Mystification Impérialiste et Hold-Up Affairiste pour Prolonger la Guerre en Ukraine
par politzer
mardi 2 décembre 2025
Le "Plan de Paix" Trump en 28 Points : Mystification Impérialiste et Hold-Up Affairiste pour Prolonger la Guerre en Ukraine
Novembre 2025
Dans l'ombre des gratte-ciel de Miami et des salons feutrés de Genève, un document de 28 points a émergé la semaine dernière comme une "proposition de paix" américaine pour l'Ukraine.
Présenté par l'administration Trump comme un "deal du siècle" pour stopper la guerre, ce plan a été salué par Donald Trump lui-même sur Truth Social : "Tremendous progress ! Seulement quelques points de désaccord restants."
Mais derrière cette façade diplomatique, l'analyse incisive de John Helmer, journaliste d'investigation basé à Moscou et invité récent de Nima Alkhorshid sur Dialogue Works (entretien du 25 novembre 2025), révèle une tout autre réalité :
-une mystification grossière pour prolonger le conflit,
-un piège économique conçu pour piller 100 milliards de dollars d'actifs gelés russes, et un affairisme pur et dur impliquant Jared Kushner (gendre de Trump) et des figures comme Stuart Bikoff.
Ce n'est pas une paix, c'est un cessez-le-feu précaire – un gel des lignes de front qui permet à l'OTAN de réarmer Kiev en sous-main, tout en enrichissant les cercles trumpiens.
Décortiquons cela point par point, à la lumière de l'analyse d'Helmer.
Les origines et les opacités : Un Document Russe Repackagé en "Plan Américain"
Le plan en 28 points, révélé par Axios le 20 novembre 2025, n'est pas une création ex nihilo de l'équipe Trump. Selon des sources citées par Reuters (26 novembre 2025), il vient directement d'un papier russe soumis à l'administration Trump en octobre, rédigé par des conseillers de Vladimir Poutine comme Kirill Dmitriev (chef du fonds souverain RDIF).
Initialement en russe, ce document a été "traduit à la va-vite" lors d'une réunion à Miami fin octobre, avec Steve Witkoff (envoyé spécial de Trump) et Kushner comme principaux acteurs.
Helmer, dans son entretien avec Alkhorshid, ironise : "C'est comme si les Russes avaient écrit la liste de Noël de Trump, et lui l'avait signée sans lire."
Les 28 points originaux incluaient des concessions pro-russes flagrantes :
-retrait ukrainien du Donbass, Kherson et Zaporijjia ;
-neutralité de Kiev (hors OTAN) ;
-démilitarisation (cap à 600 000 soldats) ;
et reconnaissance de facto de la Crimée.
En échange ?
Une "libération partielle" des 300 milliards de dollars d'avoirs russes gelés depuis 2022, dont 100 milliards "investis en Ukraine" sous contrôle administratif américain.
Helmer y voit un "hold-up" : transformer les réserves souveraines russes en jackpot pour les fonds trumpiens, avec 50 % des profits reversés à Washington (lire : Trump Inc.).
Mais voilà la mystification :
après un tollé mondial (Zelensky qualifiant cela d'"ultimatum de capitulation" le 21 novembre), des talks à Genève (23-24 novembre) ont amputé le plan de 9 points – les plus pro-russes, comme la neutralité pleine et la reconnaissance de la Crimée.
On est passé à 19 points, avec un retrait immédiat des lignes actuelles, un cessez-le-feu sur l'énergie (rejeté par Moscou), et des "garanties de sécurité NATO-style" floues (pas d'Article 5 clair, juste une "coalition des volontaires" européenne).
Trump a tweeté le 25 novembre : "Steve Witkoff rencontre Poutine à Moscou la semaine prochaine."
Zelensky, à Abu Dhabi le même jour, a dit accepter les "termes de base", mais exige des détails sur les actifs gelés pour reconstruire l'Ukraine – pas pour les fonds trumpiens.
Helmer dénonce :
"Ce n'est pas une paix, c'est un gel tactique. Les Américains coupent les points russes pour forcer Moscou à refuser, prolongeant la guerre tout en blâmant Poutine.
" Comme à Minsk en 2014-2015, ce "plan" légitime les gains russes sans résolution, permettant à l'OTAN de réarmer discrètement.
Les Points Clés :
Une Carotte Empoisonnée pour la Russie.
Helmer dissèque les clauses dans son podcast, focalisant sur les 13-14 (économiques), qui transforment la souveraineté russe en profit trumpien :
Points territoriaux et militaires (1-12, 15-28) :
Retrait ukrainien au-delà des 20 % occupés ;
neutralité et démilitarisation.
Helmer : "Carotte empoisonnée – la Russie gagne du terrain, mais cède le contrôle économique. C'est du donnant-donnant où Moscou perd sa souveraineté sur les actifs gelés."
Points financiers fatals (13-14) :
Libération de 100 milliards sur 300 gelés, "investis en Ukraine" sous supervision US (via Kushner et Witkoff). Profits : 50 % pour le côté américain.
Helmer compare à un "scandale Teapot Dome 2.0" ( corruption énorme 1921/23) : "Les Russes « rendent » des actifs volés, en échange d'un 'investissement' géré par des affairistes US.
Une privatisation déguisée de la guerre."
Le leak stratégique (orchestré par les Russes pour exposer les faiblesses US) a semé la confusion à Washington et Kiev, forçant Zelensky à un "ultimatum de reddition" au G20.
L'Europe a riposté avec un contre-plan à 24 points (23 novembre) : cessez-le-feu d'abord, puis territorial ; cap militaire à 800 000 ; actifs russes pour compenser Kiev ; troupes européennes post-conflit (rejeté par Moscou).
Sur le terrain, la guerre gronde : 50+ drones russes sur Kharkiv le 25 novembre (5 blessés) ; frappes ukrainiennes sur la Crimée. Pas de gel réel.
Le Trio Infernal : Kushner, Bikoff et l'Affairisme Trumpien
Helmer, maître des enquêtes sur la corruption (auteur de livres sur les oligarques russes), cible le "trio infernal" trumpien comme cœur du piège :
Jared Kushner : Gendre de Trump et ex-conseiller, déjà éclaboussé par des deals controversés (vente de visas dorés via Affinity Partners).
Helmer : "Il pilote les points 13-14. 100 milliards sous contrôle US ? C'est son rêve depuis 2016."
Présent à Miami avec Dmitriev, Kushner pivote d'un deal Gaza vers l'Ukraine le 22 octobre – le jour où Trump sanctionne la Russie pour la première fois depuis son retour.
Stuart Bikoff : L'"affairiste" (terme d'Helmer) est un promoteur immobilier new-yorkais, allié de Trump via dons et affaires (campagnes électorales). Moins visible, Bikoff est accusé d'être le "facilitateur discret" pour canaliser les flux : "Il gère les backchannels avec banquiers russes et ukrainiens, structurant les « investissements » pour que 50 % des profits atterrissent chez Trump via LLC opaques (boite noire)."
Bien que Bikoff ne soit pas cité dans les médias mainstream récents, Helmer renvoie à ses enquêtes sur les réseaux trumpiens (Unz Review, 2025), liant Bikoff à des schémas de blanchiment post-2022.
Steve Witkoff :
Envoyé spécial, il rencontre Poutine à Moscou "la semaine prochaine" (Trump, 25 novembre).
Helmer :
"Trump utilise la guerre pour remplir ses poches, via Kushner et Bikoff. Les Russes le savent et jouent le jeu pour exposer l'hypocrisie US."
C'est de l'affairisme pur :
transformer la défaite ukrainienne en jackpot personnel, comme Helmer l'explique dans son podcast :
"Pas une paix, un hold-up."
La Réponse Russe : Refus d'Anchorage, Escalade ou Révélateur ?
Les Russes (Lavrov le 25 novembre, Peskov le 26) refusent catégoriquement : ce plan "déforme les ententes d'Anchorage" (sommet Trump-Poutine en Alaska, août 2025), qui prévoyait un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours + neutralité ferme, sans clauses trumpiennes sur les actifs.
Moscou accuse Washington de "mystification" : accepter un gel sans "paix finale" (reconnaissance totale des annexions, démantèlement NATO en Europe de l'Est) permettrait à l'US de réarmer Kiev et d'étouffer Moscou économiquement.
Lavrov (25 nov.) : "Si ce n'est pas l'esprit d'Anchorage, c'est une situation totalement différente. Sans les racines (expansion OTAN, discrimination russophone), c'est de la poudre aux yeux."
Ryabkov (22 nov.) : "On ne dévie pas des demandes de Poutine – sinon, on continue la guerre."
Helmer prédit une "réponse en trois phases" :
-exposition publique (leak pour ridiculiser Trump) ;
-refus stratégique (exigeant libération totale des 300 milliards) ;
-contre-offensive économique (gel réciproque d'actifs occidentaux, alliances Chine-Inde).
Poutine (22 nov.) : "Ça peut servir de base... mais seulement si ça respecte nos lignes rouges."
Résultat : un cessez-le-feu possible avant Noël (Abu Dhabi avance), mais sans consensus sur Anchorage, c'est du vent – une prolongation déguisée pour que Trump dise "j'ai arrêté la guerre" en campagne, laissant Poutine avancer.
Implications : Un piège qui se Referme sur Washington
Pour l'Ukraine : Zelensky voit une "capitulation" (Sky News, 23 nov.).
L'Europe, surprise, craint un "effondrement du front" si Kiev cède – d'où son contre-plan.
Pour Trump : divisions internes (Rubio vs. Kushner) ; sur X, spéculations sur "amateurisme US" ou "trahison".
Pour la Russie : victoire idéologique – le "plan américain" expose les motivations financières de Trump, renforçant Moscou comme "défenseur de la souveraineté".
Helmer conclut dans son entretien : "Ce n'est pas une paix, c'est un scénario de corruption où 100 milliards servent de leurre pour piller les réserves russes.
« Trump bluffe, mais ses affairistes le trahissent. » L'affaire illustre les risques d'une diplomatie "deal-making" : (traiter les relations entre États comme des contrats immobiliers dixit Trump) quand l'impérialisme se mêle à l'affairisme, la paix devient un piège à rats.
Résumé : les Russes, qui ont lu le contrat en petits caractères, répondent :
« Non merci, on préfère continuer la guerre plutôt que de signer votre arnaque. »
Comme l'enseignait Lénine, la mystification impérialiste ne trompe que les naïfs. La guerre continue tant que les oligarques – trumpiens ou autres – y voient du profit !