Nicolas Sarkozy ou la République assassinée
par Hélène Monnier
vendredi 22 octobre 2010
Les privilégiés de la République
Le texte proposé par des députés Verts disait : « Nos concitoyens supportent de plus en plus difficilement l’idée selon laquelle leurs élus et représentants bénéficieraient, dans leurs rémunérations comme dans la gestion de leurs droits sociaux, de dispositions dérogatoires du droit commun. Les différents systèmes mis en place pour sécuriser l’exercice de responsabilités politiques demandent à être harmonisés, afin que l’ambition légitime de permettre à chacune et chacun de s’investir dans les affaires publiques ne soit plus perçue comme une tentative de créer ou laisser perdurer des privilèges indus ». Or, Pour stopper les dégâts et éteindre l’incendie, à la hâte, le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer, a dévoilé ce mercredi les axes de la réforme du régime spécifique des députés, parmi lesquels figure une mesure plutôt symbolique : la baisse de 8% au 1er janvier 2011de leur pension. Une moquerie, une broutille quand on sait que ces derniers sont des cumulards. D’ailleurs, malgré les promesses, les fameuses lois sur le non-cumul des mandats n’aboutissent jamais.
Villiers-le-Bel et les laissé-pour-compte de la République.
Les exemples sont nombreux. Il y a une profusion mais, intéressons-nous à une information actuelle, de première main donc. En France et partout dans le monde, mieux vaut être riche que pauvre. La banlieue est accusée de pisser dans le violon. Or, il n’en est rien, puisque ceux qui y réussissent sont plutôt cachés des médias. Volontairement. Aujourd’hui notamment, quand on sait qu’il y a des jeunes qui dorment en prison parce qu’un quidam en mal d’argent, et prisonnier de surcroît, a fait un témoignage dans le vide après les émeutes relatives à la mort de Moushin et Laramy à Villiers-le-Bel, ça fait froid dans le dos. Que penser alors de la police et de la justice de ce pays ? C’est grave. Très grave même. C’est vrai que la course aux chiffres et aux résultats initiés par qui vous savez, font qu’aujourd’hui, les policiers, certains policiers, agissent comme des zombies. Mais, ces jeunes qui sont en prison à tort donc, sans preuve, qui aura l’outrecuidance de les défendre ? Qui se lèvera pour dire non à cette injustice en République ? Surtout pas les amis de Sarkozy. Un policier, celui qui conduisait le véhicule qui a percuté la mini-moto des adolescents, a été mis en examen. Voici les noms de ceux qui ont été emprisonnés après les émeutes de Villiers-le-Bel :
· Abderhamane Kamara et son demi-frère Adama Kamara, 29 ans tous les deux, ont écopé respectivement de 15 et 12 ans de prison.
· Ibrahima Sow, 26 ans, 9 ans de prison.
· Maka Kanté, 24 ans, 3 ans de prison.
· Samuel Lambalamba, 24 ans, 3 ans prison.
Jouer contre la République : le cas Calixthe Beyala.
Peut-on parler de haute trahison lorsqu’un chef de l’Etat préfère un étranger en lieu et place de sa compatriote ? C’est le cas pour la course biaisée à la tête de la Francophonie où, l’écrivaine française d’origine camerounaise, a vu un refus de voir sa candidature présentée au poste de secrétaire générale de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie). D’ailleurs, il n’y a finalement, aucune candidature officielle reçue, selon l’OIF même. Son XIIe sommet débute aujourd’hui et l’élection aura lieu dimanche 24 octobre. Et pourtant, selon nos informations, il y a de celà 10 ans, Sarkozy fut le seul député qui demanda le soutien de la communauté noire par un courrier adressé à Mme Beyala, présidente de l’association Club Elite. Que s’est-il passé entre-temps ? Haine des noirs ? Barack Obama disait : « La nouvelle force ne vient pas de notre richesse mais du pouvoir de nos idées. » Sarkozy ne semble pas avoir la même réflexion que le président américain. Nous avons déjà disserté sur l’actuel secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf, dont la gestion à l’OIF et le passé de président sénégalais laissent à désirer mais, visiblement, le président français n’en a cure. C’est son ami et il est...riche. On se demande bien ce qu’il reproche à Mme Beyala. Il y a comme une odeur de soufre à l’Elysée, une autodestruction involontaire...volontaire ? Puisqu’on vous dit que c’est la dynamique du…larbin.