Les mutilés de la guerre...
par rosemar
mercredi 21 décembre 2022
Dans les guerres, on énumère souvent le nombre de morts et on oublie d'évoquer tous les blessés, les mutilés, les estropiés.
Un reportage en Ukraine nous fait voir les horreurs de la guerre, ses conséquences terribles. La guerre tue, et elle fait aussi des victimes, des gueules cassées, des amputés, des corps meurtris pour toujours.
Ils sont jeunes, très jeunes, et leur vie a basculé : des blessés de la guerre en Ukraine sont accueillis dans un centre de réhabilitation. Ce sont des mutilés de guerre.
"Le sourire est léger, mais il est bien là. Andrei, 20 ans, amputé des deux jambes, victime d'une frappe de missile sur son bataillon, près d'Odessa, en mars dernier...
20 ans seulement ! Un tout jeune homme, au visage frêle.
"Je remercie Dieu d'être encore vivant, tout est encore possible.", dit le jeune homme.
Ce soldat réapprend à marcher avec des prothèses, il voulait mourir après ce drame, mais ce n'est plus le cas.
Il trébuche encore beaucoup, y compris psychologiquement, mais il est debout.
Il s'appuie difficilement sur des béquilles.
"Comment expliquer ce que je vis ? Ce moment où tu comprends que tu n'as plus tes jambes, que tu ne les sentiras plus jamais... " Long silence. Il ne finit pas sa phrase.
Dans ce centre de réhabilitation, 50 victimes civiles et militaires sont soignées.
Ce qui frappe, c'est leur jeunesse, la solidarité entre eux et ce handicap assumé devant les caméras des journalistes.
Un autre soldat âgé de 29 ans a connu les derniers jours de l'enfer d'Azovstal, l'usine de Marioupol assiégée. Grièvement blessé, il a été fait prisonnier par les Russes qui l'ont opéré puis libéré.
Il explique ce qui l' aidé à survivre.
"J'ai compris tout de suite que j'allais être amputé mais j'ai aussi réalisé que mes parties génitales n'étaient pas touchées, et ça, c'était une raison d'espérer. Alors, j'ai fait moi-même les gestes d'urgence, j'ai fait mon garrot, je l'ai serré le plus possible."
Des récits terrifiants, pourtant, la plupart de ces hommes souhaitent retourner sur le front.
Natalia et son mari sont des civils. Réfugiés à Kiev, ils ont eux aussi vécu des heures terribles : un missile tombé dans leur village, le 15 avril, sa jambe sectionnée sur le coup et la course de son mari pour la conduire sous les bombes vers l'hôpital le plus proche.
"Je ne voulais plus vivre après cela, j'ai eu une sorte d'énorme dépression.", déclare cette femme de 56 ans.
Natalia est suivie dans le même centre que les soldats. Son mari est toujours présent...
Depuis qu'elle a réalisé que les combattants amputés sont souvent beaucoup plus jeunes qu'elle, elle refuse de se plaindre et quand elle perd l'équilibre, elle prend le parti d'en rire.
Beaucoup d'amputés à travers le pays attendent des prothèses, il faudrait plus de fonds, plus d'argent pour construire un autre centre."
La guerre est une abomination : honte à ceux qui la génèrent et l'entretiennent ! Honte à ceux qui la déclenchent et qui s'y complaisent !
La guerre est la pire des infamies : nos parents, nos grands-parents ont connu la guerre, ont affronté les alarmes, les peurs, la mort, les souffrances, la détresse, le désarroi, toutes les misères inhérentes à la guerre...
Le blog :
http://rosemar.over-blog.com/2022/09/les-mutiles-de-la-guerre.html
Source :