Lettre ouverte à Wikipedia au sujet de Bibracte et Gergovie
par Emile Mourey
vendredi 20 novembre 2009
Suite à mes deux précédents articles dans lesquels je conteste vos affirmations, conforté que je suis par une majorité d’opinions favorables de commentateurs sur le site d’Agoravox, je vous demande de bien vouloir revoir vos articles sur Bibracte et Gergovie.
Au sujet de Gergovie, votre article sur le siège est particulièrement confus car il mélange une argumentation concernant la localisation du lieu et le déroulement de la bataille.
Puisqu’après discussion interne, vous en avez conclu que la thèse de Gergovie sur les Côtes de Clermont n’était pas fondée, pourquoi vous étendre aussi longuement sur une explication de la bataille dont les internautes peuvent prendre connaissance sur le site internet des partisans de cette thèse ? Il vous suffit de dire pourquoi vous estimez que cette localisation n’est pas fondée. http://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_Gergovie
Ensuite, il vous appartient de présenter, dans un premier temps, les arguments que vous estimez recevables pour la localisation officielle du site à Corent et Merdogne, puis, dans un deuxième temps, de donner l’explication de la bataille que proposent les partisans de la thèse retenue.
Concernant la localisation, vous avez bien évoqué le problème de la confrontation des textes et de l’interprétation archéologique, mais vous n’avez pas traité la question puisque vous vous êtes aussitôt engouffré dans la thèse des archéologues Matthieu Poux et Vincent Guichard. Vous auriez dû préciser que le premier considère pratiquement comme nul et non avenu le texte des Commentaires, qu’il y a lieu de réécrire l’histoire du site à partir des seules interprétations archéologiques et que le second considère les écrits de César comme non fiables.
Quant à l’explication très sommaire et bien peu convaincante de la bataille que vous donnez, il vous reste maintenant à la confronter à celle que j’ai présentée aux lecteurs d’Agoravox qui me soutiennent, en mettant Gergovie au Crest. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/alesia-gergovie-les-bafouillages-65179
Au sujet de Bibracte, soyons clairs ; le point de vue que vous présentez est celui de Christian Goudineau, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire des Antiquités Nationales.
Il est vrai que cela donne à votre texte une relative légitimité. Il n’en reste pas moins que le dilemne de la confrontation des textes et des interprétations archéologiques se pose là encore. Et force est de constater que là encore, vous vous engouffrez aussitôt dans les hypothèses archéologiques sans évoquer les textes.
Or M. Goudineau, dans son ouvrage "Bibracte et les Eduens, à la découverte d’un peuple gaulois", pour déterminer l’emplacement de Bibracte, pose avec raison le postulat suivant : « Dès lors, les historiens doivent se poser la question suivante : à 27 km de quelle ville éduenne peut-on trouver un champ de bataille correspondant à la description de César ? (p. 4, l. 21) », mais lui-même ne répond pas à cette question. Mon "Histoire de Bibracte, le bouclier éduen" y répond. La bataille a eu lieu à Sanvignes. La veille de la bataille, César se trouvait à 27 km de Bibracte/Mont-St-Vincent.
Cette bataille que César remporta sur les Helvètes, j’en ai donné une explication très détaillée en l’appliquant sur le terrain de Sanvignes après avoir corrigé la traduction que le professeur Constans a faite du texte de César en 1926 http://www.bibracte.com/mon_histoire_de_la_gaule/traduction_falsifiee_des_commentaires_par_constans.html.
Les Helvètes et César marchaient en direction du mont Beuvray. Mais leur plan de mouvement ayant été modifié en conseil (commutato consilio), les Helvètes décidèrent d’inverser leur cheminement (itinere converso). Les Helvètes et César ont donc fait demi-tour pour se diriger vers Bibracte, Mont-Saint-Vincent, qui se trouvait, dit César, à 27 kilomètres de son camp. Et l’expression "proximus collis" répétée deux fois, à l’aller et au retour prouve bien que César et les Helvètes sont revenus sur leurs pas.
Alors tout le texte s’éclaire. Les indices et les preuves s’ajoutent aux indices et aux preuves. Les opérations de César et de Vercingétorix autour de Gorgobina retrouvent toute leur logique en situant Gorgobina au mont Beuvray.
Et c’est bien là le drame car, en mettant au jour des poteries boïennes sur ce site, Deschelette aurait dû penser à Gorgobina, oppidum des Boïens.
En mettant au jour de nombreuses médailles, Bulliot aurait dû penser aux deux assauts que Gorgobina avait subis. En faisant le décompte du nombre important d’amphores, ses successeurs auraient dû comprendre que sur cette excellente position stratégique certes, mais déshéritée, il fallait bien ravitailler les troupes et les populations boïennes que César y avait regroupées.
Médailles et amphores sont les seuls arguments avancés par les archéologues du mont Beuvray. S’ils en ont d’autres, qu’ils le disent ! Il faut les leur demander. Mes arguments sont autrement plus sérieux et ne méritent pas le jugement sommaire et profondément injuste que vous portez sur moi. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bibracte et http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/bibracte-wikipedia-agoravox-la-65119