Les privilèges des profs ?
par rosemar
lundi 26 septembre 2016
Alors que l'enseignement connaît une grave crise de recrutement, certains ne prennent même pas conscience du problème : certains parlent encore des privilèges des enseignants !
Mais quels privilèges ? Si ces privilèges existaient, assisterait-on encore à une telle pénurie de candidats aux concours d'enseignements ?
Où sont ces privilèges ? Les vacances, bien sûr, devraient attirer bon nombre d'étudiants vers cette profession ! Ce n'est plus le cas, pourquoi ?
La transmission des savoirs, noble tâche devrait, aussi, motiver nombre de jeunes gens... Mais ce n'est pas non plus une motivation suffisante, pourquoi ? Que se passe-t-il ? Pourquoi ce métier connaît-il une telle désaffection ?
Quelles en sont les raisons ?
Les enseignants se retrouvent face à des classes surchargées, difficiles à gérer, leurs charges de travail se sont alourdies, copies, devoirs communs qui se multiplient, leurs décisions et leurs notations sont, parfois, contestées et remises en cause par les parents....
Le passage d'un niveau à un autre est devenu quasiment automatique, et des élèves sont admis, souvent, dans une classe supérieure, sans avoir les connaissances requises.
La notion d'effort a été complètement dévalorisée, ces dernières années, la grammaire, l'orthographe ont été négligées...
Certains élèves arrivent en lycée, sans avoir les bases nécessaires pour s'intéresser aux cours, beaucoup sont démotivés, ne sont pas à leur place, n'ont manifestement pas envie d'apprendre, perturbent les cours. L'enseignant obligé de faire de la discipline use, parfois, toutes ses forces dans cette tâche...
Les parents, eux-mêmes, renoncent à prendre en charge l'éducation de leurs propres enfants, ne leur inculquent pas des notions élémentaires de politesse, d'ailleurs ces parents ne respectent pas, parfois, l'autorité de l'enseignant.
Plus de mille enseignants ont démissionné de leurs postes, l'année dernière. Pourquoi ? Où sont les privilèges ? En période d'incertitude et de chômage, des professeurs en viennent à abandonner leur travail !
"Ah ! Les profs sont des enfants gâtés, gavés de privilèges !"
Et certains, de comparer ce métier à leur propre travail et certains, de dire que leur profession est bien plus ardue que celle des enseignants ! Les français aiment bien, ainsi, procéder par comparaison !
"Mais arrêtez de geindre, vous les enseignants, les privilégiés de la République !"
"Vous avez des vacances, vous travaillez auprès de jeunes pleins de vie ! Profitez-en !" Voilà le discours habituel...
Le niveau des élèves baisse, mais c'est, bien sûr, encore la responsabilité des enseignants, "ces paresseux de la République"... mais si le niveau baisse, c'est parce que des réformes nombreuses ont été initiées et voulues par les ministères : quand on supprime les redoublements, il ne faut pas s'étonner du peu d'efforts fournis par certains élèves, quand on amenuise les programmes de grammaire, il ne faut pas se récrier devant le niveau des élèves en grammaire ou en orthographe !
Au fond, selon certains, les enseignants n'auraient même pas le droit de contester et fustiger des réformes qui ont déjà anéanti l'éducation nationale, qui ont fait baisser le niveau, ils devraient se plier, sans cesse, aux décisions des ministères qui n'ont fait qu'aggraver la situation de l'éducation...
Ils n'auraient pas le droit de se plaindre, parce qu'ils bénéficient de vacances, comme si ces vacances n'étaient pas indispensables, pour récupérer de la fatigue physique et mentale à laquelle ils sont soumis.
Si les enseignants étaient "des privilégiés", comme certains osent encore l'affirmer, il est évident qu'on n'assisterait pas à une tel repli, devant les concours de l'enseignement...
Le problème est grave : que chacun essaie d'en prendre conscience... bientôt, on ne trouvera plus d'enseignants pour former et encadrer les jeunes générations.
L'enseignement est, pourtant, l'avenir d'une nation et les enseignants ont le souci de cet avenir : s'ils contestent des réformes, c'est parce qu'elles vont encore et toujours dans le même sens : un amoindrissement et une réduction des savoirs et des programmes...