Obsolescence déprogrammée

par Fabienm
mardi 6 mai 2014

Quel beau concept que celui de l’obsolescence programmée. Il paraît que ça a été inventé par un constructeur d’imprimantes qui avait codé une puce à l’intérieur de la bestiole afin qu’elle tombe en panne au bout d’un nombre déterminé d’impressions. Pas con le truc. Obligé d’aller la réparer ou de la changer. Histoire de faire casquer ce connard de consommateur régulièrement et de faire grimper le PIB (pour redonner le sourire au MEDEF).

En tout cas, cela a fait forte impression (ah ah) chez les amateurs du CAC40 puisqu’on a totalement banalisé le concept avec des groupes fabuleux comme Apple qui nous inventent des adaptateurs différents à chaque fois qu’il chie un modèle (ce qui doit pas faire du bien d’ailleurs, compte tenu de la forme du bousin pas vraiment ergonomique).

On pourrait se dire que c’est formidable (youhou), comme ça, on a des nouveaux modèles tout le temps (n’est-ce pas, d’ailleurs, ce que l’on fait avec les femmes en toute impunité et sans détruire la couche d’ozone ?), si ce n’était totalement destructif pour notre environnement. Vous savez, le truc dans lequel on vit. La planète tout ça. Même que le GIEC a pondu un rapport disant qu’on allait tous crever la gueule ouverte et que tout le monde s’en care le fion.

Je me souviens qu’au début du mandat de notre François national, les verts avaient tenté de déposer un amendement pour interdire ces pratiques de désuétude planifiée (genre, ils interdisaient de ne plus maintenir les vieilles versions ou de changer d’adaptateur à chaque nouveau modèle). Amendement que notre gouvernement de l’époque s’était empressé de mettre à la poubelle. Il faudrait voir à ne pas fâcher nos amis les industriels quand même. Sacrés socialistes. Et ça s’étonne encore de se ramasser aux municipales. Je pense que quand notre président sera à 1% de satisfaits, il continuera à marcher sur des œufs de peur de tomber à 0%. Il faut croire qu’un cerveau d’homme politique devient obsolescent le jour de l’élection (celui de François aura trop pris l’eau).

Mais ce n’est pas pour ça que je viens vous causer (et puis, taper sur le gouvernement, c’est un peu comme se moquer de la grammaire hasardeuse de Ribéry (*) ou de faire des blagues sur les blondes (**), c’est un peu facile).

Si, comme moi, le 7ème continent fait de nos déchets plastiques et qui dérive pépère dans l’Océan Atlantique ne vous fait pas trop rire (***), je viens vous proposer un mouvement inverse.

Quesako ?

C’est un peu comme quand vous faites exprès de flemmarder après que votre boss vous a demandé pleins de trucs. On appelle ça « opposer une résistance » en langage syndicale.

Le fantôme de Steve Jobs veut te faire changer d’Iphone ? Et ben Paf, tu reviens à un vieux téléphone pourri (ceux qui servaient juste à téléphoner et où Candy Crush te donnait pas envie de buter ta voisine pour piquer ses vies).

Tu te sens assailli de pubs qui te vantent les nouveaux produits écrans plats / coins carrés, la nouvelle marque à la mode de mon cul, le bidule qui fait papa maman, etc ? Eh ben, tu dépenses plus rien. Tu fais de la récup. Tu aides tes voisins gratos (pour leur éviter de payer un plombier ou un jardinier ou un prof de maths pour leur fille – qui soit-dit en passant à une putain de paire de loches, donc fais un effort s’il-te-plaît).

A l’instar de ces localités qui promeuvent des principes d’échange, où chaque citoyen donne des « heures » en échange de services (un plombier donne des heures de plomberie tandis qu’un prof de maths donne des heures de… Maths ! (c’est bien, t’as suivi)), il suffirait peut-être de prendre un peu de recul, d’accepter de socialiser avec nos voisins (sauf ma voisine du 7ème qui est vraiment trop conne) et de revenir à un mode de consommation moins aberrant (consommer des légumes de saison par exemple, aller acheter ses fruits au producteur du coin plutôt qu’au Carrefour – toujours préférer le coin au Carrefour), ce qui nous rappellerait tout bêtement qu’on ne peut pas tout avoir tout le temps (oui, on peut faire une exception pour le cul de la crémière), ni tout consommer n’importe comment, sous peine d’aller encore plus vite dans le mur. Tu sais, celui qui a une méchante tendance à se rapprocher déjà très vite ? Je vais même aller plus loin et vous faire une putain de révélation (trompettes dans le fond, tambour) : l’argent n’est pas tout.

Allez, quelques astuces pour mieux vivre (moins stressé et sans dépenser un rond en plus, si c’est pas la définition du bonheur) :

Ce qui est le plus drôle dans la désuétude planifiée est que certains économistes (y compris de ceux qui ont l’oreille du gouvernement) croient qu’elle peut être bonne pour l’économie.

A ces sinistres abrutis, je leur rappellerai simplement ce que l’on appelle le « sophisme de la vitre cassée » d’un autre économiste (Frédéric Bastiat) que vous pouvez lire ici : Wikipedia.

Car, malheureusement, le jour où notre planète aura été détruite, il est assez peu probable qu’on nous en propose une autre de remplacement.

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(*) ce que je ne fais jamais bien sûr.

(**) ça c’est tentant tout de même, non ? Alors, c’est une blonde qui a une chaussette rouge et une chaussette noire. Sa copine lui fait « t’as vu, t’as mis deux chaussettes différentes ? ». La blonde répond « ouais, ça craint… le pire, c’est que j’ai une 2ème paire exactement pareil ! ».

(***) même si Alain Minc a déclaré que c’était le prochain paradis fiscal, vu qu’il n’y avait pas d’impôts sur les sociétés sur ce continent-là…

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