Notre République a besoin d’Idéalisme
par SEBAN
vendredi 29 juillet 2011
Jadis, nous eûmes le Catholicisme pour unifier le peuple français autour de la foi religieuse, pour créer un lien puissant de fraternité ;naguère nous eûmes l'idéal des Lumières codifié dans la Déclaration de Droits idéaux pour tous les humains, idéal qui fut le moteur formidable d'une fraternité révolutionnaire et créatrice d'institutions égalitaires,idéal exporté aussi par l'héroïsme impérial et glorieux de Napoléon Bonaparte (quoiqu'on ait à dire de ses défauts). Mais que reste-t-il aujourd'hui de nos idéaux fondateurs ? ce qu'il en reste c'est ce que j'appelle la laïcité passive, l'écorce du "fruit"mais sans sa chair, sans le rayonnement viril de la nation républicaine ; en effet, il est courant d'entendre que la liberté et la tolérance ne signifient que le repli identitaire voire égoïste sur des intérêts individuels : c'est l'"individu-roi" alors que l'individu a toujours eu besoin de s'enrichir dans et par la relation de reconnaissance,de fraternité avec autrui car c'est cela qui assure la permanence de sa joie,de ses espérances dans le monde et dans l'avenir ; bref, des peuples sans les idéaux fédérateurs manquent d'énergie, de virilité et souvent d'imagination.
Or, cherchez dans toute l'histoire des hommes et vous constaterez que les grands idéaux expriment la lutte du Bien contre le mal ; la société française souffre du fait que l'on y tolère trop la nuisance du mal, souffre donc du fait que l'Etat ne combatte plus assez le mal, qu'il ne soit plus assez idéaliste : tel est le vrai problème des démocraties occidentales : elles ne défendent plus assez le Bien et c'est pourquoi les citoyens ne se sentent plus assez protégés contre ce qui les affecte au quotidien,les insécurités économique,morale et physique. Les peuples ont toujours été manichéens et ils ont raison car il est évident que le mal est le même pour tous (personne n'aime être malade, agressé, victime de l'injustice) et que seul le Bien peut le combattre (le Bien aussi a le même sens pour tous les hommes honnêtes:la bonne intention,appelée également l'amour, qui s'"arme"pour que règne la justice) : le manichéïsme est d'obédience idéaliste, il est la vision des combattants du Bien,celle qui fit que les peuples admirèrent le courage politique et le dévouement jusqu'au sacrifice de Napoléon, Jaurès et Churchill.
L'idéalisme politique, c'est le peuple en armes pourfendant le mal où qu'il se trouve:dans la rue, les officines financières, les entreprises, les établissements scolaires et les familles. Les gouvernements aimés par les peuples sont ceux qui montrent aux citoyens l'"Etoile"de la perfection,et en même temps les protègent : tout gouvernement légitime est forcément idéaliste ; c'est pourquoi on ne demande pas à un homme politique de posséder une compétence technique (ses conseillers s'en chargent pour lui), on attend seulement de lui qu'il incarne l'Idéal du Bien ; par définition un homme politique est un héros du peuple, il représente au pouvoir son amour du Bien.
Bien sûr il y a la "lutte des classes" ; mais si le gouvernement est idéaliste alors elle échappe à la sauvagerie, à la dureté des rapports de force,elle s'humanise grâce au progrès réel (non démagogique) des conditions sociales et à des Rêves colllectifs (pourquoi les Américains sont-ils moins décadents que les Européens ? parce qu'ils croient encore un peu au "Rêve américain") : par le "Rêve" actif, on erradiquerait le chômage en France : remettre en service toutes les petites voies ferrées aujourd'hui à l'abandon afin de redynamiser les provinces, bâtir partout des amphithéâtres et y former des acteurs, des chanteurs et des musiciens pour que brille davantage la création artistique, recruter des millions d'hommes et de femmes pour assurer sur toute la terre l'aide humanitaire, multiplier par cent les forces de police pour que plus aucun innocent ne souffre dans notre pays, encourager la production des biens de proximité, locaux, bref faire en sorte que chaque région fournisse assez d'emplois à ses habitants et pour cela décentraliser le travail (la production intellectuelle,artistique et matérielle), le faire fleurir dans les campagnes : pourquoi pas des universités et des milliers de petites et moyennes entreprises dans les villages ? ce serait une formidable valorisation du territoire et la création de millions d'emplois. De surcroît, imaginez une France couverte de jolies chaûmières, car il faudrait en construire beaucoup pour loger ces millions de travailleurs"missionnaires". L'Idéalisme est le souffle vital de l'humanité,avec lui les peuples sont forts.