Les « résultats » de Sarkozy en Géorgie quand il était roi de l’Europe

par Imhotep
mardi 14 avril 2009

L’escapade de Sarkozy à Moscou puis à Tbilissi avait été salué comme un succès équivalent à la fin de la guerre de 14/18. Notre stratège multi-stellaire avait réussi. La paix était avec lui. Dans sa musette ?

 Il se trouve que je faisais partie de ceux qui étaient fort sceptique concernant l’intervention du Galonné suprême. Les faits que j’avais évoqués, et notamment la chronologie des événements et la transmutation du plan français composé de quatre parties en plan russe en six points, me laissaient à penser que c’était plus un fiasco qu’un succès et l’aplatissement du Governator devant le KGB.
 
Nous savions déjà que le retrait des troupes russes avaient mis un temps infini, débordant largement les délais et ne respectant pas les « frontières », mais surtout que le flou de la rédaction de l’accord précédée des déclarations irresponsables et invraisemblables du Chef diplomate universel disant que la Russie avait tout droit en tout lieu et en tout temps de défendre, non les Russes mais les russophones ouvrait la boîte de Pandore toute grande.
 
Nous sommes en avril 2009. Le Monde a choisi de faire un article sur cette Géorgie dans laquelle les observateurs européens observent.
 
Ce qui était prévisible se réalise donc, c’est à dire la paralysie des européens, le non respect des démarcations fixées et l’installation d’une force russe pour longtemps : 
 
On distingue, au loin, un petit poste de "gardes-frontières" ossètes, flanqué d’un drapeau, et au-delà, la silhouette imposante d’une base russe fortifiée, où le sol a été remblayé pour permettre l’atterrissage d’hélicoptères et le stationnement de blindés.
 
Huit mois après le déferlement de l’armée russe vers l’intérieur de la Géorgie, un face-à-face tendu se poursuit. Les gendarmes français qui inspectent chaque jour ces lieux, au titre de la Mission de monitoring de l’Union européenne (UE), appellent cela "la bunkerisation". Autrement dit, la ligne administrative, longue de 130 kilomètres, séparant l’Ossétie du Sud du reste de la Géorgie devient peu à peu une véritable frontière, jalonnée de postes armés. Le creusement de tranchées le long de ce tracé dessiné, dans les années 1930, par Staline parachève le morcellement du pays.
 
Il faut se souvenir que l’Empereur européen, le 8 septembre 2008, s’était pavané devant les caméras du monde avec son traité annonçant que les 200 observateurs devaient se déployer dans les zones adjacentes au tracé. En bon français adjacent veut dire de part et d’autre, et en géographie si la ligne est nord sud à l’ouest et à l’est et également en géopolitique tant en Géorgie qu’en Ossétie. Il (l’Unique) l’avait confirmé en déclarant que nos observateurs avaient vocation à entrer en Ossétie. Cependant les Russes ce ne sont pas les affidés de l’United Money Profit et Poutine ce n’est pas un tsarévitch de pacotille.
 
Les européens ne peuvent pénétrer dans les territoires que l’accord avait déclaré ouverts. Les européens veillent à ce que du côté géorgiens, leur armée ne soit que défensive (Le travail des Européens consiste pour l’essentiel à s’assurer que les équipements militaires géorgiens restent "défensifs", sans artillerie, mortiers ni tanks.) alors que les Russes et les Ossètes s’arment et tirent ( Pendant ce temps, l’armée russe consolide ses campements en Ossétie du Sud et en Abkhazie, où quelque 10000 soldats sont désormais installés, à l’abri de toute inspection internationale.[…] Depuis les accords de cessez-le-feu, les incidents se sont multipliés le long de la ligne de démarcation, faisant 12 morts dans les rangs géorgiens. Les miliciens ossètes ouvrent régulièrement le feu sur les postes géorgiens, qui ont l’ordre de ne pas répliquer. Des mines téléguidées ont été déclenchées au passage de convois géorgiens. "Du travail de professionnels", commentent les gendarmes français. "On aimerait que les Européens fassent plus que constater les dégâts", glisse un soldat géorgien.) tout en violant l’accord signé qui n’est un bout de papier (Bruxelles a aussi largement fermé les yeux sur les violations des accords de cessez-le-feu (les Russes occupent toujours plusieurs poches de territoire tenues, avant la guerre, par les Géorgiens)) et en agissant en pays conquis (La Russie a décidé d’expulser, d’ici le mois de juin, la mission de l’OSCE, déjà paralysée. A partir de cette date, l’UE sera la seule force de surveillance et d’interposition entre Géorgiens et Ossètes.).
 
De ceci ressort que les traités ne sont pas plus valables que les promesses quand la force prime le droit et que la lâcheté couvre le tout. Il ressort que l’Europe n’a aucun courage et est incapable de faire respecter sa position pas plus que les accords internationaux dont elle a la charge. Et que notre fanfaron a une fois de plus berné tout le monde en se tapant de contentement sur la poitrine, enfin tous ceux qui voulaient bien se faire berner quand déjà les faits donnaient déjà tort aux mots à l’automne 2008 pour tous ceux qui se donnaient la peine d’observer et de comparer.
 
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