Mentir, mentir ... la guerre
par Fanny
vendredi 21 novembre 2025
Une alternative pour la France et l'UE en Ukraine : la négociation ou la guerre.
Cette guerre en Ukraine mobilise nos médias depuis bientôt 4 ans avec des discours, des narratives qui n’hésitent pas à tordre la réalité, à mentir si cela paraît utile pour venir en appui à notre gouvernement.
La ligne éditoriale de nos médias français mainstream, publics et privés, suit en effet fidèlement les choix de notre gouvernement. Une particularité que nos démocraties et les régimes autoritaires ont en commun.
Les Français, les jeunes surtout, se rendent compte de ce mensonge institutionnel et se tournent de plus en plus vers les réseaux sociaux, vers les médias alternatifs tel Youtube en particulier, quand ce média ne censure pas.
Toutes ces narratives orientées de nos médias concernant les réalités du conflit Russie/Ukraine ne trompent en effet que ceux qui le veulent bien, tant les tenants et aboutissants de ce conflit sont clairs, limpides.
De fait, tout est explicité et affiché publiquement par des autorités politiques et éditoriales comme Obama, Brzezinski, la Rand Corporation pour ne citer que les sources étasuniennes : il faut intégrer l’Ukraine dans l’OTAN/UE et reléguer la Russie en 2ème division (puissance régionale).
Du coup, ce conflit est très simple à comprendre.
Il y a d’un côté deux entités, la Russie et l’Ukraine, qui ont parcouru ensemble 1000 ans d’histoire en se mélangeant. A telle enseigne que parmi les plus grandes villes ukrainiennes, certaines ont été créées par la Russie, Kiev étant considérée comme un des berceaux de la Russie alors que celle-ci émergeait à peine. Parmi les derniers dirigeants de l’URSS (de la Russie), deux Ukrainiens : Khrouchtchev et Brejnev.
Il y a de l’autre côté une jeune structure en développement, l’Union Européenne, adossée à la plus forte alliance militaire qui ait jamais existé, l’OTAN.
Cette jeune structure en développement rapide a décidé d'intégrer l’Ukraine en l’arrachant, la séparant économiquement, militairement (et finalement culturellement et religieusement) de la Russie. La suite montrera que cette folle et irréfléchie ambition, effacer 1000 ans d’histoire, n’est pas à la portée politico-diplomatique de notre bureaucratie bruxelloise, même adossée à la plus forte alliance miliaire au monde.
En effet, le résultat de cette folle ambition dès sa mise en oeuvre fut la guerre, c’était inévitable, d’abord la guerre civile puis entre États. Une guerre que l’UE ne peut gagner sans s’auto-détruire.
Quand en 1991 j’avais évoqué avec un proche, arrivé en France en 1945 venant de l’Est de l’Europe, le fait que l’Ukraine était désormais séparée de la Russie, sa réaction instinctive a fusé : il y aura du sang, des torrents de sang en Ukraine.
Après 8 ans de guerre civile en Ukraine et 4 ans de guerre ouverte Russie-Ukraine, après des millions de morts et blessés, où en sommes-nous aujourd’hui ?
Seuls nos militaires ne mentent pas, sont honnêtes : cette guerre entre Russie et Ukraine risque fort de s’étendre à toute l’Europe avec des morts par milliers, sans doute bien davantage. Il faut donc s’y préparer, jusque dans nos hôpitaux comme le préconise notre armée.
Car ni la Russie, sur la défensive malgré les apparences, ni l’UE/OTAN, en conquête et à l’offensive avec l’appui des USA, ne sont disposées à céder. Les USA semblent néanmoins avoir compris que cette guerre n’était pas gagnable, retirant progressivement leurs billes tout en les mettant en vente à l'UE. Mais l’UE croit jouer sa survie en Ukraine et maintient son refus de négocier.
Tout autre discours que celui de nos militaires est mensonger. En effet, deux postures existentielles, celles de la Russie et de l’UE, se font face sans que l’on puisse apercevoir d’autre issue qu’une ultime explication par un affrontement armé aux conséquences incalculables.
Toutes ces « juridicailleries » (qui a commencé, qui est l’agresseur ?), cette occultation de l’installation progressive de l’OTAN en Ukraine ces 20 dernières années, cet effacement/négation du coup d’Etat de Maïdan et de la guerre civile depuis 2014, cette diabolisation massive de la Russie, tous ces discours n’ont qu’un seul but : préparer les peuples de l’UE+GB à la guerre contre la Russie.
Aura-t-elle vraiment lieu cette guerre de conquête de l’Ukraine par l’UE/OTAN, guerre généralisée à toute l’Europe ? Personne ne le sait, n’en a la certitude, mais cette probabilité croit de jour en jour, on s’est placés sur la trajectoire pour qu’elle ait lieu.
On est les plus forts, les plus riches, les plus nombreux, les plus démocrates, les plus libres face à "une station d’essence dotée d’armes nucléaires " plus ou moins rouillées pensent nos dirigeants, dans l’état d’esprit de nos conscrits à la gare de l’Est en 1914. On ne peut que gagner cette guerre, car nous sommes un pôle d’attraction irrésistible pour les Ukrainiens pensent et clament les supporters de l’UE.
Peut-être sommes-nous capables de gagner cette guerre finalement, mais dans quel état, l’état de notre pays en 1918. Avec une perspective de méchante reprise, comme déjà éprouvé.
On n’efface pas 1000 ans d’histoire répondent les Russes, bien décidés à atteindre leurs objectifs, coûte que coûte, dont la neutralisation militaire de l’Ukraine principalement et, conséquence de cette guerre que l’OTAN a voulu prolonger après avril 2022, l’annexion des régions de l’Est (la Crimée étant un sujet à part).
Il faut cesser de mentir en rejetant la faute sur l’autre, avec des arguments de moraliste de bistrot ou de gamin de cour de récréation : la faute est à l’Histoire, au choc entre deux processus historiques qui ont chacun leur légitimité : le développement territorial de l’UE/OTAN d’un côté, la poursuite de la proximité, de l’intimité historique Russie/Ukraine (pour sa moitié Est) de l’autre. C’est le tragique de l’Histoire.
Ce que ne comprennent pas bien les supporters de l’UE en configuration « conquête », c’est que la guerre qui vient aura à coup sûr comme résultat la disparition de l’UE, au moins, sans doute beaucoup plus, et du très négatif pour tout le monde. Il faut donc à tout prix l’éviter.
Il est urgent, par conséquent, que la France et l’UE aient une base de négociation qui ne se limite pas à réagir aux sautes d’humeur de Donald Trump, à préparer la guerre pour les prochaines années, tout en prônant un cessez-le-feu sans perspective autre que la reprise des combats.
Une reconnaissance de la neutralité (selon des modalités négociables) de l'Ukraine et d’un statut particulier pour la Crimée, plus la préconisation d’une grande autonomie des régions de l’Est de l’Ukraine seraient un bon départ.
Nos dirigeants, économiquement et politiquement faillis en sont-ils encore capables ?
Sans quoi, comme le prévoient nos militaires, ce sera la guerre, le 3ème suicide de l’Europe. On dirait qu’on est partis pour.