Maréchal, il y est !
par morice
jeudi 29 octobre 2009
L’histoire nous apprend bien des choses. Que les vieilles idées peuvent être recyclées à l’infini, par exemple. Quand un vieillard cacochyme accède au pouvoir en France en 1940, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a des idées plutôt arrêtées sur le fonctionnement du pays et de ses institutions. Lui, c’est plutôt Barrès que Jaurès, pour simplifier. Or, ces propos nauséabonds sur la France « laissée à l’abandon », en raison de concepts jugés « délirants » comme « l’égalité des chances », ou « le droit au travail pour tous », le tout mâtiné d’une bonne dose de racisme primaire et du rejet de certains catégories de la population, au nom d’une « identité nationale » plutôt floue, on l’a entendu en 2007, tout le long de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy. Et hier, en zappant rapidement sur un téléviseur, je suis retombé sur une de ces phrases clés : la « je ne vous abandonnerai pas », ressortie à propos des agriculteurs. Travail, famille, patrie... et la gerbe comme symbole du pays (en ce moment ça semble fort adéquat tant c’est à vomir). Il n’y a pas, il y a bien une suite logique à cela : on sait comment écrit Guaino, le scribe qui se prend pour le pharaon. L’homme qui parle d’être le simple « collaborateur » du chef d’état, en se mettant à son niveau, donc, sans que personne ne s’en émeuve. Gerbes de blé, collaboration, identité nationale : on avait pourtant bien essayé de vous prévenir (le corps central de cet article avait été rédigé le 14 avril 2007), aujourd’hui, il semble bien trop tard : Maréchal, il y est ! Les deux pieds dedans ! Sortez le coq, résonnez musette !
"Le désastre n’est, en réalité, que le reflet, sur le plan militaire, des faiblesses et des tares de l’ancien régime politique..." Aujourd’hui, la vérité perce sous l’imposture. "Jamais, dans l’histoire de la France, l’État n’a été plus asservi qu’au cours des vingt dernières années... par des coalitions d’intérêts économiques et par des équipes politiques ou syndicales, prétendant fallacieusement représenter la classe ouvrière". La politique économique fondée sur les 35 heures, le partage du travail, les idées socialistes que nous n’avons pas assez profondément remises en cause, a conduit depuis 25 ans à l’austérité salariale et aux prélèvements obligatoires qui étranglent le pouvoir d’achat.. "Il faut aujourd’hui reconstruire la France"... Le travail libère l’individu. [...] Le travail est une valeur de libération. Vichy se présente avant tout comme une revanche des événements de 1936 ... comme l’élection de Sarkozy celle de mai 1968. "L’ordre nouveau est une nécessité française. Nous devrons tragiquement réaliser, dans la défaite, la révolution que dans la victoire, dans la paix, dans l’entente volontaire de peuples égaux, nous n’avons même pas su concevoir". La France exaspérée, elle existe. Et elle est exaspérée par quoi ? Par la contestation de l’identité nationale, par une immigration non maîtrisée, par la fraude, par les gaspillages. Je vous propose de dénoncer les faux-semblants, les mensonges, la pensée unique, l’hypocrisie. "Le régime nouveau sera une hiérarchie sociale. Il ne reposera plus sur l’idée fausse de l’égalité naturelle des hommes, mais sur l’idée nécessaire de l’égalité des « chances » données à tous les Français de prouver leur aptitude à « servir »". Accepter la logique de l’égalitarisme c’est du socialisme. Et je ne suis pas socialiste. "Seuls le travail et le talent redeviendront le fondement de la hiérarchie française". La France qui travaille et qui se lève tôt. Travailler plus pour gagner plus. "Aucun préjugé défavorable n’atteindra un Français du fait de ses origines sociales, à la seule condition qu’il s’intègre dans la France nouvelle et qu’il lui apporte un concours sans réserve". Les Français auront à choisir entre ceux qui sont attachés à l’identité nationale et qui veulent la défendre et ceux qui pensent que la France a si peu d’existence qu’elle n’a même pas d’identité (...) entre ceux qui ne veulent plus entendre parler de la nation et ceux, dont je suis, qui exigent qu’on respecte la nation (...) ceux qui aiment la France et ceux qui affichent leur détestation de la France. "On ne peut faire disparaître la lutte des classes, fatale à la nation, qu’en faisant disparaître les causes qui ont formé ces classes et les ont dressées les unes contre les autres. Ainsi renaîtront les élites véritables que le régime passé a mis des années à détruire et qui constitueront les cadres nécessaires au développement du bien-être et de la dignité de tous". En ce qui me concerne, je ne suis ni énarque ni agrégé, ça me permet de ne pas être démagogique. Etonnant, non ?...