Oser parler en bien de Poutine…
par George L. ZETER
vendredi 29 août 2025
… Et c’est direct le stage de citoyenneté ! Bien se garder d’écouter ses discours en intégrale sur Internet, à moins de se réfugier dans une mine de sel désaffectée pour se livrer à ce genre d’acte grandement répréhensible ; si, par malheur le voisin, votre femme, enfant, et même le chien vous voient, c’est direct le service du cerveau propre organisé par la polizei du président lui-même en personne. L’a une grosse dent contre Vladi notre Manu glandu. Depuis deux ans et demi, il fait une allergie boutonneuse aux grandes et longues tables blanches. Ne surtout pas prononcer les mots, vodka, samovar et Pravda, et v’là ti pas qu’il vomit ses tripes à la mode de caon ! En plus, il se fait houspiller par maman qu’aurait presque le béguin pour le judoka du Kremlin. Vrai, comparé à l’ablette de l’Élysée, le ruskof sait monter sur les ours, cravacher son peuple et botter le train des Ukrainiens. Macron à côté et ses crêpages de chignon avec Attal et Bayrou fait figure d’un bol de caviar qui serait resté exposé au soleil ces 15 jours derniers. Ça dégouline de partout… Beurk !
Dire du bien de Poutine…[i] Bon, déjà, il est là depuis 1999. Elu, réélu, réréréélu lulu en gardant une bonne cote de popularité, en ayant redressé l’économie du pays, en ayant réussi à contrôler les oligarques et les mafias, en ayant protégé les russophones du Donbass, en ayant sécurisé la Crimée, pas mal pour cet insignifiant agent du KGB en poste à Dresde en Allemagne de l’Est. Ensuite, devenu un sous-fifre à la mairie de saint Petersburg sous le maire Anatoli Sobtchak, pour enfin être dans les petits papiers de Boris Eltsine, et être intronisé à sa place. Un parcours stratosphérique d’où dès le début il a du gérer la prise d’otage du théâtre de Moscou et la guerre en Tchétchénie. Vladimir, un adepte de ce qu'il appelle « la verticale du pouvoir ». Il gouverne avec un style considéré comme autoritaire, loin de ce qui fut la libéralisation politique introduite par Gorbatchev avec la perestroïka et la glasnost et poursuivie sous Boris Eltsine. Certains médias occidentaux et opposants politiques ont parlé à son sujet de néo-tsarisme. D’accord c’est un autocrate qui peut etre résumé par ces quelques mots : « Nous irons les buter jusque dans les chiottes », à propos des attentats tchétchènes de 99 ; le ton était donné dès le départ et il n’a pas varié depuis.
Pour bien capter qui il est, l'ancien ambassadeur de France à Moscou, Jean de Gliniasty, nous dit « il y a eu plusieurs Poutine en 20 ans ».[ii] Il est vrai qu’il a d'abord cherché à se rapprocher de l'Occident et a même été influencé, mais cette première orientation fit long feu, et c’est en 2004 que tout commença à se dégrader. Au Kremlin, le doute s'installe sur les intentions américaines après l'élargissement de l'OTAN de sept pays d'Europe de l'Est, malgré les promesses faites à Gorbatchev en 1991 par G. Bush Senior. Le syndrome obsidional ou sentiment d'être assiégé, devient prégnant. Cette rupture prend forme lors de son discours de Munich en 2007, où il énumère les griefs à l'égard de Washington et de l'OTAN. En 2008, c’est la crise en Géorgie. Se croyant protégé par ses relations avec Washington, le président géorgien, Saakachvili intervient en Abkhazie et en Ossétie du Sud, deux enclaves pro russes, de facto autonomes depuis 1991. La réaction est immédiate : l'armée russe entre dans le pays et se dirige vers la capitale Tbilissi. Sous l'égide de la France de Sarkozy, un accord international est trouvé in extremis. Arrive 2014 et la crise ukrainienne. Le rattachement de la Crimée à la Russie. S’ensuit le début des sanctions américaines et européennes votées contre son pays et toujours en vigueur et qui au fil du temps empirent, ce qui parachève la rupture entre Moscou et la communauté euro-atlantique. Autres conséquences, Moscou est écarté du G8, qui devient le G7. Poutine, qui ne veut pas plier devant les exigences américaines, déploie son activisme diplomatique en direction d'un arc non-occidental, qui s'étend de l'Afrique à la péninsule coréenne. Il se tourne en particulier vers le groupe des BRICS, notamment la Chine, au nom d'un « monde multipolaire » et du rejet de « l'hyperpuissance américaine ». Cette nouvelle stratégie de confrontation s'incarne en Syrie, où l'Armée russe intervient en 2015, afin de venir en aide au gouvernement de Bachar al-Assad son allié. Ainsi, tout s’en est allé en empirant vers une situation diplomatique de tension, car la Russie qu’on le veuille ou non est redevenue une puissance incontournable dans le concert des nations.
Quant au conflit contre l’Ukraine. Ou « opération spéciale ». Les régions Est russophones du pays subissaient les bombardements des Ukrainiens de l’Ouest, des pro-européens depuis 2015. Malgré de nombreux avertissements, le massacre continuait. En février 2022, joignant le geste à la parole, les troupes russes intervenaient. Depuis, et certainement 1 million de morts pour les deux camps, la guerre s’est enlisée. 20% du territoire ukrainien est sous la coupe de Moscou. Trump tente bien de faire stopper ce conflit déjà perdu pour Zelensky, mais Poutine échaudé par les deux accords de Minsk, où il s’est fait rouler dans la farine par Merkel et Hollande, ne veut absolument pas un cessez-le-feu tant il n’a aucune confiance en la parole des européens. Il exige un traité de paix stipulant que l’Ukraine ne deviendra pas un membre de l’OTAN, et que les territoires conquis ainsi que la Crimée resteront russes. Nous en sommes à ce point en ce mois d’août 2025.
Un rapprochement à faire grincer les dents. Ce Poutine (dans une certaine mesure) me rappelle un homme français entré dans les livres d’Histoire, qui aida son pays à se détacher de l’OTAN et mettre dehors les bases américaines installées sur le territoire. Il pratiqua la politique de la chaise vide afin que la France se fasse entendre par les institutions européennes. Un homme qui ne lâcha rien pour son pays, qui le défendit contre vents et marées, il en fit un des vainqueurs de la seconde guerre mondiale, lui rendit son indépendance politique, économique et son autonomie. Il le reclassa au top des nations concernant la création, la technologie et le rayonnement. Bien sûr, comme Poutine, il eut des dérives autoritaires, des services secrets barbouzards, des coups bas, des magouilles, des fréquentations douteuses, des éliminations ciblées, l’obsession du contrôle des médias et bien d’autres soubresauts que tout grand homme doit véhiculer à la traîne de sa météorite. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, même s’ils sont tous pourris, ce n’est que le résultat final qui compte. Les grands hommes sont pragmatiques, ne faisant pas dans le sentiment, et si une action bonne pour le pays doit coûter des vies, coûter de la démocratie, de la liberté, ils y vont sans hésiter. C’est à cela qu’on reconnaît ceux qui entrent par la grande porte dans les livres d’Histoire, à l’opposé des pusillanimes du « en même temps » … Il y a, il est vrai, une différence de taille (en cm) entre ces deux-là, mais pas en ce qui concerne la lutte pour la grandeur de leur pays respectif, où là pardon, on est balle au centre !
Donc, oui, tout au long de ce billet, je suis resté laudatif pour cet homme politique qui a toute sa place au Kremlin, et ne l’aurait absolument pas à l’Élysée, suite au parcours historique différent des deux pays. La Russie, c’est 1000 ans de moujiks avançant à coups de knouts, suivie d’une révolution qui redistribua les cartes, (1917-1991) en créant une nomenklatura toute puissante, puis, la fin de l’URSS et l’implosion de ses républiques satellites et le modèle capitaliste qui envahit, avec sa cohorte de rufians et bandits en tout genres. Poutine mit les pieds dans le plat et fit le ménage. D’aucuns diront que c’est loin d’être parfait, car des bruits courent sur son enrichissement personnel pour lui et ses proches… Mais dans un tel caravansérail, qui y retrouverait ses petits ? Corruption, meurtres, mises en prison en camps, mises à l’écart, journalistes et opposants assassinés et bannissements sont kopeck courant. Ce qui est probant, c’est que ce pays est passé du sous-développement de 1991 à un pays fort en 2025, et qu’il résiste dans une guerre larvée contre tout l’occident, en lui damnant le pion, car son économie est florissante. Poutine qui ne manque pas d’esprit propose même aux mécontents nombreux des pays du monde dit « libre », d’émigrer chez lui, l’état leur octroiera généreusement un lopin de terre pour qu’ils prennent racine sur la terre de la sainte Russie éternelle.
Приветствую Владимир и да хранит Бог тебя и великую Россию !
(À ta santé Vladimir et que dieu te protège ainsi que la grande Russie !)
Georges ZETER/aout 2025
Video : Poutine, la haine de l'Occident