Maintenant, ça suffit !
par Auxi
lundi 2 septembre 2013
Maintenant, ça suffit ! Marre. Basta. Ras-le-bol. Ce billet s’adresse aux non-fumeurs, qui commencent à me courir sévèrement sur le haricot.
Jusqu’où irez vous dans votre traque obsessionnelle ? Cette traque qui vous fait poursuivre les fumeurs bientôt jusque dans leurs lits ? Même dans les endroits où il est totalement impossible que vous soyiez gênés si peu que cela soit ? Un quai de gare par exemple, rendez-vous de tous les courants d’air… On nous a chassés de partout, que voulez-vous de plus encore ? Et Tournesol Touraide, la psychorigide ministre de la Santé publique, qui parle à présent de nous exclure des jardins publics !
En des temps de bienveillante tolérance réciproque, aujourd’hui révolus, il existait des wagons fumeurs, d’autres non-fumeurs, et tout le monde était content. Les wagons fumeurs étaient toujours placés en tête ou en queue de train, afin d’éviter aux non-fumeurs d’avoir à les traverser. Bel exemple de savoir-vivre… Non-fumeurs, il y a mille choses mille fois plus dérangeantes, et mille fois plus polluantes, que le tabac, et on ne vous entend jamais à ces sujets… tout possédés par votre passion morbide d’interdire pour interdire que vous êtes ! Certains en sont même à souhaiter que l’on prive les fumeurs malades de tout soin parce qu’ils en ont « marre de payer pour les autres », en oubliant que les fumeurs aussi paient des cotisations de Sécurité sociale ! Eh bien, d’accord ! Moi aussi, j’en ai marre de payer pour les autres ! Je n’ai pas de voiture, pas même un permis de conduire, pourquoi paierais-je pour les accidentés de la route ? C’est que ça « coûte », ça aussi, et pas qu’un peu ! Vous avez une idée du « coût » des soins aux grands brûlés ? Ils n’avaient qu’à prendre le train, ça tombe bien, on n’y fume plus ! Je n’ai pas de chien, pourquoi paierais-je pour les équipements municipaux destinés à recueillir les déjections canines, lesquels équipements n’étant d’ailleurs que fort peu utilisés ? Je n’ai pas de téléphone portable, pourquoi paierais-je les antennes-relais des malappris qui m’assomment à très haute voix de leurs conversations oiseuses comme s’ils étaient seuls au monde, au point de m’empêcher de lire dans les transports en commun ? Sans même parler d’humanisme, on voit clairement où mènerait l’idée folle qui voudrait que chacun ne paie qu’en fonction de ses critères personnels.
On sait depuis Al Capone et l'interdiction intégrale (et intégriste !) de l'alcool aux États-Unis que les prohibitions, franches ou hypocrites, sont totalement impuissantes à régler les problèmes, et n’ont pour résultat que l’explosion des trafics en tout genre, et Tournesol Touraide s’en prend à présent à la cigarette électronique, sous de vagues prétextes qui masquent mal sa motivation réelle : nous soutirer encore et toujours plus d’argent !
Phase 1 : préparation de l’opinion publique.
Phase 2 : nouvelles réglementations.
Phase 3 : augmentations démentielles et répression partout.
J’entends déjà le frottement enthousiaste des mains des trafiquants à la perspective du marché clandestin de la cigarette électronique qui s’annonce florissant…
Les mégots ? Là, vous n’avez pas tort, mais si on vous suit dans vos fureurs liberticides, il y a aussi, par exemple, les boîtes à pizza, qui débordent de toutes les corbeilles et jonchent les trottoirs… Ça ne vous aura pas échappé, incorruptibles gardiens de l’hygiène publique ! Votre solution, sans doute : interdiction des pizzas, fermeture des pizzerias ! Et les canettes, qu'on trouve partout, en ville, posées sur les rebords des fenêtres ? Vous ne les voyez pas ? C'est pourtant plus gros qu'un mégot… Vous avez l'hygiène bien sélective ! Et le savoir-vivre aussi…
Vous vous êtes trouvé une croisade qui vous permet de vous acheter une bonne conscience pour pas cher, et pratiquez la bonne vieille technique de l’amalgame : mélanger du vrai et du faux, ce qui est assurément la façon la plus efficace de mentir. Non, fumer ne tue pas : fumer peut éventuellement tuer, et ça n’est pas du tout la même chose. Que vous importe que nous jouiions nos existences à la roulette russe, vous nous aimez donc tant que ça ?
On vous a tout cédé, tout concédé, lâchez-nous le briquet, et surtout le porte-monnaie, à présent ! Vous inversez les rôles : c’est vous qui nous pourrissez la vie !