Ma visite du commissariat de Kampot (Cambodge)
par boddah
samedi 4 juin 2011
Le 19 mai j’ai eu l’occasion d’aller voir les policiers de Kampot dans leur antre. Cette visite fut enrichissante, un vrai microcosme de la vie cambodgienne dans ses pires dérives.
Que l’on ne se trompe pas, dans cette article je ne condamne pas les policiers, généralement stupides et incultes, mais le système corrompu qu’ils encouragent et qui les fait vivre.
C’est la première fois que j’entre dans un commissariat (au Cambodge), d’habitude je ne recherche pas particulièrement la présence des policiers. Ils sont déjà assez nombreux aux croisements de rues à se reposer tout en extorquant les cambodgiens qui tentent de gagner leur vie.
Pendant l’attente que l’on m’avait imposé stratégiquement, j’ai pu observer à loisir les usages d’une visite au poste. Lorsqu’un client entre (de son plein gré) il trouve une demie douzaine de policiers avachis à l’ombre en train de se marrer devant un « soap » cambodgien. Bien sûr personne ne vient à sa rencontre, ce qui oblige le visiteur à s’approcher timidement jusqu’aux hamacs de la maréchaussée. A ce moment, un policier agacé indique à l’opportun un banc au soleil où il peut rejoindre les autres qui attendent que l’on daigne les appeler.
Lorsqu’enfin le contrevenant est appelé, il est invité à parcourir des photos d’accidentés étalées sur le bureau du « chef ». Cette méthode pourrai être efficace si l’on était pas habitués aux images sanglantes. Mais la télévision nous noie sous ce genre de scènes. Donc le conducteur de moto-dop regarde les photos, impassible et obéissant.
Ces « prises d’otages » à répétition représentent une grande partie des ressources des policiers. Avec le droit de passage perçu aux carrefours, un policier double ainsi son revenu.
Les services de l’ONU avaient défini un seuil de salaire en dessus duquel un fonctionnaire ne ressent plus le besoin de compléter ses revenus. Un équilibre se fait entre le salaire confortable et la peur de la sanction qui réduit naturellement lacorruption. Au Cambodge, les salaires ne sont pas confortables (moins de 100 dollars par mois) et aucune sanction n’est prise contre ceux qui abusent de leur situation.
La corruption est un mal difficile à juguler, et aucun pays n’en est complètement débarrassé. Le Cambodge fait partie des pays les plus corrompus, et cette situation est la cause principale des difficultés que connaissent les khmers à s’enrichir et progresser dans la société. Il est temps de faire preuve de courage et d’oublier ses intérêts personnels, il est temps qu’un gouvernement mature au service de la société prenne ces décisions simples mais courageuses.
source : LGV
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