Les manipulateurs de marionnettes derrière Breivik (25)
par morice
lundi 26 septembre 2011
L'apparition de Templiers dans l'incroyable saga d'Anders Breivik en a surpris plus d'un. C'est pourquoi il convient aussi d'en expliquer les diverses interprétations. Breivik, on vient de le voir dans l'épisode précédent, est tombé sous l'influence d'une mouvance nazifiante qui s'était trouvé un lien avec des nationalistes fanatiques irlandais, eux-mêmes se trimbalant toute une idéologie plus ou moins vague évoquant souvent les Croisés. Un mythe qui se tient, chez nos extrémistes de droite plutôt (vaguement) christianisés : l'image même de ceux qui se sont opposés aux troupes mahométanes, voilà qui fait dans le symbole fort. Celui qui donne aux islamophobes un vernis historique, un prétexte pour assumer leur haine de l'islam en général et non de ses extrémistes seuls. On retrouve ainsi chez eux des allusions constantes à Charles Martel, à Poitiers, à Covadonga et au siège de Vienne (Gates Of Vienna) dans leur fatras qui n'a rien d'intellectuel et repose sur une vision à un seul sens de l'histoire. Ceux qui y tiennent le plus, ne sont que des malfrats reconvertis en idéologues de pacotille : d'anciens dealers, d'anciens hooligans qui ont trouvé un moyen pratique d'expliquer pourquoi il leur prend parfois l'envie de ratonnades : déguisés en nouveaux Croisés, ils ne peuvent passer pour les racistes qu'ils ont toujours été. Avant, on "cassait du bougnoule", maintenant on s'invite à la télévision pour s'avouer islamophobe ou revêtir un sweat-shirt orné de la Croix des Templiers. Evolution des discours, mais pas vraiment des mœurs. En somme, ces racistes ont réussi à déplacer le débat dans le sens qui les intéressait : désormais, les anciens nervis se présentent comme les sauveurs des nations envahies par les musulmans. L'argument ne tient pas la route, mais sous leurs rangers, il y a toujours des têtes d'écrabouillées, et il n'y a que ça pour leur procurer du plaisir. Leur victoire est essentiellement sémantique !
Pour s'en rendre compte, il va nous falloir quelque peu examiner l'itinéraire fort particulier de ce Paul Ray, aujourd'hui âgé de 35 ans, sur qui les projecteurs sont branchés depuis que la presse s'est aperçu de sa correspondance suivie avec Breivik. L'homme, accusé d'être "son mentor" (c'est le deuxième, dans ce cas, après "Fjordman") a très rapidement nié avoir assisté à la réunion de 2002, à Londres, du "Knights Templar Europe" que cite pourtant précisément Breivik, qui parle de lui comme ayant bien été le "Richard", le "Lionheart" rencontré précédemment en forum, et physiquement à Londres. Pour Lionheart, alias Paul Ray, aujourd'hui, ce mouvement n'était que peu de choses : « C'est une idée", at-il dit de l'Ancien Ordre des Templiers. « Ce n'est pas comme si c'était une énorme organisation. C'est une croyance". Le problème étant que ces paroles ont été prononcées à Malte, où s'est réfugié depuis le dénommé Paul Ray, alias Lionheart, pour continuer à chercher parait-il les bases historiques de son mouvement ! Pourquoi et comment a-t-il atterri là pose aussi question : c'est aussi un endroit où transitent, on le sait pas mal d'armes (c'est là, tiens, où avait fini par accoster un cargo devenu célèbre, immatriculé à la Valette, pour se faire "remettre à jour" puis repartir, avec pas tout à fait le même tirant d'eau...). Pourquoi ce hooligan posant en monsieur tout le monde rangé des vilains coups décrit-il aussi Fjordman, de son vrai nom Peder Jensen (qu'il appelle désormais "Fraudman"), en termes fort haineux en pose une autre : aurait-il pris ombrage de la l'attribution du titre de "mentor de Breivik" qui lui est aujourd'hui attribué ? Il ne pourrait y avoir qu'un seul "guide" aux meurtres de Breivik ? Sans aucun doute : Lionheart est loin d'avoir les capacités intellectuelles pour contenir un débat sur la question. Il a beau tenir un blog verbeux, il n'est pas vraiment fait pour l'écrit.
C'est une citation fort intéressante que celle que fait Ray, car la vidéo You Tube montrée dans Gates of Vienna où il apparaît conduit directement à une émission américaine de CBN News, du prédicateur plutôt dérangé, Pat Robertson ; le grand ami de G.W.Bush, ou l'on voit Paul Ray encensé dans son "combat" contre les "islamistes", suivi dans la foulée d'une interview de Sally Mac Namara de l'Heritage Foundation (celle qui trouvait Blair trop mou !) faire le lien direct entre l'argent et ce fascisme rampant ! Celui également entre l'Heritage Foundation et SIOE (Stop Islamisation of Europe), présenté par son fondateur, Stephen Gash. Ce même Gash vu à Londres en compagnie d'Anders Gravers Pedersen, le fondateur de Stop Islamisation of Denmark (SIAD, que l'on retrouve chez.. .Riposte Laïque !). Celui qui, dans les interviews, s'affiche avec en fond un nounours aux couleurs israéliennes ! Gravers parlant lui de cette "gauche" qui a "trahi" :
En fait, on s'aperçoit vite qu'avec Ray, on n'a pas affaire à un intello : en une seule phrase, il nous avoue que l'attentat de Breivik est bien l'aboutissement de cinq années de préparatifs d'une organisation complète ! Et que ces préparatifs semblent avoir été récupérés récemment par l'initiative du magnat Alan Lake de vouloir tout diriger au sein de l'EDL. On sait aussi que Paul Ray a quelque chose à voir avec l'entrainement militaire de Breivik à Monrovia : pour faire tourner la tête vers une autre piste, il est l'un des tous premiers à reprendre l'info comme quoi Anders Breivik se serait entraîné dans un passé récent en Biélorussie. Selon lui, "dans un camp dirigé par des militaires ex-soviétiques, probablement des musulmans convertis après la guerre en Tchetchénie" : on le constate, la rhétorique lui manque, et ses arguments sont bien faibles : des "musulmans convertis" qui entraîneraient des russes pour combattre les tchétchènes, ça semble bien grotesque en effet. En réalité, il cherche constamment à détourner les projecteurs de sa propre personne. Or chez Breivik, il a joué un rôle vital, mais pas celui de "mentor" comme il le clame : il n'en manifestement pas la capacité intellectuelle.
Paul Ray, autoproclamé fondateur de l'EDL, parle de façon plutôt confuse dans ses vidéos de la reprise en mains de son groupe par des "serbes" et des "Biélorusses", pour en revenir au fait qu'il aurait été écarté du mouvement, celui de l'EDL s'entend. La raison est sans doute plus triviale qu'il veut bien nous le dire. A l'entendre également, s'il habite désormais à Malte, ce serait donc pour avoir été chassé de l'EDL par l'équipe de Lake et les écrits de Fjordman. Paul Ray, sur ce point ment : s'il est arrivé là, c'est pour une tout autre raison. Le créateur de l'EDL a en effet du fuir son pays, à la suite d'un jugement contre lui pour diffamations et injures raciales répétées. En somme ; il avait été assigné à résidence par la police, ce qu'il n'a pas supporté et a donc choisi de s'expatrier après son retour d'un voyage aux USA !
En représailles, Adair se verra infligé treize tentatives d'assassinat de la part de l'IRA, son ennemi juré. En fait, la vie d'Adair se résume à une vie ininterrompue de violence gratuite. Arrêté et rapidement libéré en 1999, il remettra ça et repartira aussi vite dans une spirale de terreur qui le ramènera dès 2000 en prison après avoir été à l'origine d'un attentat contre l'Ulster Volunteer Force (UVF) à la "pipe-bomb" (une bombe faite à partir d'un tube de plomb bouché aux deux bouts, un grand classique des attentats). Après que son propre mouvement l'ait expulsé, il retournera en prison en 2003 : le 1er février 2003, l'homme qui, justement, l'avait exclu de son groupe, John Gregg avait été abattu au retour d'un match de foot des Rangers FC à Glasgow : les suspicions étaient fortes sur le rôle d'Adair dans ce meurtre. Libéré le 10 janvier 2005, il se réfugie à Bolton où il se fait aussitôt pincer pour trafic de drogue et tentative d'assassinat sur sa propre femme, Gina, dont il a eu quatre enfants. Devenu célèbre, avec tous ses "exploits", il reçoit une somme considérable pour écrire ses mémoires, et en même temps une deuxième notoriété dont il se serait bien passé : "en Novembre 2006, la chaîne britanniquede télévision Channel V a retransmis un documentaire sur Adair, réalisé par Donal MacIntyre. L'objectif de ce film était centré autour de la personnalité d'Adair, mais aussi autour d'un homme présenté comme quelqu'un ayant beaucoup changé, lui aussi, un ancien néo-nazi allemand appelé Nick Greger, et de leur voyage commun en Ouganda pour aller y construire un orphelinat. Adair y était montré en train de tirer au fusil, déclarant que c'était la première fois qu'il le faisait sans porter de gants". La plupart des crimes qu' avait commis son groupe n'avaient en effet laissé aucune trace visible, ce que les policiers avaient constaté à plusieurs reprises : c'était l'œuvre de "professionnels" du genre. En cagoule et en gants. A force de se vanter, il avait fini par reconnaître comment il avait agi durant toutes ses années de terreur. Le teaser du film où il se présente est visible ici (*). Et il est bien effrayant.
Le groupe nouveau est bien issu du précédent, et a bien des racines provenant des USA : "les Chevaliers sont prétendument dirigés par un vieux lieutenant de Moreno, Servando Gomez, un ancien enseignant venu des collines accidentées du Michoacán, où les laboratoires de méthamphétamine abondent comme des alambics "hillbilly". Les fichiers de la police mexicaine montrent que Moreno et Gómez ont été convertis au christianisme évangélique quand ils étaient des migrants aux Etats-Unis, dans les années 1990. De retour au Mexique, ils ont trouvé que la discipline religieuse était un outil utile pour maintenir les troupes criminelles en droite ligne. Comme La Familia, les Chevaliers prétendent être des protecteurs pieux et patriotiques de la communauté Michoacán même s'ils y trafiquent et assassinent. Quand ils se sont annoncés au printemps dernier, ils ont accroché plus de 40 bannières, à travers l'état assurant une sécurité sous celles-ci.« Notre engagement est de préserver l'ordre, d'éviter les vols, les enlèvements, l'extorsion et à protéger l'Etat des organisations rivales, » disaient-ils. Une semaine plus tard, leur première victime a été retrouvée pendue à un pont avec une note affirmant qu'il était un kidnappeur." Le principe de pendre des cadavres vec une pancarte au cou expliquant pourquoi l'individu a été abattu semble avoir hélas fait des petits. On avait ainsi retrouvé le cadavre de Nick Berg en Irak, après sa décapitation imputée au groupe d'El Zarkaoui (plus tard Wikileaks à démonté l'affirmation). Le 16 septembre dernier, les cadavres mutilés d'un couple étaient retrouvés accrochés à un pont de Nuevo Laredo avec à leurs côtés une menace écrite des auteurs de l'assassinat concernant ceux qui critiquaient les trafiquants de drogue sur "internet", qui provoquait aussitôt une bronca sur les médias. La femme décapitée s'avérait être une journaliste ayant écrit à propos des fameux chevaliers... Mary Elizabeth Macias, l'éditrice du journal Primera Hora.
A cette heure, en revanche, on n'a encore trouvé aucun lien entre ces Chevaliers-là et ceux d'Angleterre ou avec les voyages de Breivik : il s'agît d'un énième avatar, qui démontre en tout cas que la belle image pieuse de nos fameux chevaliers a vécu. Paul Ray, lui, ayant trouvé un autre soutien... aux Etats-Unis, comme nous le verrons demain...
Sources "mad dog and nazi nick :"