Onfray, la consécration
par orianeborja
lundi 19 octobre 2015
Le dernier numéro de la revue Eléments (pour la civilisation européenne) de la dite Nouvelle droite, reçoit Michel Onfray en grandes pompes, et renvoie Alain De Benoît dans ses petits souliers.
Chemise brune ou immaculée, la race supérieure du philosophe de bas étage, l'élément folklorique qui suit le vent comme l'ambitieuse feuille morte.
Onfray est vraiment le nouveau BHL, serviteurs zélés de l'extrême-droite aux moments opportuns de leurs carrières respectives, et comme à droite, il faut toujours être plus à droite, il est naturel que le plus jeune le soit encore davantage que le premier.
Ces libertariens qui ne supportent pas le "liberal", ces gauchistes de la droite non aboutie.
Ils fustigent l'Etat sans comprendre qu'il est le seul rempart au capital et qu'en s'y attaquant, ils se font serviles valets du capitalisme.
Mais qu'attendre d'une revue qui ignore la différence entre la civilisation française et les autres civilisations qui se sont parfois construites sur un modèle opposé ?
"Civilisation européenne", le même genre de chimère que la "souveraineté européenne" d'un Hollande, sauf que la souveraineté de celui qui lutte tout contre la finance, serait celle d'un Etat, qui, s'il ne repose sur rien, n'en ne serait pas moins un cadre réglementaire qu'un libertarien se doit de honnir.
"Civilisation européenne" pour dire "race blanche", autrement appelé "ethno différentialisme" pour ne pas le dire comme une vulgaire Morano, ne nous y trompons pas, le communautarisme libertarien se déclinant à tous les étages les plus nombreux possibles en partant du plus petit dénominateur individualiste commun au plus grand racialisme commun diviseur.
Donner ou accepter un entretien dans la revue Element est tout sauf anodin, vous l'admettrez.
C'est un signal politique.
Comme en témoignent mes écrits, je ne suis nullement étonnée de ce genre de rapprochements, tant d'un côté que de l'autre.
Mais c'est en même temps un déni du politique, ce sont des procédés de manipulateur du réel, ces partisans de la métapolitique qui croient que la superficialité peut changer la profondeur.
Dans le pays réel, ils ne seront jamais car ce sont des idéologues, parler d'ethnie en reliant le terme à un déterminisme est une hérésie, un anachronisme.
Se référer à la cellule en niant le fonctionnement du cerveau, c'est en être resté à un stade préhistorique scientifiquement.
Ces gens-là ignorent tout de ce qu'est une civilisation, ils emploient des mots dont ils ne savent pas le sens, ils nient le fait que ce soit l'organisation de la cité qui bâtit l'homme et non l'inverse, même si la cité se structure selon des critères plus ou moins humanistes (je définis ce qui est toujours plus humain par ce qui est toujours plus sage), et qu'il existe différentes avancées en la matière.
Les différences de ce monde résident dans les différents modes d'organisation politique, pas dans les différences qu'engendrerait le fait d'être de telle ou telle couleur de peau ou caractéristiques physiques proches, la forme de notre nez n'est en rien relié à la "forme" que peut prendre notre cerveau, et même si notre cartilage est malléable, la plasticité de notre cortex est infiniment plus complexe et permet toutes les adaptations.
L'ethno-différentialisme n'est pas l'inverse du communautarisme, c'est au contraire une des formes du communautarisme et voilà pourquoi il est soluble dans l'idéologie anglo-américaine.
C'est d'ailleurs pour cela que les réseaux de l'extrême-droite sont de maison-mère individualiste dont le noyau dur se situait hier à Boston, et que leurs chemins mènent aujourd'hui à Washington et pas du tout à Rome.
Peu importe si Onfray n'en a pas conscience, son universalisme est un impérialisme américain en pilotage automatique, c'est le libéralisme américain total, sans les vieilles structures "dirigistes" de l'Etat états-unien.