Leur main n’a pas tremblé
par Les Maquizards
vendredi 20 mai 2011
Les Français ont trop souvent entendu de leurs gouvernants que ceux-là ne pouvaient rien faire pour eux.
Sur le front de l’emploi, c’est le président Mitterrand qui déclarait, le 14 juillet 1993 : « Contre le chômage, on a tout essayé ». A propos de l’affaire de Renault Vilvoorde, Lionel Jospin, Premier ministre, baissait les bras, le 13 septembre 1999 : « L’Etat ne peut pas tout faire ». Cette incapacité à trouver des solutions, présentée comme une fatalité, avait même été érigée en vertu et en système par Henri Queuille, dans une phrase souvent commentée : « Il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout ».
La France a besoin de solutions, de décisions, et d’action politique, en réponse aux problèmes qui existent. De nombreux exemples historiques montrent qu’il suffit d’une forte volonté, inspirée par un bon discernement, inscrite dans un contexte et s’appuyant sur une méthode, pour que la France connaisse de grands moments de fortes décisions.
Décider semble impossible en France.
On a souvent entendu dire chez nos gouvernants successifs que les Français étaient un peuple impossible à gouverner ou que la France était impossible à réformer. C’est ce qu’on entend après chaque grande grève en France menant au retrait d’une mesure (Ecole libre en 1984, projet de loi Devaquet en 1986, plan Juppé en 1995,…), ou dans les périodes de léthargie où il semble impossible au gouvernement de traiter autre chose que des affaires courantes.
Ce thème de la réforme impossible est un cliché ayant une fonction politique évidente : il justifie l’incapacité à mener des réformes non par le défaut des décideurs, mais celui d’un peuple qui n’est pas assez intelligent pour les comprendre, assez ouvert pour les accepter ou assez courageux pour les défendre. On ne peut nier qu’une résistance au changement est parfois plus perceptible dans nos frontières qu’à l’étranger. Mais de là à favoriser l’inaction en invoquant l’impossibilité des grandes décisions…
D’après ses Mémoires, Raymond Aron a dit au général de Gaulle : « Les Français font de temps en temps une révolution mais jamais de réformes. » A quoi le général aurait répondu : « Ils ne font de réformes qu’à l’occasion d’une révolution. » Cet imaginaire de la réforme impossible que seule une révolution pourrait réaliser provient sans doute de la succession des ministres réformateurs de Louis XVI - Turgot, Calonne, Loménie de Brienne, Necker -remerciés alors qu’ils proposaient des solutions pour éteindre le feu qui couvait. Là où les réformistes avaient échoué, les révolutionnaires « réussissent ». Mais ce précédent historique ne saurait faire oublier les nombreuses circonstances dans lesquelles une révolution ne fut pas nécessaire pour faire avancer la France.
La France a connu de grands moments de décision
L’histoire de France est depuis toujours riche en personnages qui furent de grands réformateurs : Louis XI, Sully, Colbert, Bonaparte, pour n’en citer que quelques-uns. Mais c’est dans l’histoire contemporaine qu’on peut trouver les exemples les plus instructifs pour les gouvernants de notre époque. Et ces grands décideurs qui ont jugé que la France était réformable, qu’il était possible de faire des choix engageants sans reculer au dernier moment, étaient aussi bien des hommes de droite que de gauche : De Gaulle, bien sûr, mais aussi Mendès France, Barre ou Delors. Nous avons choisi cinq exemples pour en témoigner.
1) De Gaulle et la France de la Libération
En janvier 1945, De Gaulle, décidant de la refonte de l’économie française d’après-guerre, se trouva confronté à choisir entre deux perspectives opposées relatives à la masse monétaire : celle de René Pleven, ministre des Finances, et celle de Pierre Mendès France, ministre de l’Economie nationale. Le premier, proche du général et qui avait toute sa confiance, était partisan d’un certain réalisme : les Français n’étaient plus capables d’endurer de nouvelles épreuves. Le second, qui avait l’estime et le respect du général de Gaulle, prônait la rigueur et la restriction des moyens de paiement, notamment le blocage des salaires, afin d’éviter une inflation chronique. Quelle que fût la décision, elle était engageante pour la France et pour le quotidien des Français : fallait-il privilégier le court terme, en préservant le pouvoir d’achat immédiat, comme le proposait Pleven, ou le long terme, et la défense de la monnaie comme le proposait Mendès ? Au mois d’avril, De Gaulle accepta la démission de Mendès France et fit prévaloir la proposition de Pleven de procéder au retrait des billets sur la base d'un échange au pair, afin de préserver en apparence le pouvoir d'achat.
Cette décision était périlleuse pour l’économie française. Elle entraîna des dévaluations (la première intervint six mois après le retrait des billets) et de l’inflation. Mais, malgré ses hésitations avant de la prendre, De Gaulle soutint alors fermement cette position : il faisait un choix politique clair, celui du bien-être immédiat des Français et d’une certaine paix sociale. Il allait à l’encontre des recommandations de la science économique et l’histoire ne lui donna d’ailleurs pas raison. Mais plutôt que laisser l’indécision s’installer, l’important était d’abord de choisir.
2) Mendès France et la fin de la guerre d’Indochine
En juin 1954, Pierre Mendès France est appelé à l’investiture pour devenir président du Conseil, un peu plus d’un mois après la défaite de Dien Bien Phu. Le conflit indochinois dure maintenant depuis des années et grève le budget de la France, sa réputation et son influence à l’étranger. La paix devient pressante, mais le prestige de l’armée française est en jeu, ainsi que l’autorité morale de la puissance coloniale à la tête de l’Union française. C’est dans ce contexte que Pierre Mendès France monte à la tribune pour prononcer son discours précédant le vote d’investiture de l’Assemblée. Homme de gauche, il décide pourtant, au-delà des dispositions constitutionnelles, de ne pas inclure dans son décompte des soutiens parlementaires les voix des députés communistes pour ne pas être otage d’une idéologie qui lui est trop étrangère. C’est avec clarté qu’il expose l’objectif de son gouvernement, qui se résume à la paix, et avec fermeté et audace qu’il s’engage à l’atteindre dans un délai contraint. Pour appuyer sa résolution, il prend un engagement précis et ambitieux :
« Il faut donc que le « cessez-le-feu » intervienne rapidement. Le gouvernement que je constituerai se fixera – et il fixera à nos adversaires – un délai de quatre semaines pour y parvenir. Nous sommes aujourd'hui le 17 juin. Je me présenterai devant vous avant le 20 juillet et je vous rendrai compte des résultats obtenus. Si aucune solution satisfaisante n'a pu aboutir à cette date, vous serez libérés du contrat qui nous aura liés et mon gouvernement remettra sa démission à M. le Président de la République. »
Les historiens racontent l’intensité des négociations entreprises à Genève, qui avaient déjà commencé avant ce 17 juin, mais qui se sont poursuivies avec d’autant plus d’intensité que cet engagement était public et connu des partenaires de la France. Le 20 juillet 1954 au soir, date de l’ultimatum que Mendès France s’était imposé, les négociations sont en train de s’achever. Minuit sonne ; on dit que les horloges furent alors arrêtées dans le palais qui abritait les tractations, pour que, jusque dans le détail, cette date-butoir du 20 juillet soit respectée. Quoi qu’il en fût, les trois accords de cessez-le-feu furent signés le 21 juillet mais datés du 20. Le volontarisme de Mendès France avait obtenu ce qu’il semblait illusoire d’espérer un mois plus tôt à la tribune de l’Assemblée.
3) De Gaulle et la fondation économique de la Cinquième République
En décembre 1958, le plan « Pinay-Rueff » validé par le général de Gaulle constitue sans doute la réforme économique la plus ambitieuse depuis le sauvetage du franc opéré par Poincaré en 1926. Six mois plus tôt, après l’accession au pouvoir de de Gaulle dans les circonstances que l’on connaît, Antoine Pinay, populaire ancien président du Conseil de la IVème République, est nommé ministre des Finances. Le 10 juin, il reçoit de Jacques Rueff une note assortie de propositions rompant radicalement avec des décennies de politique économique, y compris avec les initiatives du général de Gaulle prises en 1945 avec René Pleven. Un comité d’experts se réunit en secret pendant deux mois pour discuter de ces grandes orientations et préparer le terrain à la prise de décision. Fin décembre 1958, avant qu’expire le délai dont disposait le général de Gaulle pour prendre par ordonnance des mesures d’ordre législatif, le conseil des ministres doit débattre du plan de réformes vraisemblablement le plus ambitieux qui pût être imaginé à l’époque : dévaluation énergique du franc, accompagnée d’une mesure destinée à frapper les esprits, l’institution d’un « franc lourd » équivalent à cent francs 1958 ; un important alourdissement des charges fiscales, la suppression de nombreuses subventions ainsi que de la retraite du combattant ; la libéralisation des échanges extérieurs, qui permettent d’honorer la parole donnée aux partenaires du Marché commun. La partie n’était pas gagnée d’avance pour le général de Gaulle et Jacques Rueff, confrontés à l’opposition du socialiste Guy Mollet, alors membre du Gouvernement, et à la défiance du modéré Antoine Pinay. L’équilibre gouvernemental est en jeu ; l’union politique qui soutint la naissance de la Cinquième République est en péril. Le temps presse ; le général sut partager sa conviction et faire prévaloir la nécessité : le plan est décidé et voté.
Par ce train de décisions, la situation économique de la France prenait le chemin du rétablissement, et la voie d’une croissance forte se dessinait, assortie d’une inflation mesurée sans dévaluation pendant onze ans. Ce programme était le fruit d’une intuition, la nécessité d’un électrochoc pour sortir la France de l’ornière, de la réflexion « technique » d’une poignée d’hommes, de la délibération pendant quelques heures du conseil des ministres présidé par De Gaulle, mais surtout de la résolution éclairée du général.
4) Raymond Barre et la libération des prix
En juillet 1978, Raymond Barre, que Valéry Giscard d’Estaing avait surnommé « le Joffre de l’économie », est Premier ministre depuis bientôt deux ans, et il a pour ministre des Finances René Monory, qui disait n’avoir jamais ouvert un livre d’économie. Depuis les ordonnances du 30 juin 1945 inspirées de la logique de rationnement des années de guerre, les prix sont administrés par les bureaux du ministère des Finances. Au lendemain d’une victoire inespérée aux élections législatives de 1978, conscient de l’inefficacité de ce système, Barre tient un discours de politique générale qui surprend tout le monde en esquissant un virage jugé libéral. Le 17 mai 1978 est annoncée la libération des prix industriels qui aura effet dès août. Se pose alors la question de la libération des prix dans les autres secteurs de l’économie. Quel chemin faut-il suivre pour généraliser cet assouplissement sans trop brusquer l’opinion publique ni se heurter à trop de résistances ? La méthode choisie fut celle des petits pas, appuyée à une détermination sans faille.
Un jour de juillet, le président de la Fédération des boulangers demande à être reçu par René Monory, après s’être vu refuser par son directeur de cabinet, Michel Pébereau, une augmentation du prix de la baguette. Le ministre, devant tant d’insistance, lui propose de libérer le prix de la baguette. Le président de la Fédération des boulangers accepte immédiatement, croyant que son syndicat serait désormais à l’origine de la fixation des prix dans toute la France. René Monory raconte comment il dissipa la mécompréhension du patron des boulangers : « Vous ne m’avez pas entendu, Monsieur le président. La liberté des prix signifie que chaque boulanger sera en capacité de fixer seul son tarif. Vous n’aurez plus votre mot à dire dans l’affaire. – Mais, Monsieur le ministre, les boulangers sont bien incapables de fixer leur prix de revient. Les consommateurs vont être tout à fait perdus. Rendez-vous compte, le prix de la baguette est fixé par l’Etat depuis Marie-Antoinette ! »[1] Le jour même, Monory signait un arrêté de libération du prix de la baguette, malgré la colère de la Fédération, l’inquiétude de l’Elysée, et l’hostilité de 65 % des Français. Suivit alors, par petites touches, une libération des prix de tous les produits de grande consommation, devenue totale en 1981.
5) Delors et la rigueur de 1982-1983
Les historiens considèrent généralement que la période allant du milieu de l’année 1982 au début de l’année 1983 constitue un tournant majeur dans la politique menée jusqu’alors par le gouvernement socialiste depuis l’élection de François Mitterrand. Le contexte économique est terrible : se cumulent un déficit budgétaire record, un important déficit extérieur, deux dévaluations du franc successives, l’inflation qui avoisine les 14 % et un chômage qui ne baisse pas. On spécule contre le franc. Se pose alors avec une intense acuité une alternative radicale : soit l’on poursuit la politique menée depuis 1981, on instaure des mesures douanières protectionnistes, la France sort du Système Monétaire Européen et l’on enterre le projet européen par une rupture avec le Marché commun. Soit c’est avec la ligne suivie jusque-là, inscrite dans le programme du candidat socialiste à l’élection présidentielle, que la rupture doit se produire : on mènera alors une politique de rigueur pour rétablir les grands équilibres du budget et du commerce extérieur.
C’est la solution que défendit énergiquement Jacques Delors, ministre des Finances, appuyé par le Premier ministre Pierre Mauroy, en opposition à de nombreuses figures éminentes du parti socialiste, et qui fut finalement retenue par François Mitterrand. Elle mena à la rupture de l’alliance avec les communistes, qui quittèrent le gouvernement en 1984. L’esprit de décision et le sens de l’intérêt général permirent que soit donnée la préférence au rétablissement de l’économie française sur les stratégies politiques conjoncturelles.
Les conditions qui font les grandes décisions
Ces illustres exemples viennent, à travers leur diversité, contredire ceux qui soutiennent que le peuple français est par nature réfractaire à la réforme, ou que ses gouvernants sont par construction incapables de prendre et mettre en œuvre des mesures de grande ampleur. Ils sont également sources d’enseignements sur les conditions nécessaires pour voir émerger ces grandes décisions.
Un contexte
Il y a d’abord le contexte, bien sûr, qu’il soit celui de la guerre en 1945 et 1954 ou de la crise en 1958, 1978 et 1983, qui met sous pression les dirigeants au pouvoir et marque les décisions à venir du sceau de la nécessité. Il ne s’agit pas nécessairement d’une période post-insurrectionnelle, comme en 1945 ou 1958, mais d’une manière générale la rencontre de difficultés persistantes qui rend nécessaire la sortie de crise.
Le discernement
Il faut une intuition très forte, qui se mue en conviction, pour être capable de prendre des décisions d’ampleur. Le décideur est persuadé qu’il comprend un mouvement de fond qui se produit dans la société, qu’il entend l’aspiration du peuple, parfois presque malgré lui et son sentiment de court terme : il doit se faire l’interprète d’une tendance qu’il a su discerner dans l’évolution générale qui affecte son pays. Ce fut par exemple le cas de François Mitterrand lorsqu’il prit la décision d’abolir la peine de mort, promulguée le 10 octobre 1981, alors qu’au même moment, une majorité de Français était en faveur de son maintien (63 % selon un sondage du Figaro). A ceux qui, au nom de cette opinion publique, disaient qu’il fallait attendre, Robert Badinter, Garde des Sceaux, fort de sa conviction et de son intuition qu’elle était partagée, répliqua : « Attendre, comme si la peine de mort ou la guillotine était un fruit qu'on devrait laisser mûrir avant de le cueillir ! »
L’intérêt général comme seul parti pris
La conjugaison de cette nécessite imposée par le contexte, et de ce discernement déployé par le décideur pour l’entendre, impliquent d’avoir pour seule idéologie l’intérêt général. C’est le sens de la note de Rueff en juin 1958 : « Son programme [du présent gouvernement] ne peut être celui d’un groupe ou d’un parti, mais seulement celui de tous les Français qui veulent que leur pays continue d’exister ».
La détermination personnelle du décideur
Le corollaire de cette intuition qu’a le décideur de ce que la société attend est l’indifférence aux sondages, l’atténuation des voix discordantes et l’idée que les intérêts particuliers, quels qu’ils soient, devront se plier devant lui. Dans sa biographie consacrée au général de Gaulle, Jean Lacouture raconte que, en décembre 1958, lorsque son conseiller économique, Goetze, manifesta ses craintes d’aller à l’encontre du sentiment populaire (« Les Français vont crier… »), il se vit répondre : « Et après ? ». Pour tenir son cap, le décideur public doit être armé de convictions fortes et d’une détermination bien trempée. Il doit également susciter la confiance par son charisme, ses compétences reconnues ou son histoire personnelle.
La pédagogie de la décision
Enfin, une dernière condition réside dans la clarté et la simplicité de l’objectif politique affiché. C’est Pierre Mendès France qui en est probablement l’exemple le plus éclatant et le plus rarement imité. Lors des débats précédant le vote d’investiture du président du Conseil le 17 juin 1954, il conclut :
« Mais ces grandes réformes de structure auxquelles j'aspire avec autant d'impatience ne seront pas réalisées tant que régnera dans ce pays cette atmosphère de trouble que nous devons dissiper.
C'est pour cela qu'il faut d'abord la paix.
Mes chers collègues, sachons sérier nos ambitions. Sachons déterminer ce que sera la première pierre de l'édifice que nous avons à construire ensemble : c'est la paix ; c'est la paix d'abord. (…)
Beaucoup de questions importantes m'ont été posées. A chacune d'entre elles il existe une réponse préjudicielle, une réponse sans laquelle toute solution technique reste illusoire et, cette réponse, je ne crains pas de le répéter, c'est la paix.
Si vous me demandez de résumer d'un mot ma politique, je vous réponds : je ferai la paix. »
Après la claire démonstration d’une telle détermination, il recueillit 419 votes favorables sur les 466 parlementaires votants.
Mendès France retrouvait les accents de Clemenceau, président du Conseil, défendant à l’époque la guerre devant cette même Assemblée nationale, le 8 mars 1918 :
« La seconde [doctrine], dans les circonstances actuelles, c'est que nous sommes en guerre, c'est qu'il faut faire la guerre, ne penser qu'à la guerre, c'est qu'il faut avoir notre pensée tournée vers la guerre et tout sacrifier aux règles qui nous mettraient d'accord dans l'avenir si nous pouvons réussir à assurer le triomphe de la France. (…) Tout à l'heure, monsieur Constant me lançait une petite pointe sur mon silence en matière de politique étrangère. Ma politique étrangère et ma politique intérieure, c'est tout un. Politique intérieure, je fais la guerre ; politique étrangère, je fais la guerre. Je fais toujours la guerre. »
Les grands moments suscitent de grands discours : le sentiment de redonner un sens à l’action politique ranime sans doute une flamme rhétorique, en quelque sorte fondamentale, bien souvent absente de nos débats d’aujourd’hui. Ces grands moments prouvent en tout cas qu’un discours ne peut plus être accepté : celui de l’impuissance et de la fatalité. La France a besoin d’une volonté politique qui se fasse l’interprète attentive et courageuse des attentes d’une société en crise.