NO PASSARAN

par Pierre Chazal
vendredi 24 décembre 2021

Et donc finalement, nous y voilà. Après quinze rounds d’observation (mai 2020 – décembre 2021) où les plus patients, les plus précautionneux, les moins pressés d’appeler un chat un chat des boxeurs de l’écurie complotiste ont retenu leurs coups par peur d’en faire trop, d’en dire trop, de s’égarer trop loin sur les chemins brumeux de l’accusation sans preuve, voilà que l’adversaire, de lui-même, s’est décidé à montrer son vrai visage. Quinze mois, pour reprendre l’expression de Barbara Stiegler, que nous vivions non pas une pandémie, mais en Pandémie, ce continent mental « aux contours flous et évolutifs » dans lequel « la pandémie n’est plus un objet de discussion dans nos démocraties, mais où la démocratie est elle-même devenue un objet discutable ». Rare lumière venue de l’intelligentsia de gauche, Barbara Stiegler décrivait en janvier 2021 le phénomène en ces termes (De la démocratie en pandémie, tracts Gallimard, numéro 23) :

Ce revirement n’est pas si brutal qu’il y parait. Se préparant à bas bruit depuis plusieurs années, il s’explique probablement par un nouvel état du monde. Pour une bonne partie des classes dirigeantes qui a assisté avec effroi à l’arrivée au pouvoir de Donald Trump et Boris Johnson, mais aussi au réveil des révoltes populaires un peu partout dans le monde, le modèle ne doit plus se chercher à l’Ouest, mais à l’Est. Ce tout nouveau continent mental, avec sa langue, ses normes et son imaginaire, ce sont les dirigeants chinois qui ont été les premiers à l’explorer. En Pandémie, c’est la Chine désormais qui domine. Non plus seulement économiquement, mais aussi moralement, culturellement et politiquement. Comme tout continent, la Pandémie a une langue qui se décline en idiomes nationaux. Mais ceux-ci traduisent des dispositifs inventés par la Chine : ‘confinement’, ‘déconfinement’, ‘reconfinement’, ‘traçage’, ‘cas contacts’. C’est une esthétique nouvelle qui de dessine, un monde cybersécurisé où chaque individu est suspect (d’être malade), fiché, tracé, code-barrisé. Puissance balistique de la peur (de soi, de l’autre, de vivre, de mourir) à l’ère du big data, géré par un algorithme psychotique qui rêve d’une humanité productive et épouvantée.

 

L’intuition était là. Le doute, déjà, avait fait son chemin. L’esprit d’analyse avait repris peu à peu le dessus sur l’état de sidération dans lequel étaient plongées les populations. Mais nous étions en janvier, nous sommes désormais en décembre. Le doute, aujourd’hui, n’est plus une option ; le temps de l’analyse est passé. Les Goliaths du mondialisme techno-covidiste étaient si pressés d’en finir et de mettre David au tapis qu’ils ont accumulé les bourdes et les imprudences au point de risquer de s’aliéner définitivement « la masse basculable » (concept de Pierre-Yves Rougeyron, du Cercle Aristote) : celle qui, le 29 avril 1945, est venue par milliers contempler le corps pendu de Benito Mussolini sur le place Loreto de Milan ; celle qui, depuis la réunification des deux Allemagnes, s’invite régulièrement au musée des statues déboulonnées de Berlin pour admirer la tête décapitée de Lénine ; celle qui demain ne s’émouvra pas plus que ça d’apprendre, au fil d’une dépêche AFP, que tel ancien ministre aura été mis en examen pour propagande mensongère, violation du secret médical, corruption caractérisée, mise en danger de la vie d’autrui, instrumentalisation des ressources et de l’appareil d’Etat au profit d’intérêts privés, travestissement et occultation de données scientifiques, mise à pied arbitraire de membres du corps médical, violation de l’avis du Conseil d’Etat et du Conseil Constitutionnel pour forcer à la vaccination de masse, but ultime et enfin avoué de cette mafia d’Etat dont les jours, n’en doutons pas une seconde, sont désormais comptés.

On pourrait se désoler, à juste titre, que nos concitoyens ne se soient pas mobilisés davantage pour dénoncer cette escalade totalitaire aussi grotesque que futile. A leur décharge, ils avaient (beaucoup) d’autres chats à fouetter, et le simple spectacle de voir ces clowns pitoyables s’enliser jour après jour dans les sables mouvants de leurs mensonges répétés suffit à excuser l’immobilisme d’une population qui sent – et qui sait – que le réel a déjà livré son verdict et que la liste de fumisteries leur tenant guise de chapelet est devenue si lourde à porter qu’on en viendrait presque à vouloir les plaindre et abréger leur calvaire avant même de penser à leur réclamer des comptes.

A dire vrai, on se saurait même pas quelle épine leur enlever des pieds en premier pour les en soulager, et un séjour de dix-huit mois au monastère syriaque de Mar Moussa n’y suffirait pas à réanimer leurs âmes. Y a-t-il une abjection dont l’un ou l’autre de ces cerbères du Camp de la Raison ne soient pas rendus coupables en bientôt deux ans de Crise de la Déraison ? Jeter pêle-mêle les éléments épars du puzzle techno-covidiste sans même commencer à l’assembler (ce sera le rôle des historiens du futur) suffirait à donner une migraine de cheval à Michel Delvote, maquettiste et champion de la discipline avec son record à 33 600 pièces. Que les amateurs passent leur chemin et laissent aux vrais professionnels du complot le soin de mettre tout ça bout à bout pour donner du sens à l’insensé, maintenant qu’il est acquis que le procès pour incompétence ne tiendrait pas une minute de plus devant un jury sagace, honnête et dépassionné :

 

A ce petit jeu-là, notre puzzle pourrait facilement atteindre 100 ou 200 pièces. Un jeu d’enfants pour notre champion du puzzle Michel Delvote, mais un vrai casse-tête pour tous ces honnêtes gens qui, croyant encore que milles coïncidences n’en font qu’une, auront bien du mal à assembler tout ce bazar pour lui donner un sens autre que les « délires » complotistes qui circulent sur la Toile. A supposer que la recherche d’un sens, caché ou non, intéresse encore quelqu’un à l’âge de l’indifférence et du suivisme bien-pensant. Que ceux, en tout cas, qui pensent – et c’est leur droit – que Philippot, Asselineau, Dupont-Aignan et les autres ont perdu une occasion de se taire, se demandent comme l’ont fait Barbara Stiegler, Aude Lancelin, Etienne Chouard, Laurent Mucchielli et bien d’autres, si la gauche intellectuelle n’a pas perdu une chance unique de parler. Le No Pasáran glorieux des antifascistes d’hier risque de sonner bien creux aux idéalistes de demain si le plus grand putsch techno-libéral de l’histoire du capitalisme ne leur inspire rien d’autre que des demandes de « vaccins » gratuits pour les pays africains dont les courbes de contamination et de mortalité sont cinquante fois inférieures aux nôtres sans que Pfizer, Moderna & Co y soient pour quelque chose. Comme l’expliquent Toby Green et Thomas Fazi dans un article de QG Media (30/11/2021) :

‘Un facteur expliquant l’adhésion de la gauche aux « mesures Covid » est sa foi aveugle dans la « science ». Celle-ci trouve ses racines dans la foi traditionnelle de la gauche dans le rationalisme. Cependant, une chose est de croire aux vertus indéniables de la méthode scientifique, une autre est d’être complètement inconscient de la façon dont ceux qui sont au pouvoir exploitent la « science » pour faire avancer leur agenda.’

Et si pour cela il faut en revenir à Gaston Bachelard et à sa Formation de l’esprit scientifique (1969), une dose de rappel épistémologique, en cette période de fêtes propice à la lecture, ne saurait faire de mal à personne :

‘Le réel n’est jamais ce qu’on pourrait croire mais il est toujours ce qu’on aurait dû penser. La pensée empirique est claire, après coup, quand l’appareil des raisons a été mis au point. En revenant sur un passé d’erreur, on trouve la vérité en un véritable repentir intellectuel.’

N’attendons rien des médias. N’attendons rien des politiques. Mais acceptons déjà, et comme une bonne nouvelle, le repentir à venir d’avoir été trop naïfs, trop passifs, trop spectateurs d’une tragi-comédie qui ne fait plus rire ni pleurer personne. Ils mentiront jusqu’au bout. Ils tricheront jusqu’au bout. Leur survie est à ce prix. A nous de leur faire comprendre, de gauche, de droite, du centre et d’ailleurs, qu’ils ne passeront pas l’hiver au chaud.

 

 

https://www.bbc.com/news/52847648

https://www.cnews.fr/monde/2021-12-23/suede-une-entreprise-teste-limplantation-du-pass-sanitaire-sous-la-peau-1163626

https://twitter.com/VirusWar/status/1452409913884487681/photo/1

https://www.midilibre.fr/2021/12/18/le-pass-vaccinal-est-une-forme-deguisee-dobligation-vaccinale-lache-olivier-veran-a-brut-10000386.php

https://www.apar.tv/alt-news/voici-les-medias-finances-par-bill-gates-qui-ont-recu-319-millions-pour-controler-lopinion/

https://www.vidal.fr/medicaments/gammes/rivotril-8874.html

https://www.lesechos.fr/industrie-services/pharmacie-sante/mckinsey-solde-laffaire-des-opioides-avec-les-etats-americains-1287508

https://www.insee.fr/fr/statistiques/4923977?sommaire=4487854


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