Mourir dans la dignité

par Diogène
lundi 18 août 2014

Parmi les 60 engagements du candidat Hollande, combien ont été tenus ?

Pas le n° 21, en tous cas.

« Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. »

Pourtant, les « affaires » Bonnemaison et Lambert mettent en évidence le flou dans lequel la justice se trouve actuellement sur la question de l'euthanasie. Les groupes religieux et le gouvernement s’opposent encore aux militants pro-euthanasie malgré un e large opinion favorable à la légalisation.

Les partisans de la légalisation pensent que les malades en phase terminale devraient être autorisés à "mourir dans la dignité" et que la loi actuelle sur l'euthanasie passive ne va pas assez loin, tandis que les groupes religieux affirment que l'amélioration des soins palliatifs aiderait à soulager la souffrance et le désir de mettre fin à la vie.

Malgré le fossé entre les deux camps, un sondage publié par BVA pour Le Parisien et Aujourd'hui a montré que 89% des Français sont favorables à la légalisation de l'euthanasie, et un sondage IFOP récent annonce 9%. Pourtant, malgré l’engagement du candidat Hollande et une opinion publique favorable, la pratique reste illégale en France.

Suite à la décision dans l’affaire Bonnemaison, le porte-parole du gouvernement français Stéphane Le Foll avait déclaré que les socialistes avaient désormais "la responsabilité de développer le cadre législatif » pour l'euthanasie, mais pour l'instant une loi de 2005 permettant l'euthanasie passive reste la seule option de fin de vie en France.

La loi Leonetti affirme que le traitement qui est nécessaire pour maintenir la vie peut être refusé ou retiré, tant qu'il ne s'agit pas d’un « acharnement thérapeutique »., alors que, dans les faits 25.000 personnes meurent chaque année en France suite à la décision de l’arrêt de l’assistance médicale.

La légalisation de l'euthanasie permettrait de sortir de cette hypocrisie en permettant aux médecins de mettre fin à la vie des patients condamnés qui en ont fait la demande. La légalisation permettrait à la France de rejoindre la petite liste des pays en Europe qui permettent actuellement l'euthanasie ou le suicide assisté, comme la Suisse, la Belgique , les Pays-Bas et le Luxembourg.


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