Ma solution à la délinquance des jeunes
par Patrice DEUMIE
jeudi 15 septembre 2011
La population carcérale en France ne cesse d'augmenter alors que les établissements pénitentiaires sont surpeuplés de jeunes délinquants qui n'ont rien à y faire
En tant qu'ancien surveillant de prison, j'ai pu constater qu'on ne rend pas service à notre société en enfermant systématiquement des jeunes primo-délinquants. Chacun le sait, la prison est l'école du crime !
La proposition du chef de l'état et de Ségolène Royal avant lui, de confier à l'armée la mission de recadrer certains multi-récidivistes, est en effet une des solutions pour les plus réfractaires d'entre eux.
Cependant, d'autres pourraient être « récupérés » plus en douceur...
Je parle ici des jeunes qui se sont laissés entrainer dans des petits délits, soit par oisiveté, soit par mimétisme, ou bien encore par opportunité. Mettre en prison ces jeunes hommes, risque fort de produire l'effet contraire à celui escompté. Moi même, dans mon adolescence, j'ai vécu ce genre de situation de petite délinquance. Par chance, je ne me suis jamais fait prendre. Quelques années plus tard, j'intégrais les services de l'administration pénitentiaire.
Que ce serait-il passé, si, arrêté, j'avais été jeté en prison ?
Nul doutes que j'aurais continué dans la voie de la délinquance.
Je ne pense pas non plus, qu'un bracelet électronique aurait modifié en quoi que ce soit mon comportement.
Qu'est-ce qui à fait alors que celui-ci a changé ? Ma rencontre avec une jeune retraitée de l'éducation nationale qui s'était rendu compte de ma dérive et qui a su, par des mots simples me remettre dans le droit chemin.
C'est pourquoi, je propose aujourd'hui une solution, peu couteuse, qui pourrait s'appliquer à des jeunes primo-délinquants volontaires et potentiellement récupérables..
L'idée est de leur attribuer, en milieu ouvert, un tuteur bénévole, qui aurait pour mission de les encadrer, de les surveiller, de les éduquer, afin de leur montrer qu'il existe une autre alternative de vie. Une sorte de parrain, marraine, de grand frère, de sœur ou de grand-parent
Ces tuteurs ( trices) bénévoles, retraités ou sans activités, seraient issu du milieu social, enseignant, judiciaire, médical, militaire, policier, etc. Et habiteraient à proximité du délinquant. Les primo-délinquants ne seraient pas imposés, mais choisis par les bénévoles, sur dossier.
Il s'agit bien ici, d'une alternative à la prison. Soit le jeune accepte de se plier aux règles du jeu, soit il va en prison...
Chaque bénévole organisera son tutorat comme bon lui semble, selon son expérience personnelle, sa vision de la situation, sa compréhension du jeune qui lui sera confié. Pas question d'imposer un programme éducatif formaté.
Ces bénévoles pourraient avoir des pouvoirs étendus, à savoir le droit à des visites domiciliaires intempestives.
Cette (rééducation ) durera le temps imposé par le juge en charge du dossier. Le bénévole rendra des comptes tout au long de sa mission. A tout moment, si la situation lui échappe ou se dégrade, il pourra alerter les autorités judiciaires sur les difficultés qu'il rencontre.
Voilà ! Bien entendu il reste beaucoup de chose à peaufiner pour mettre en place une telle mesure.
Mais je pense sincèrement que c'est un bon moyen de (récupérer) certains jeunes, de désengorger les prisons, de réduire les couts.
Qu'en pensez vous ?