Alors que je pensais la tâche fastidieuse, à peine avais-je écrit le nom de mon premier "candidat observé" dans la barre ad hoc de mon moteur de recherche, que celui-ci me livra, sans autre forme d’états d’âme, la tête de monsieur Eric Raoult.
Honoré récemment du titre de "député godillot" dans un site du même nom, qui en quelque sorte m’avait mâché le travail, on peut découvrir le portrait très complet de l’élu "au travail" qui y est fait.
D’ailleurs cet excellent site est une véritable niche d’informations pour celui qui veut documenter son observatoire personnel des députés au travail. Les animateurs de cette plateforme collaborent avec des observateurs qui assistent attentivement à toutes les séances parlementaires, notent scrupuleuseusement, sans les commenter, les moindres faits et gestes, les moindres prises de positions verbales de ceux que le peuple à élu pour le représenter au sein des instances étatiques et les livrent ensuite au public afin qu’il puisse juger, en connaissance de cause, l’utilisation effective du mandat confié à nos représentants dans le but de défendre nos intérêts.
Et la mission est parfaitement accomplie, car il ne nous reste plus qu’à surfer pour s’informer et prendre connaissance du palmarès d’Eric Raoult ou de celui de son collègue onservant, Gérard Gaudron, lui aussi estampillée du même titre honorifique de godillot. La lecture de leurs travaux ( même pas douze à deux ) laisse perplexe sur les réelles motivations qui animent ces parlementaires intermittents qui se manifeste prioritairement, aujourd’hui, en pleine déroute des électeurs, par la volonté de vouloir observer la paille dans l’oeil de son voisin quand une poutre vous bouche sensiblement la vue. Premier portrait ...
Eric Raoult
" Notre godillot du jour est un bon soldat loyal qui a voté l’intégralité des textes du gouvernement proposés au scrutin public depuis deux ans. Présent lors des débats sur la loi Hadopi, il ne s’est pas beaucoup fait remarquer, hormis pour lever la main suivant les recommandations de la ministre…"
Travaux parlementaires depuis 2007 (13ème législature) : -4 interventions en séance -1 intervention en Commissions des affaires étrangères -2 rapports d’informations -Aucune proposition de loi -A voté l’intégralité des projets de lois gouvernementaux passés au scrutin public
Pour être tout à fait précis et rendre la rigueur particulière des observateurs du site godillot, il faut savoir que l’unique intervention répertoriée de monsieur Raoult en deux ans, est décrite comme une invective à l’égard d’un autre député, et résumée à 4 mots : " les faits sont têtus". Malgré les apparences, parfois l’individu lambda innocent, frôle bêtement le génie sans le savoir et peut devenir, comme Eric Raoult, un véritable visionnaire, sans gaspiller une goutte de sa salive de trop, le temps d’une courte interpellation...Oui, les faits sont têtus, autant que ceux qui tout au long de la législature ont observé l’auteur de cette vérité, et lui ont tiré le portrait, sans caricature, sur leur tout jeune site qu’il ne faut surtout pas manquer de consulter ou alimenter de contributions citoyennes...
Mais d’autres sources, complètent notre observation du bonhomme, comme celle du Canard enchaîné du 31 mai 1995 qui dénoncait un tract du candidat Raoult, pendant les élections législatives de 1986, où l’on pouvait lire ceci :
« Notre pays à nous, ce n’est pas Tjibaou, Françoise Sagan, Harlem Désir ou Krasucki. C’est la France immortelle qui derrière Jeanne d’Arc, Charles Martel, Napoléon et de Gaulle a fait de notre pays une nation éternelle, admirée partout dans le monde. » .
Beau slogan de campagne sereine, bel exemple pour un " éthiqueteur" autoproclamé...mais ce n’est pas tout...Car si le député frise l’autisme lors des séances parlementaires, on lui doit quand même quelques autres belles casseroles qu’ils trainent depuis belle lurette, jusqu’ici sans trop de bruit, mais les faits observés sont têtus et par définition, peuvent l’être dans le temps lorsqu’ils sont rapportés par des sources officielles :
le 14 octobre 1988 : « On sait que, dans un établissement scolaire, comme me l’expliquait récemment le directeur d’un établissement, sur 349 enfants, seuls 12 ne sont pas d’origine islamique à la rentrée scolaire qui vient d’intervenir. »
le 30 mai 1989 : « La loi Pasqua [abrogée] était un froncement de sourcils face aux clandestins et face aux pays de départ, la loi Joxe sera un clin d’oeil au tiers monde. Le cocktail de ce texte et de l’application du R.M.I. donnera un nouvel R.M.I. spécial : la remontée majorée de l’immigration. »
le 21 novembre 1990 : « Dans nos banlieues difficiles, on ne joue plus West Side Story, mais Black Beur Story, sans musique, mais avec beaucoup plus de violence. »
le 14 juillet 1993, dans Globe Hebdo, il se déclare favorable à l’amendement Marsaud qui légalisait le contrôle au faciès ;
le 2 avril 1994, dans Le Figaro, il se demande « si parfois on ne fait pas “trop de Veil” et “pas assez de Pasqua” ».
Bah me direz-vous, ce n’est qu’un type qui dit tout haut ce que tout le beau-bon monde pense tout bas...C’est possible...En tous cas c’est aussi celui qui, alors qu’il était maire de Montfermeil, a choisi en 1993, comme suppléant , Pierre Bernard. Celui qui n’est pas un illustre inconnu pour tout le monde, est un ami du milicien Paul Touvier a pu exercer son mandat de Maire de Montfermeil de 1983 à 2001, et a eu à plusieurs fois l’occasion d’exprimer librement et sous bonne tutelle, son racisme, sa xénophobie et son intégrisme religieux. Il a d’ailleurs été condamné en 2002 à verser des dommages et intérêt au MRAP de dommages et intérêts pour diffamation raciale, dont voici quelques extraits : .
« La vie dans la cité des Bosquets est pire qu’à Auschwitz. » (Libération, 2 août 1996)
« Mon avis plusieurs fois exprimé est qu’il serait temps de tirer un trait sur ce passé [...] que nous ne pouvons pas encore connaître puisque aucun chercheur n’a le droit de donner une version autre que la version officielle dont une grande partie est écrite dans les actes du procès de Nuremberg. Contrevenir à ce jugement des vainqueurs contre les vaincus (Staline jugeant Hitler, quelle mascarade), c’est s’exposer à la loi liberticide de monsieur Gayssot, qui a déjà fait assez de victimes. » (La Gerbe, journal municipal, novembre 1997) ; Le 28 mai 2002, M. Raoult a encore parlé de son ami Pierre Bernard lors d’un meeting où l’on pouvait aussi voir M.Sarkozy. .