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Lettre ouverte au colonel Mandon

Lettre ouverte au colonel Mandon

par Jules Seyes
mardi 25 novembre 2025

Réaction aux propos de notre CEMA sous la forme d'une lettre ouverte.

Mon Colonel,

 

Permettez-moi de vous écrire sur la base du grade que vos compétences vous ont acquis et non celui que la faveur d’un pouvoir illégitime vous a conféré. L’élection de 2017 ayant été frauduleuse, il ne saurait être question d’en reconnaître les effets.

C’est pourtant à cet état factieux que vous vous êtes rallié en acceptant les promotions accélérées que vous a offert l’occupant de l’Élysée. Pas forcément la meilleure des recommandations, mais la soupe doit être bonne.

Passons, vous ne serez ni le premier ni le dernier et les apparences légales ayant été préservées, vous pouviez encore plaider la bonne foi.

Comme d’autres de vos collègues, vous participez à une œuvre de désignation de la Russie comme adversaire. Permettez-moi de vous rappeler que vous passez les bornes. Si telle est votre intime conviction, elle doit-être exposé aux décideurs politiques, seules habilités à juger de l’orientation de notre défense. L’exprimer serait tout aussi légitime dans le cadre des réponses à une commission d’enquête parlementaire.

Vos récentes déclarations dans les médias et devant le congrès des maires de France ne respectent pas cette forme, mais visent à court-circuiter le débat démocratique. Ce faisant, vous positionnez l’armée que vous représentez comme un acteur politique autonome. Ambitionneriez-vous d’être le nouveau général Boulanger ?

Si oui, vous vous exposez au risque de subir son destin. La France a payé assez cher l’intervention des armées dans le champ politique, il serait bon d’éviter de revitaliser cette perversion.

Au moins dans sa forme, votre propos est donc problématique, d’autant plus qu’il prend parti sur un sujet où beaucoup de Français sont en désaccord avec l’occupant de la fonction suprême. La guerre entamée par monsieur Macron et ses amis mondialistes contre la Russie en se servant de l’Ukraine comme pivot tourne mal. Tout le monde le sait, mais les Français ne se reconnaissent pas forcément dans ces fronts.

Beaucoup d’ailleurs commencent à violemment rejeter le mondialisme et ses soutiens locaux. L’Élection d’E.Macron en 2017 ne fut obtenue que par une combinaison de moyens pour le moins discutables que certains qualifient sans peine de forfaiture :

Toutes ces anomalies et bien d’autres conduisent à refuser de reconnaître la légitimité de l’élection d’E.Macron. Il s’est servi de la guerre en Ukraine pour reproduire ce mécanisme en 2022. Les deux élections présidentielles ne cautionnent donc pas le ralliement démocratique de la population française derrière sa politique.

De ce fait, vous vous exposez à vous retrouver avec le soutien qu’ont eu les vichystes à l’heure de rendre des comptes : SEUL.

Y êtes-vous préparé ? Ou avez-vous trouvé dans l’exécution des demandes du « politique » l’illusion de suivre les ordres ? Si tel est le cas, reconnaissez l’erreur publiquement et ayez l’honneur de vous retirer du débat public. Vous vous grandirez.

Si, au contraire, vous persistez à nous inciter à envoyer nos enfants mourir dans la guerre mondialiste en Ukraine, vous prendrez fait et cause pour les mondialistes. À l’heure où les peuples vomissent cette idéologie, vous liez votre sort au leur. Je n’aimerais pas être à votre place, l’augmentation des mesures de censures, les manœuvres judiciaires pour annuler des élections le démontrent : L’idéologie mondialiste est aux abois et paie ses échecs sociaux.

Son démantèlement sera difficile tant elle a imprégné le tissu social et surtout l’a dissous et endommagé. Cependant, il est fort probable que cette œuvre sera bientôt engagée, même si, l’histoire n’ayant pas encore tranché, nous en ignorons les formes.

Souhaitons la aussi pacifique que possible, mais des interventions comme la vôtre conduisent à douteux de cette issue heureuse. En ce sens, vos hommes et vous, fragilisez encore davantage le tissu social français.

Votre volonté de faire de la Russie un ennemi, si elle peut puiser dans un vieux fond d’anti soviétisme mal digéré, fait fi de toute analyse concurrente sur cette guerre. On comprend votre posture où la Russie désirerait reconstruire l’URSS par la force des armes et serait, pour y parvenir, prête à affronter l’OTAN. Y compris à conquérir l’Europe de Brest à Brest.

Vision intéressante, mais qui fait fi d’une poignée de détails. Vous et moi sommes nés à une décennie d’intervalle. J’étais enfant, vous étiez jeune adulte au moment où les Soviétiques stationnaient en Allemagne de l’Est. Ce glacis, acquis au prix d’immenses souffrances lors de la Seconde Guerre mondiale, les Soviétiques et la Russie qui est l’état héritier de l’URSS l’ont volontairement abandonné sans combat. Ils ont même validé la réunification allemande. Un premier recul, qui s’accompagnait d’une promesse occidentale de ne pas étendre l’OTAN à l’est.

Parole d’ivrogne, promesse de voyous prêts à tout pour obtenir la satisfaction de leurs désirs. L’alliance des néo-conservateurs et du complexe militaro-industriel exigeait l’intégration des pays de l’ex-pacte de Varsovie. Ce fut bientôt chose faite. Au prix de l’argent américain venu nourrir des partis locaux, d’aides européennes massives qui ont payé l’intégration au prix de délocalisations massives infligées à notre tissu économique.

Rien que cela, mon Colonel, suffisait pour créer un puissant mouvement d’opinion contre l’intégration de l’Ukraine qui aggravait ces maux. Toutes les « menaces » russes ne valent pas de prendre ce risque. Et si la Russie avait voulu l’Ukraine, l’intérêt des travailleurs français eût été de la rendre aux Russes assez stupides pour nous en débarrasser.

Hélas, ils ne l’étaient pas. La Russie a admis l’indépendance de l’Ukraine en 1991. À l’époque, la constitution de ce pays prévoyait le multiculturalisme et la neutralité de l’Ukraine, pour justement éviter la situation actuelle. Cette politique sage fut sanctifiée par un traité d’amitié Russo-Ukrainien.

On le voit, la situation de 1991 ne posait aucun problème et il n’y avait pas volonté russe de rétablir l’URSS. L’analyse de l’idéal revanchiste russe est invalidée par ce ″détail″. Le texte fut juste dénoncé par le pouvoir Kievien en 2019 ! Si nous désirons nous montrer pointilleux, nous devons aussi admettre que les accords signés entre l’Ukraine et la Russie en 2022 ne contenaient pas de clause territoriale.

Seulement, cette situation ne convenait pas au lecteur du grand échiquier. Dans leur désir de définitivement séparer l’Ukraine et la Russie, ils ont injecté des milliards de dollars dans la ″vie démocratique″ ukrainienne. Cette ″vie démocratique″ a conduit à DEUX coups d’État menés par des factions certes importantes, mais minoritaires de la vie politique ukrainienne. Plus que les excuses de soi-disant fraude électorale en 2004 ou de refus de signer l’accord avec l’UE. Aucune des deux excuses ne tenait : crier aux fraudes ne les prouve pas. En 2010, l’élection observée par l’OSCE livra le résultat ″Fraudé″. Quant à 2014, l’Ukraine n’ayant pas de mandat impératif, le président avait toute latitude pour signer l’accord de son choix. Relativement démocrate, il concéda cette victoire au premier Maïdan : pour réduire les tensions, il acceptait de son mandat en jeu pour permettre au peuple ukrainien de valider ou invalider sa décision.

Les maïdanistes poursuivirent les manifestations, ils prirent le centre-ville de Kiev et imposèrent la destitution du président légalement élu. La démocratie ukrainienne était morte et la Kievie naissait.

Ces pouvoirs issus de la trahison révisèrent la constitution ukrainienne pour l’orienter, sans l’approbation populaire, vers l’alliance avec l’UE et l’OTAN. Le nouveau pouvoir transformait ainsi son territoire en plateforme d’attaque contre la Russie alors que l’expérience polonaise avait démontré que les USA pouvaient utiliser de tels territoires pour y positionner des armes stratégiques, comme les missiles antimissiles qui devaient viser l’Iran. Évitons de rire, seuls les enfants y croiront.

Cette fraude stratégique, vous l’endossez par votre activisme. Tout comme vous cautionnez la décision des Kiéviens de réagir par la force face aux provinces qui refusaient l’autorité du pouvoir séditieux désormais installé à Kiev. Difficile de se prévaloir de la paix et de la démocratie quand on les a violés, soi-même !

Résultat, les Kiéviens perdirent les combats et ils furent contraints de signer les accords de Minsk. Nous savons depuis que François Hollande a vendu la mèche que le pouvoir kiévien ne visait pas à un règlement diplomatique du conflit, mais à disposer du temps pour réarmer une force de combat qui comptait dans ses rangs des bataillons de représailles.

Vous endossez aussi cette infamie, mon Colonel. Seulement, nous nous y refusons. Pas en notre nom et l’abus que vous faites de votre autorité ne saurait nous impliquer. En revanche, si vous persistez dans votre folie qui nous engage devant l’étranger, vous devrez un jour en rendre compte !

La trahison porta ses fruits amers et, en 2021, la Kievie était prête à la guerre. Comme le montrent les interviews d’Arestevitch, l’Ukraine savait devoir affronter la Russie et s’y préparait. Comme provocation, elle concentra ses troupes face au Donbass. Situation impossible où l’armée sous-équipée des républiques risquait de devoir céder Donetsk et ses 900 000 habitants aux bataillons de représailles kiéviens.

La guerre n’a pas commencé le 22 février 2022, mais en 2014. Elle a causé des milliers de morts et fût marqué par de lourdes atrocités. Elles ont créé un passif que les Russes ont pris en compte dans leur décision. Tout comme la garantie accordée par Moscou aux républiques lors de la signature des accords de Minsk. Le pouvoir russe a lui choisit d’honorer ses obligations lorsque nos dirigeants les reniaient soit avec cynisme, soit par incompétence.

Dès lors, confronté à un pouvoir agressif envers ceux qu’il appelle citoyens, mais refuse de reconnaître comme tels. Un pouvoir issu d’une violence jamais légitimée par un vote de l’ENSEMBLE de la population ukrainienne, et qui s’orientait vers une trajectoire de collision avec la Russie, le pouvoir de Moscou a agi. Pourriez-vous, vous qui êtes officier prétendre que le 21 Février au soir, vous auriez donné une autre recommandation au pouvoir si vous aviez été russe.

Beaucoup de nos concitoyens valident cette analyse. En prenant parti dans ce débat avec toute l’autorité que vous confère votre fonction, vous le tranchez au nom de l’armée. Vous mêlez l’institution à la décision politique dans un dangereux mélange des genres.

Il vous appartient bien sûr de réclamer les moyens nécessaires à la mission fixée par le politique. Seulement, vous devez les réclamer, les exiger même du politique. Celui-ci doit ensuite annoncer à la nation le prix de ses choix. En court-circuitant ces étapes, vous exonérez le politique des conséquences de ses choix et du nécessaire débat. Sans doute, aviez-vous l’idée de bien faire et de gagner du temps. L’erreur est humaine, il vous appartient de la corriger et de laisser l’occupant du palais de l’Élysée assumer la mission de rassembler les moyens avec sa faible légitimité. Autant le dire, il est douteux de le voir y parvenir.

Seulement, votre ″bourde″ aura eu une utilité : ramener les militaires et la faillite de leurs chefs sur le devant de la scène.

Cette guerre, engagée le 22 février 2022 après des années de provocation, fut un conflit entre une armée entraînée par l’OTAN. Une armée équipée de matériel occidental au cours des deux dernières années et soutenue depuis le début par les moyens de renseignements de l’OTAN. Cette guerre, vous et vos camarades de l’OTAN, vous l’avez perdue !

Par une combinaison de supériorité d’artillerie, de drones, de manœuvres ou de brillante défense, l’armée russe a brisé l’armée kiévienne au point de la rendre incapable de toute offensive en 2025. Votre doctrine, celle de l’OTAN a échoué, comme le démontre le martyr de la fameuse brigade Anne de Kiev formée par l’armée française.

Après l’élection du candidat Macron, le général Pierre de Villiers a démissionné pour protester contre l’inadéquation des moyens et des missions confiées aux armées. Vous et plusieurs de vos semblables avez accepté de cautionner la politique d’E.Macron et bercé la nation dans un sentiment de sécurité. Aujourd’hui, vous découvrez l’inadéquation et vous venez exiger des poitrines pour compenser vos erreurs.

Mais, passez donc les premiers. Vous et ceux qui veulent affronter les Russes. Inutile d’ailleurs de le faire en uniforme français, l’armée kiévienne recrute. Elle sera ravie de vous envoyer en mission de sacrifice dans ses tranchées.

Là, vous serez légitime, votre courage sera admiré. Pas lorsque vous prétendez faire la guerre avec les enfants des autres au mépris de toutes les règles constitutionnelles. Pas lorsque vous dressez votre petite carcasse entre le peuple et un président haï.

Je vous en conjure, mon Colonel, revenez à votre place.


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