoin. Il a renoncé à cette vie confortable pour se battre, parfois, au péril de sa vie. Dans son ouvrage autobiographique intitulé « Un long chemin vers la liberté », Mandela décrit de nombreux épisodes où il aurait pu perdre la vie. Des tirs de policiers dans la foule des manifestants pacifiques, une bombe qui manque d’exploser, un accident d’avion évité de justesse au-dessus de l’Ethiopie,…

On retient plus globalement que l’homme aura presque tout sacrifié, et beaucoup des siens en ont tellement souffert, en commençant par son épouse Winnie.

Il y avait quelque chose de plus important qu’une vie de couple, même épanouie, et une prestigieuse carrière professionnelle de juriste : la lutte pour la liberté.

Boniface MUSAVULI


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